Électricité : +26 euros sur la facture au 1er août 2026
La facture moyenne passe de 1 046 à 1 072 euros par an pour financer l'entretien des réseaux
Les tarifs réglementés augmentent de 2,5 %. La hausse du TURPE pèse sur 19,37 millions de foyers. Après le bouclier tarifaire, la facture repart à la hausse.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Les tarifs réglementés de l'électricité augmentent de 2,5 % au 1er août 2026.
- La facture annuelle moyenne passe de 1 046 à 1 072 euros TTC, soit +26 euros par an.
- 19,37 millions de clients résidentiels sont concernés par cette hausse.
- Le TURPE grimpe de 3 % pour financer l'entretien et la modernisation des réseaux.
- Le gouvernement justifie par les investissements dans la production hivernale et les réseaux.
Le compteur Linky affiche 1 072 euros. C’était 1 046 euros en juillet. La différence: 26 euros. Pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais c’est 2,5 % de plus sur la facture d’électricité de 19,37 millions de clients résidentiels abonnés aux tarifs réglementés.
La Commission de régulation de l’énergie a proposé cette augmentation. Le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu a validé. Entrée en vigueur: 1er août 2026.
Le TURPE grimpe de 3 %
Le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE) augmente de 3 % en moyenne. C’est la part de la facture qui finance l’entretien et la modernisation des réseaux par Enedis et RTE. Cette part pèse environ 32 % de la facture totale.
Concrètement: +3,04 % pour la distribution, +3,34 % pour le transport. Le ministère de l’Énergie justifie par la nécessité d’« investir dans le maintien de capacités de production pour la saison hivernale et l’entretien de nos réseaux publics d’électricité, dont chacun a pu mesurer l’importance lors des épisodes de chaleur extrême ».
L’accise sur l’électricité, elle, baisse légèrement: de 30,85 à 30,62 euros par MWh pour les puissances inférieures ou égales à 36 kVA. Mais ça ne suffit pas à compenser la hausse du TURPE.
Une promesse de stabilité qui n’a pas tenu
Fin 2025, le ministère de l’Économie annonçait des prix stables en 2026 et 2027 pour les abonnés aux tarifs réglementés. Cinq mois plus tard, +2,5 %. Le paradoxe n’est qu’apparent: cette stabilité annoncée excluait déjà les variations du TURPE et de l’accise. La promesse portait sur la part « énergie » de la facture, pas sur son montant total. Autrement dit: quand le gouvernement parlait de stabilité, il savait que la facture globale pourrait bouger.
Le ministère de l’Énergie assume aujourd’hui une formule toute prête: cette hausse « épouse l’inflation en France en hausse, à 2,4 % sur un an en mai ». Les chiffres collent, l’argument aussi. Mais la promesse initiale, elle, reste bancale.
Après le bouclier, la gueule de bois
Le bouclier tarifaire, mis en place en octobre 2021 - a amorti les chocs. Mais il a été progressivement levé. Résultat: +15 % en février 2023 - +10 % en août 2023 - +8,6 % en février 2024. Avant ça, en août 2020, c’était +1,55 %. En février 2026, une baisse de 0,74 %. Puis de nouveau la hausse en août.
L’augmentation du 1er août 2026 intervient aussi après la fin du dispositif Arenh (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique) au 1er janvier 2026. Ce dispositif permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter de l’électricité nucléaire à prix réduit. Sa disparition rebat les cartes du marché.
26 euros: peu pour certains, beaucoup pour d’autres
26 euros par an - c’est 2,17 euros par mois. Sur 19,37 millions de foyers - ça fait 503 millions d’euros de pouvoir d’achat en moins. Pour un foyer au SMIC, cette hausse représente une part minime du revenu annuel. Mais elle est cumulable avec l’inflation alimentaire, les transports, le logement. Pour un retraité vivant seul avec une pension modeste, l’impact relatif est plus lourd.
L’inflation en France atteint 2,4 % sur un an en mai. L’électricité suit le mouvement. Mais contrairement au prix du pain ou de l’essence, on ne peut pas changer de fournisseur pour échapper à la hausse des tarifs réglementés: 19,37 millions de clients n’ont pas le choix. Les offres de marché existent, mais elles suivent souvent la même tendance.
Autre angle mort: l’impact sur les ménages en situation de précarité énergétique. 26 euros par an - c’est peu pour un foyer aisé. C’est beaucoup pour qui comptait déjà ses kilowattheures. Aucune mesure d’accompagnement n’a été annoncée.
