Draft NBA : la génération française écrit l’histoire avec un doublé inédit
Deux Français aux deux premières places du draft 2024, un an après Wembanyama numéro un la filière bleue s'impose comme la nouvelle référence mondiale du basket.
Avec Zaccharie Risacher (1er, Hawks) et Alexandre Sarr (2e, Wizards) en 2024, la France réalise un doublé historique jamais vu dans l'histoire de la NBA. Un an après le sacre de Victor Wembanyama, le basket français confirme son rang de premier vivier de talents de la planète orange.
L’essentiel
- 2023 : Victor Wembanyama (Spurs) devient le premier Français choisi en 1re position de la draft NBA.
- 2024 : Zaccharie Risacher (Hawks) et Alexandre Sarr (Wizards) occupent les deux premières places, une première historique pour un pays étranger.
- 4 Français au 1er tour : Risacher, Sarr, Tidjane Salaün (top 10) et un quatrième joueur national sont sélectionnés dans les 30 premiers choix.
- 17 inscrits : Record de joueurs français candidates à la draft 2024, symbole de la densité du réservoir tricolore.
Deux éditions de Draft, deux numéros un tricolores, et un doublé inédit aux deux premières marches. La soirée du 26 juin 2024 restera dans les annales du basket français : pour la première fois dans l’histoire de la NBA, deux joueurs du même pays - la France - ont trusté les deux premiers choix de la loterie. Zaccharie Risacher, 19 ans, rejoint les Atlanta Hawks ; Alexandre Sarr, 20 ans, file aux Washington Wizards. Un an plus tôt, Victor Wembanyama ouvrait la voie en étant appelé en premier par les San Antonio Spurs.
Cette séquence place la France au centre de la galaxie NBA, elle qui n’avait jamais compté plus d’un joueur dans le top 5 auparavant. Le compte X officiel de la ligue en France a résumé l’ambiance d’un « C’est la France frère ». Le tweet, posté quelques minutes après le choix de Sarr, a cumulé des centaines de milliers d’interactions.
Le doublé qui change tout
Jusqu’en 2023, aucun joueur français n’avait été sélectionné en première position. Wembanyama a brisé le plafond de verre en juin 2023. Mais le scénario de 2024 dépasse toutes les projections. Les Hawks, qui avaient hérité du premier choix via la loterie, ont jeté leur dévolu sur Risacher, un ailier de 2,06 m formé à Bourg-en-Bresse, capable de défendre sur trois postes et de sanctionner à trois points. Selon ESPN, les dirigeants d’Atlanta l’avaient installé en tête de leur liste depuis plusieurs semaines.
À la deuxième place, les Wizards ont choisi Sarr, un intérieur longiligne de 2,16 m passé par Toulouse. « C’est un possible successeur de Wembanyama », avait estimé RMC Sport avant la cérémonie. Le natif de la Ville rose possède une envergure hors norme et une mobilité rare pour sa taille. Son arrivée à Washington, franchise en reconstruction, est perçue comme la pierre angulaire du futur projet.
Le troisième Français, Tidjane Salaün, a été sélectionné dans le top 10 par les Charlotte Hornets. Avec lui, ce sont quatre Tricolores qui ont entendu leur nom au premier tour - du jamais-vu pour un pays non américain. « Cette génération française de 2023-2024 succède à Victor Wembanyama et confirme l’émergence d’une filière NBA française structurée », souligne Paris Match.
Une vague de fond venue des centres de formation
Ce raz-de-marée n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur un maillage de centres de formation (INSEP, pôles espoirs) et de clubs professionnels qui misent sur la jeunesse. Rayan Rupert, autre espoir tricolore, a été appelé en équipe de France pour préparer le Mondial 2027. La dynamique est telle que 17 joueurs français se sont inscrits à la draft 2024, un record selon beIN SPORTS.
La bourgogne, l’Île-de-France, la région toulousaine : les viviers se sont multipliés. Wembanyama, né au Chesnay (Yvelines), a été formé à Nanterre avant de rejoindre les Metropolitans 92. Risacher est un pur produit du basket bourguignon ; Sarr a commencé à Toulouse puis rejoint le Real Madrid en jeune. Cette diversité géographique illustre la densité du tissu français.
Contexte en France
Avec 19 joueurs sous contrat NBA à l’aube de la saison 2025-2026, la France est le deuxième pays le plus représenté derrière les États-Unis. Cela représente une progression de 40 % en cinq ans. La Fédération française de basket-ball s’appuie sur un plan de détection et de formation qui commence à porter ses fruits au plus haut niveau. Dans les départements, les clubs amateurs sont devenus des observatoires de talents, et plusieurs internationaux (comme Evan Fournier ou Rudy Gobert) continuent de servir d’exemples.
Sur le plan démographique, le basket français compte plus de 700 000 licenciés, un chiffre en hausse constante depuis l’effet Wembanyama. Les salles de sport affichent complet, et les inscriptions dans les écoles de basket bondissent de 15 % par an selon les chiffres de la FFBB. Cette ferveur, couplée à l’excellence des centres de formation, explique pourquoi la France est devenue le premier fournisseur de talents NBA hors Amérique du Nord.
Comparaison avec 2023 : l’année Wembanyama
Le précédent Wembanyama avait déjà placé la barre très haut. En 2023, le phénomène de 2,24 m était considéré comme le plus grand espoir depuis LeBron James. Son adaptation aux Spurs a été immédiate : Rookie de l’année, sélectionné au All-Star Game, il a dépassé les attentes statistiques. Mais le succès de la cuvée 2024 prouve que le réservoir ne se limite pas à un phénomène unique. « La France est devenue une machine à produire des prospects NBA », résume Ouest-France.
Alors que la draft 2025 (la première de l’ère post-Risacher/Sarr) s’annonce, les recruteurs américains gardent un œil sur plusieurs jeunes Français, dont certains figurent déjà dans les mock drafts. La filière s’est institutionnalisée : des agents, des coachs privés et des préparateurs mentaux accompagnent désormais les espoirs tricolores dès l’âge de 15 ans.
En parallèle, l’équipe de France se prépare pour les échéances internationales avec un vivier de joueurs NBA sans précédent. La génération 2023-2024 n’a pas fini de faire parler d’elle sur les parquets américains.
Prochaine étape
La saison NBA 2025-2026 débutera en octobre prochain. Zaccharie Risacher et Alexandre Sarr entameront leur deuxième exercice respectif avec des responsabilités accrues. Victor Wembanyama, lui, visera une place en playoffs avec les Spurs. Le basket français n’a jamais été aussi haut perché.