EES aux aéroports : la Suisse et huit pays veulent plus de souplesse
Berne et huit autres États demandent à Bruxelles un cadre permanent pour suspendre le système biométrique en cas de surcharge
La Suisse et huit autres pays ont écrit le 9 juillet 2026 à la Commission européenne pour réclamer davantage de flexibilité sur le système Entry/Exit aux aéroports. En cause des files d'attente qui ont dépassé deux heures à Genève et Zurich.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 9 juillet 2026, la Suisse et huit autres pays ont envoyé une lettre commune à la Commission européenne.
- Fait 2 : Le système Entry/Exit (EES) est pleinement opérationnel dans l’espace Schengen depuis le 10 avril 2026.
- Fait 3 : L’enregistrement biométrique initial prend 60 à 70 secondes par passager, contre 3 secondes ensuite.
- Fait 4 : Des attentes de jusqu’à deux heures et demie ont été constatées à Genève, deux heures à Zurich.
- Fait 5 : Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) réclame une base juridique contraignante et uniforme.
La lettre est partie le 9 juillet 2026. La Suisse et huit autres pays européens ont écrit à la Commission européenne pour demander plus de marge de manœuvre sur le système Entry/Exit, ce dispositif biométrique censé fluidifier les contrôles aux frontières mais qui, dans les faits, allonge les files d’attente dans plusieurs aéroports européens. L’existence de cette démarche conjointe a d’abord été révélée par le portail Politico, avant confirmation par la Commission européenne, selon Bluewin.
Ce que demandent la Suisse et ses partenaires
Le cœur de la requête : pouvoir suspendre l’EES de façon prolongée en cas de surcharge des infrastructures aéroportuaires, plutôt que de gérer les pics au cas par cas. Selon Watson, la demande porte précisément sur cette possibilité de suspension temporaire mais étendue dans le temps, lorsque les capacités des postes de contrôle ne suffisent plus à absorber le flux de passagers hors-Schengen.
Le club des neuf signataires souhaite une réponse harmonisée à l’échelle de l’espace Schengen, plutôt que des solutions bricolées pays par pays. C’est le sens de la position défendue par le Secrétariat d’État aux migrations (SEM), qui juge dans l’intérêt de la Suisse de disposer d’une pratique uniforme et d’une base juridique contraignante pour ces suspensions.
Un système qui rallonge le passage aux frontières
L’EES enregistre numériquement les empreintes digitales et le visage de tout ressortissant hors Union européenne franchissant une frontière Schengen. Le dispositif est pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026, selon la Commission européenne. Problème : ce premier enregistrement biométrique prend entre 60 et 70 secondes par voyageur, contre seulement 3 secondes lors des passages suivants, précise Watson.
Multiplié par des centaines de passagers arrivant en même temps sur des vols long-courriers, l’écart se traduit par des embouteillages aux postes de contrôle. À l’aéroport de Zurich, des temps d’attente ont atteint deux heures lors de l’arrivée simultanée de plusieurs vols hors-Schengen. À Genève, le pic a grimpé à deux heures et demie en début d’année 2026, au moment de l’afflux de vacanciers pour la saison de ski.
Bruxelles autorise déjà une soupape estivale
Face à la perspective d’un été 2026 chargé, la Commission européenne a déjà ouvert une brèche : elle autorise à titre exceptionnel de renoncer temporairement à la collecte des données biométriques en cas d’urgence, tout en maintenant l’enregistrement du passage lui-même. Une mesure d’urgence, pas une solution pérenne, ce qui explique la démarche des neuf pays : ils veulent transformer cette tolérance ponctuelle en règle stable, applicable dès qu’une surcharge est constatée, sans devoir négocier au cas par cas avec Bruxelles.
Contexte dans l’espace Schengen
La Suisse, associée à l’espace Schengen sans être membre de l’Union européenne, applique l’EES au même titre que les États membres pour tout voyageur non-européen. Ses aéroports de Genève et Zurich, points d’entrée majeurs pour les vols intercontinentaux, sont particulièrement exposés aux pics de fréquentation hors-Schengen, comme le montrent les récents épisodes d’attente prolongée. Le trafic aérien international reste un secteur économique sensible pour la Suisse, où l’aéroport de Genève constitue une porte d’entrée essentielle pour le tourisme et les affaires. Une gestion défaillante des files d’attente pourrait peser sur l’attractivité de ces plateformes, d’où l’insistance suisse pour un cadre clair et partagé avec ses voisins européens.
Ce que ça change pour les voyageurs
Pour un lecteur français prenant l’avion vers ou depuis la Suisse, la question n’est pas anecdotique : tout passager hors-UE transitant par Genève ou Zurich peut être concerné par ces engorgements, et par extension tout voyageur pris dans la même file. La demande suisse, si elle aboutit, viserait à éviter que ces scènes de files interminables ne se répètent à chaque pic saisonnier, plutôt qu’à alléger les contrôles eux-mêmes.
La Commission européenne a confirmé avoir reçu la lettre. Elle n’a pas encore communiqué de calendrier ni de réponse formelle sur une éventuelle réforme du cadre juridique de l’EES.