Drôme-Ardèche : 10 ans de prison requis contre le chef du réseau de drogue géré depuis sa cellule
Le principal responsable du trafic 'French Connection', coordonné depuis une cellule de prison, a comparu le 25 juin à Valence avec neuf co-prévenus.
Le 25 juin 2026, dix prévenus du réseau de stupéfiants « French Connection » ont comparu devant le tribunal correctionnel de Valence. Le parquet a requis dix ans de prison contre la tête pensante, qui gérait les ventes depuis sa cellule. L'opération de démantèlement, menée le 25 mai, avait mobilisé 120 gendarmes.
L’essentiel
- Démantèlement : Le réseau « French Connection », actif en Drôme et en Ardèche, a été démantelé le 25 mai 2026 par les gendarmes de Tournon-sur-Rhône, avec l’appui du GIGN.
- Trafic quotidien : Selon les enquêteurs, le réseau réalisait un chiffre d’affaires de 8 000 euros par jour
- Saisies : 5 kg de cocaïne, 16 kg de résine de cannabis, 1,5 kg d’herbe, une arme de poing 9 mm et 11 véhicules ont été saisis.
- Procès : Le 25 juin, six suspects ont comparu à Valence Le ministère public a requis dix ans de prison ferme contre le dirigeant présumé.
Un démantèlement d’ampleur le 25 mai
L’affaire débute le 25 mai 2026. Sous l’autorité du parquet de Privas, la gendarmerie de Tournon-sur-Rhône lance une vaste opération contre le réseau de stupéfiants baptisé « French Connection ». Ce trafic irriguait de nombreux secteurs de la Drôme et de l’Ardèche, de Tournon-sur-Rhône à Valence en passant par Guilherand-Granges.
Plus de 120 gendarmes des groupements de la Drôme, de l’Ardèche, de l’Isère et de la Haute-Loire, ainsi que le GIGN, sont mobilisés Les perquisitions permettent de saisir 5 kg de cocaïne, 16 kg de résine de cannabis, 1,5 kg d’herbe de cannabis, 21,5 kg de produits de coupe, une arme de poing de calibre 9 mm, 11 véhicules et 10 000 euros de biens de luxe, selon un communiqué de la Gendarmerie nationale.
L’enquête, débutée sous l’autorité du parquet de Privas, a ensuite été transférée à celui de Valence, compétent pour les dossiers de criminalité organisée.
Un procès avec dix prévenus à Valence
Un mois après ces interpellations, le jeudi 25 juin 2026, dix personnes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Valence. Le procureur de la République a requis une peine de dix ans de prison ferme contre celui qui est considéré comme le dirigeant présumé du réseau, rapporte Le Dauphiné Libéré.
Les neuf autres prévenus, dont les rôles étaient variés (revendeurs, guetteurs, logisticiens), encourent des peines allant de quelques mois à plusieurs années. L’audience s’est tenue à huis clos partiel, plusieurs éléments de l’enquête relevant du secret de l’instruction, selon une source judiciaire.
Un réseau coordonné depuis une cellule de prison
L’un des éléments marquants de cette affaire est le mode opératoire du chef présumé. Selon le procureur de la République de Valence, confirmé par Le Dauphiné Libéré, le principal responsable gérait et coordonnait les activités du trafic depuis sa cellule de prison.
Il utilisait des téléphones portables dissimulés et des messageries éphémères pour donner ses ordres. Le réseau réalisait, selon les enquêteurs, en moyenne 110 transactions quotidiennes, générant un chiffre d’affaires d’environ 8 000 euros par jour.
Contexte dans l’Ardèche
L’Ardèche, département rural mais traversé par l’axe rhodanien, est régulièrement concerné par des affaires de trafic de stupéfiants. La vallée du Rhône, avec ses villes comme Tournon-sur-Rhône et Guilherand-Granges, constitue un point de passage et de vente. L’affaire « French Connection » illustre la capacité des réseaux à organiser des ventes de proximité tout en s’appuyant sur des structures plus lourdes. Elle intervient dans un contexte de multiplication des opérations « place nette » menées par la gendarmerie de l’Ardèche, qui avait déjà saisi, en 2025, plus de 200 kg de cannabis dans le département.
Prochaine étape : le jugement en délibéré
À l’issue des audiences du 25 juin, le tribunal correctionnel de Valence a mis son jugement en délibéré. La date de la décision n’a pas été communiquée. Les prévenus, dont certains étaient déjà incarcérés, ont été maintenus en détention ou placés sous contrôle judiciaire dans l’attente.