Drame de Kakuetta : la mairie de Sainte-Engrâce jugée pour homicide involontaire le 8 octobre
Six ans après la mort de Julie Coudoumié aux gorges de Kakuetta, la commune de Sainte-Engrâce comparaîtra seule au tribunal correctionnel de Pau.
La mairie de Sainte-Engrâce sera jugée le 8 octobre 2026 pour homicide involontaire par négligence au tribunal correctionnel de Pau. L'ordonnance de renvoi a été rendue fin avril 2026. Le drame remonte au 31 juillet 2020 Julie Coudoumié, 31 ans, était morte percutée par un rocher aux gorges de Kakuetta en poussant une fillette de 4 ans hors de sa trajectoire.
L’essentiel
- Date d’audience : 8 octobre 2026, tribunal correctionnel de Pau.
- Chef d’accusation : homicide involontaire par négligence, retenu contre la commune de Sainte-Engrâce.
- Faits : Julie Coudoumié, 31 ans, décède le 31 juillet 2020 aux gorges de Kakuetta après avoir été percutée par un rocher ; elle avait poussé une fillette de 4 ans hors de la trajectoire du bloc.
- Mise en examen : commune mise en examen en septembre 2024 ; renvoi en correctionnelle requis par le parquet de Pau fin août 2025, ordonnance de renvoi rendue fin avril 2026.
- Commune : 172 habitants (INSEE, 2022) ; représentée au procès par la maire Maryse Othart.
Une audience fixée au 8 octobre 2026
C’est officiel depuis la fin du mois d’avril 2026. La juge d’instruction en charge du dossier a rendu son ordonnance de renvoi, suivant en cela les réquisitions du parquet de Pau formulées fin août 2025. La commune de Sainte-Engrâce comparaîtra seule devant le tribunal correctionnel de Pau le 8 octobre prochain, selon La République des Pyrénées. Elle est poursuivie pour homicide involontaire par négligence.
La maire Maryse Othart, réélue en 2026 avec 100 % des suffrages exprimés selon les résultats officiels publiés par Franceinfo, représentera la commune à l’audience. Aucune personne physique n’est renvoyée en correctionnelle dans ce dossier.
Le 31 juillet 2020 aux gorges de Kakuetta
Ce jour-là, Julie Coudoumié, une habitante de Talence âgée de 31 ans, visite les gorges de Kakuetta avec d’autres personnes. Un rocher se détache et dévale la paroi. Elle pousse une fillette de 4 ans sur le côté. Le bloc la percute. Elle décède des suites de ses blessures.
Le geste est reconnu par les autorités. Le préfet Éric Spitz lui décerne à titre posthume la médaille d’or du courage et du dévouement, selon La République des Pyrénées et La Dépêche du Midi.
Le site des gorges, géré en régie directe par la municipalité de Sainte-Engrâce, reste fermé au public depuis l’accident. La fermeture était toujours en vigueur en 2025, selon le site officiel de la mairie.
Six ans de procédure judiciaire
L’instruction a duré plusieurs années. La commune de Sainte-Engrâce a été mise en examen en septembre 2024 pour homicide involontaire, rapporte La République des Pyrénées, corroboré par Sud Ouest. Le parquet de Pau a requis le renvoi en correctionnelle fin août 2025. La juge d’instruction a suivi ces réquisitions en rendant son ordonnance fin avril 2026.
Me Benoît Ducos-Ader, avocat de la famille de Julie Coudoumié, a déclaré à La République des Pyrénées que le procès « permettra peut-être de tourner une première page » pour les proches. La défense de la commune n’a pas fait de déclaration publique recensée à ce stade.
Contexte dans les Pyrénées-Atlantiques
Les gorges de Kakuetta constituent l’un des sites naturels les plus fréquentés de la Soule, en Pays basque intérieur. Selon La République des Pyrénées, le site accueillait environ 100 000 visiteurs par an avant sa fermeture - chiffre à attribuer à cette source unique. Les gorges ont été explorées pour la première fois en 1906 par Édouard-Alfred Martel, pionnier français de la spéléologie, et aménagées pour le public à partir de 1966, selon le portail en-pays-basque.fr et le site de la mairie.
Sainte-Engrâce est une commune de Soule (arrondissement de Mauléon-Licharre) qui comptait 172 habitants en 2022, selon l’INSEE. Outre Kakuetta, elle abrite l’église romane Santa Grazi du XIe siècle, classée aux Monuments Historiques. Le poids économique du site touristique dans la commune est donc significatif, même si aucun chiffre précis sur l’impact de la fermeture n’a été communiqué à ce stade par la municipalité.
Ce type de procédure contre une commune pour homicide involontaire dans un cadre de gestion d’un site naturel reste rare en France. D’autres affaires locales liées à des accidents sur des voies ou équipements publics impliquent aussi la responsabilité des collectivités. Le tribunal correctionnel de Pau traite régulièrement des contentieux impliquant des acteurs publics du département.
Une responsabilité pénale des collectivités en question
La loi française permet de poursuivre une personne morale, dont une commune, pour homicide involontaire lorsqu’une faute de négligence est établie dans la gestion d’un équipement public. Ici, la question centrale sera celle de l’entretien et de la sécurisation du site des gorges, géré directement par la mairie.
La commune est renvoyée seule, sans mise en cause de personnes physiques à ses côtés. Ce choix du parquet, suivi par la juge d’instruction, concentre la responsabilité pénale sur la collectivité en tant qu’entité gestionnaire du site.
Sur la forme, la gestion des équipements publics par les petites communes fait régulièrement l’objet d’un contrôle accru de la part des autorités préfectorales et judiciaires.
Prochaine étape
L’audience est fixée au 8 octobre 2026 au tribunal correctionnel de Pau. À cette date, six ans et deux mois se seront écoulés depuis le drame. La famille de Julie Coudoumié, représentée par Me Ducos-Ader, sera constituée partie civile. La question de la réouverture éventuelle du site n’a pas été abordée publiquement par la commune dans l’attente du jugement.
Sources
- La République des Pyrénées : Drame de Kakuetta : la mairie de Sainte-Engrâce sera jugée pour homicide involontaire le 8 octobre
- Sud Ouest : Pyrénées : la mairie de Sainte-Engrâce poursuivie pour homicide involontaire
- ICI (France Bleu / Radio France) : Décès d'une Girondine dans les gorges de Kakuetta en 2020 : un procès en perspective
- Mairie de Sainte-Engrâce : Sainte-Engrâce – Site officiel de la mairie
