Teisseire ferme son usine de Crolles : 170 emplois menacés en Isère

La production de sirops quitte l'Isère après plus de trois siècles, laissant 170 salariés sans solution à Crolles.

Teisseire ferme son usine de Crolles : 170 emplois menacés en Isère
Illustration Julien Moreau / info.fr

L'usine Teisseire de Crolles ferme définitivement en avril 2026. Sur 205 postes, 170 sont supprimés net. Syndicats et élus réclament un soutien public pour la reconversion des salariés.

C’est une page industrielle qui se tourne à Crolles. L’usine Teisseire, construite en 1971 sur ce site du Grésivaudan, cesse son activité ce mois d’avril 2026. La marque de sirops, dont les origines dans le bassin grenoblois remontent à plus de trois cents ans, déplace sa production vers le groupe normand Slaur-Sardet, au Havre.

La direction, rachetée par le groupe Carlsberg, invoque une « situation financière extrêmement difficile », selon Le Parisien. Derrière cette formule, un déclin structurel : les ventes reculent depuis dix ans, sous l’effet de la concurrence, des contraintes réglementaires et d’une évolution des habitudes de consommation. Les volumes produits à Crolles ont chuté de plus de la moitié depuis 2022 - une perte de 40 millions de litres - , notamment après la suppression des marchés export et distributeur, selon France Bleu Isère.

170 suppressions de postes nettes

Sur les 205 salariés du site, 38 se verront proposer un transfert. Les 170 autres se retrouvent sans emploi. Dès l’annonce de la fermeture, le 16 octobre 2025, plus de 80 % des salariés ont tenu un piquet de grève, selon BFMTV. Syndicats et élus locaux, dont la mairie de Crolles, ont multiplié les prises de parole. « C’est dramatique, 200 personnes se retrouvent sur le carreau », déclarait un élu lors des mobilisations, rapporté par France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

Un accord entre direction et syndicats a été signé fin janvier 2026 sur des mesures de reconversion. Les organisations syndicales réclament désormais un soutien public renforcé pour accompagner les travailleurs affectés. Un cabinet spécialisé a par ailleurs été missionné pour chercher un repreneur du site, sans résultat annoncé à ce stade.

Un bassin industriel fragilisé

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La fermeture de Teisseire n’est pas un cas isolé dans l’Isère. Le Nouvel Obs rappelait en octobre 2025 que ce territoire a déjà encaissé la fermeture de l’usine Thomson-CSF à Saint-Égrève en 1988, puis les 1 400 licenciements de STMicroelectronics en 2016. « C’est un monde local que l’on défait », titrait le magazine. Crolles, pourtant souvent citée comme vitrine de l’industrie high-tech régionale avec son pôle microélectronique, voit ainsi son tissu économique se fissurer une nouvelle fois.

Pour les salariés, les prochains mois seront déterminants. Les discussions au CSE se poursuivent, dans un contexte où la reconversion dans un bassin tendu reste incertaine. La mairie n’a pas encore détaillé publiquement les dispositifs d’accompagnement territorial qu’elle entend mobiliser.

Sources

Julien Moreau

Julien Moreau

Installé à Grenoble, couvre les stations de ski, les tensions sur la transition écologique, l'université et les chantiers de la métropole. Diplômé de Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Posture : interroger les élus écologistes, les promoteurs, les syndicalistes, vérifier les budgets avant de conclure.

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