Économie drômoise : l’agroalimentaire tient, le bio s’exporte
La Drôme affiche un tissu industriel solide, porté par l'agroalimentaire, mais le recul des fermes bio interroge la filière.
La CCI Drôme vient de publier ses Chiffres Clés 2026. Le département résiste à un contexte économique tendu, grâce notamment à une filière agroalimentaire structurante. À Montélimar, l'agriculture bio gagne du terrain à l'export, malgré des signaux nationaux moins encourageants.
La Drôme compte 524 109 habitants en 2024 et 50 700 établissements au 31 décembre 2023. Son PIB atteint 17 964 millions d’euros, soit 34 300 euros par habitant, selon les données de la CCI Drôme. Des chiffres qui témoignent d’un tissu économique dense, mais qui masquent des nuances importantes.
L’agroalimentaire, pilier industriel du département
L’industrie agroalimentaire reste la première filière industrielle du département. Elle emploie 6 800 personnes dans 162 établissements, représentant 21,4 % de l’emploi industriel drômois, toujours selon la CCI Drôme. Des entreprises comme Valrhona ou Andros ancrent cette filière dans la durée.
Pourtant, l’industrie drômoise n’est pas à l’abri du ralentissement national. Sur les neuf premiers mois de 2025, le chiffre d’affaires des entreprises du département a reculé de 1,2 %, avec une baisse plus marquée de 2,7 % dans l’industrie, selon la plateforme régionale Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises. Nuance : les créations d’entreprises en région ont progressé de 3,9 % sur la même période, signe que le dynamisme entrepreneurial n’est pas épuisé.
Montélimar et le bio : une ambition d’export
À Montélimar, l’industrie représente 6 % des entreprises et 10 % des emplois locaux. Le secteur est orienté vers la transformation du bois et le papier-carton, avec AUTAJON comme acteur notable en cartonnage, selon le rapport de présentation de la ville.
Mais c’est l’agriculture biologique qui retient l’attention. La Surface Agricole Utile en bio sur le territoire de Montélimar Agglomération a bondi de 112 % entre 2010 et 2020, contre 90 % pour l’ensemble de la Drôme, d’après les données de l’agglomération. Cette progression profite notamment aux petites exploitations et aux jeunes agriculteurs installés.
La restauration collective locale suit le mouvement : la cuisine centrale de Montélimar produit 2 400 repas par jour, avec 30 à 35 % d’approvisionnement en produits bio et 46 % en produits Egalim en 2023, toujours selon l’agglomération.
À l’échelle nationale, les Journées Export Agro 2026, organisées du 30 mars au 3 avril par le ministère de l’Agriculture et Business France, visent à renforcer les débouchés internationaux de la filière agroalimentaire, bio inclus. Un levier que la Drôme pourrait activer.
Un signal d’alerte pour la bio
La tendance n’est pas sans ombre. En France, le nombre de fermes bio a reculé de 0,6 % en 2025, tombant à 61 490 exploitations, selon Le Dauphiné Libéré. Une première. La Drôme, département historiquement bien positionné sur ce segment, n’est pas isolée de ce contexte.
Ce recul du solde agricole national à l’export interroge sur la capacité des filières locales à maintenir leur compétitivité. La Drôme dispose des atouts - qualité des produits, dynamisme bio, ancrage de grands groupes agroalimentaires. La question est de savoir si ces bases suffiront à tenir dans un marché sous pression.