Duralex : le directeur général écarté, la SCOP cherche son cap
François Marciano quitte la tête de la verrerie du Loiret deux ans après la reprise en coopérative par les salariés.
Le directeur général de Duralex, François Marciano, a été mis à l'écart le 13 avril 2026, officiellement pour préparer sa retraite. Son fils, directeur financier, est également écarté. La SCOP, qui emploie 243 salariés à La Chapelle-Saint-Mesmin, traverse une période de turbulences.
C’est un départ qui ne passe pas inaperçu. François Marciano, 60 ans, figure centrale de la reprise de Duralex en société coopérative et participative (SCOP), a quitté ses fonctions de directeur général le 13 avril 2026. Officiellement, il prépare sa retraite. Selon Le Parisien, des tensions avec le conseil d’administration seraient à l’origine de cet écartement. Son fils Antoine, directeur financier qu’il avait lui-même nommé, est également mis à l’écart dans la même opération.
Peggy Sadier, ancienne directrice marketing et commerciale France et international, assure désormais la direction générale par intérim, selon France Info.
Des chiffres qui divergent
La situation financière de l’entreprise fait l’objet de lectures contradictoires. François Marciano, cité par France Info, dément tout problème : il annonce un résultat net de 2,5 millions d’euros pour le bilan à venir. Mais un excédent brut d’exploitation négatif de plus de 4 millions d’euros est également rapporté. Le conseil d’administration, lui, évoque la nécessité d' »assurer la pérennité [de l’entreprise] dans un contexte géopolitique instable et inflationniste », selon Le Figaro.
L’entreprise vise un chiffre d’affaires de 34 millions d’euros en 2026, après une levée de fonds de 20 millions en 2025, selon BFMTV. L’équilibre financier est prévu pour 2027, avec notamment l’acquisition d’une machine à vrac commandée cette année, selon le site L’Express Franchise.
Un modèle coopératif sous surveillance
La SCOP avait suscité un élan rare lors de sa création. En 2025, la levée de fonds citoyenne lancée sur la plateforme Lita avait collecté plus de 5 millions d’euros en 24 heures - soit six fois l’apport initial de l’État (750 000 euros), selon Miroir Social. Sur les 243 salariés, 148 ont investi 500 euros chacun pour devenir associés coopérateurs.
La CGT du Loiret ne cache pas ses inquiétudes. Le syndicat craint que « la SCOP s’arrête » à la suite du départ de Marciano, selon France Info. Le doute porte autant sur la gouvernance que sur la trajectoire économique.
Une entreprise habituée aux turbulences
Duralex n’en est pas à sa première crise. La marque de verres en verre trempé, créée en 1945 à La Chapelle-Saint-Mesmin près d’Orléans, avait déjà traversé un redressement judiciaire en 2006, suivi d’une fermeture temporaire et d’une reprise par le groupe International Glass Group en 2007, selon La République du Centre. En avril 2024, nouveau redressement judiciaire. Le 1er août 2024, les salariés reprennent la main via la SCOP, sauvant 228 emplois selon Wikipedia.
La gouvernance coopérative, par nature collégiale, affronte ici son premier vrai test de résistance interne. La prochaine étape sera la désignation d’un directeur général permanent, dont le calendrier n’a pas été précisé par le conseil d’administration.
Sources
- Le Parisien : Après la mise à l'écart du directeur général, quel avenir pour Duralex ?
- France Info : Que se passe-t-il chez Duralex, qui a remplacé son directeur général ?
- BFMTV : Quelques mois après sa levée de fonds de 20 millions d'euros, Duralex se sépare de son directeur général
- 20 Minutes : La verrerie Duralex se sépare de son directeur général (et de son fils)