Le contexte énergétique pèse lourd
Le prix moyen repère de vente du gaz a augmenté de 21 % depuis février 2026 - lié au conflit au Moyen-Orient. L’électricité ne fonctionne pas en vase clos: quand le gaz flambe, ça tire les prix de l’électricité vers le haut.
Le programme de « Grand Carénage » d’EDF - destiné à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires, représente des investissements considérables. Ces coûts se répercutent, tôt ou tard, sur les tarifs.
« Très nettement inférieurs à la moyenne européenne »
Le ministère de l’Énergie tient un discours rassurant: « Notre pays bénéficie toujours d’une électricité décarbonée, dont les tarifs restent très nettement inférieurs à la moyenne de l’Union européenne ». Il ajoute même qu’« il n’a jamais été aussi avantageux de passer à l’électrique en France ».
C’est vrai. Mais ça n’empêche pas 19,37 millions de foyers de payer 26 euros de plus par an. Et ça n’explique pas pourquoi une stabilité annoncée fin 2025 s’est transformée en hausse six mois plus tard.
Ce que les sources ne disent pas
Aucune source consultée ne précise combien de foyers ont basculé vers les offres de marché depuis la fin du bouclier tarifaire. Combien ont quitté les tarifs réglementés pour échapper aux hausses successives? Aucun chiffre.
Enfin, le calendrier. Pourquoi annoncer cette hausse mi-juillet pour une application au 1er août? Deux semaines de préavis, en plein été, quand l’attention médiatique est ailleurs. Le timing interroge.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (13)
« soit une augmentation nette de la facture d’environ 26 €TTC par an (pour une consommation moyenne de 4,5 MWh par an, la facture TTC passe donc de 1 046 €TTC à 1 072 €TTC) »
cre.fr ↗ ↩
« Au 31 mars 2026, 19,37 millions de clients résidentiels ont souscrit un contrat aux TRVE en France métropolitaine continentale »
cre.fr ↗ ↩
« Le gouvernement souligne que cette hausse "épouse l'inflation en France en hausse, à 2,4 % sur un an en mai". »
leparisien.fr ↗ ↩
« L’augmentation du niveau du TURPE, conformément à la délibération de la CRE du 21 mai 2026 »
cre.fr ↗ ↩
« Le TURPE, qui représente environ 32 % de la facture, finance l'entretien et la modernisation des réseaux par Enedis et RTE, afin de soutenir l'électrification du pays et la transition énergétique. »
latribune.fr ↗ ↩
« Le TURPE, qui représente environ 32 % de la facture, finance l'entretien et la modernisation des réseaux par Enedis et RTE, afin de soutenir l'électrification du pays et la transition énergétique. »
latribune.fr ↗ ↩
« Février 2023: +15 % avec le bouclier tarifaire. »
toutsurmesfinances.com ↗ ↩
« Août 2023: +10 % avec le bouclier tarifaire. »
toutsurmesfinances.com ↗ ↩
« Février 2024: +8,6 % pour compenser l'application du bouclier tarifaire. »
toutsurmesfinances.com ↗ ↩
« Cette augmentation intervient après la mise en place, le 1er janvier 2026, d'une nouvelle organisation du marché de l'électricité en France, marquée par la fin du dispositif Arenh (Accès Régulé à l'Électricité Nucléaire Historique). »
connaissancedesenergies.org ↗ ↩
« Cette augmentation intervient aussi dans un contexte où le prix moyen repère de vente du gaz TTC a augmenté de 21% depuis février 2026, lié au conflit au Moyen-Orient. »
boursorama.com ↗ ↩
« Cette augmentation intervient aussi dans un contexte où le prix moyen repère de vente du gaz TTC a augmenté de 21% depuis février 2026, lié au conflit au Moyen-Orient. »
boursorama.com ↗ ↩
« Cette augmentation intervient aussi dans un contexte où le prix moyen repère de vente du gaz TTC a augmenté de 21% depuis février 2026, lié au conflit au Moyen-Orient. »
boursorama.com ↗ ↩
Sources
- CRE - Proposition d'évolution des TRVE
- Le Monde - Hausse des tarifs réglementés
- Le Parisien - Augmentation des prix de l'électricité
- Capital - Facture d'électricité en hausse
- La Croix - Hausse moyenne de 2,5 % des tarifs
- La Tribune - Le régulateur propose une hausse
- Ouest-France - Hausse de 2,5 % au 1er août
- Connaissances des Énergies - CRE propose +2,5 %
- Boursorama - Hausse des tarifs réglementés
