Encadrement des loyers à Paris : 81 € économisés par mois, sans impact sur l’offre

L'étude Apur publiée en avril 2026 chiffre les effets du dispositif en vigueur depuis juillet 2019 sur six ans de données locatives parisiennes.

Encadrement des loyers à Paris : 81 € économisés par mois, sans impact sur l'offre
Illustration Julie Renault / info.fr

L'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) a publié fin avril 2026 sa troisième évaluation annuelle de l'encadrement des loyers à Paris. Résultat une économie moyenne de 81 euros par mois sur la période 2019-2025, un effet concentré sur les petites surfaces, et aucune dégradation mesurable de l'offre locative.

L’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a publié fin avril 2026 sa troisième évaluation annuelle de l’encadrement des loyers à Paris. Résultat : une économie moyenne de 81 euros par mois sur la période 2019-2025, un effet concentré sur les petites surfaces, et aucune dégradation mesurable de l’offre locative.

L’essentiel

  • 81 € par mois : économie moyenne pour les locataires parisiens sur la période juillet 2019 - juin 2025, soit 968 € par an, selon l’Apur.
  • 5 % de modération : écart moyen entre les loyers pratiqués et ce qu’ils auraient été sans le dispositif sur six ans.
  • -12,4 % pour les <18 m² : l’effet est nettement plus fort sur les studios et chambres de moins de 18 m²; il s’annule au-delà de 80 m².
  • 85 € par mois : économie sur la seule année juillet 2024 - juin 2025, avec près d’une annonce sur deux dépassant encore les seuils légaux.
  • Aucune dégradation durable de l’offre locative imputable au dispositif entre 2018 et 2025, selon l’Apur.

Six ans de données, une modération stable à 5 %

L’étude couvre la période allant de l’entrée en vigueur du dispositif, le 1er juillet 2019, jusqu’à juin 2025. Sur l’ensemble de ces six années, l’Apur conclut à une modération moyenne de 5 % des loyers par rapport au niveau qu’ils auraient atteint en l’absence d’encadrement. En euros constants, cela représente 968 euros par an pour un locataire moyen, selon les données croisées par Le Monde et Le Figaro.

Sur la dernière année observée (juillet 2024 - juin 2025), l’économie grimpe à 85 euros par mois, soit 1 019 euros sur douze mois, rapporte Le Parisien. La hausse s’explique en partie par la progression des loyers de marché, l’indice de référence des loyers (IRL) publié par l’INSEE pour le 3e trimestre 2025 s’établissant à 145,77, en hausse de 0,87 % sur un an.

Les petites surfaces, premières bénéficiaires

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L’effet du dispositif n’est pas uniforme selon la taille du logement. Pour les logements de moins de 18 m² - chambres de bonne, studios de poche - la modération atteint -12,4 %, selon BFMTV qui cite l’étude. L’écart se réduit progressivement à mesure que la surface augmente, et disparaît totalement au-delà de 80 m².

Ce gradient confirme que le dispositif protège en priorité les ménages les plus exposés aux tensions locatives parisiennes : ceux qui louent de petites surfaces dans les arrondissements les plus chers. Les grandes surfaces sont, elles, hors du périmètre d’action réel du plafonnement.

Pas d’effet mesurable sur l’offre

L’un des arguments récurrents contre l’encadrement des loyers est le risque de décourager les propriétaires de mettre leurs biens en location. L’Apur réfute ce scénario pour Paris : aucune dégradation durable et significative de l’offre locative n’est imputable au dispositif entre 2018 et 2025, selon le rapport officiel.

Cette conclusion s’appuie sur une méthodologie élargie. L’étude 2025, réalisée en partenariat avec le CESAER, le LéP et le groupe SeLoger, a également analysé l’impact sur l’offre dans six autres villes pratiquant l’encadrement : Lille, Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier et Grenoble. Les résultats pour ces territoires n’ont pas été détaillés dans les sources disponibles à ce stade.

Contexte dans Paris (75)

L’encadrement des loyers parisien a une histoire mouvementée. Introduit une première fois le 1er août 2015 par la loi ALUR, il avait été suspendu en 2017 par décision judiciaire. La loi ELAN l’a réintroduit à titre expérimental le 1er juillet 2019. Le dispositif court jusqu’en novembre 2026.

Paris reste le marché locatif le plus tendu de France. La pression sur les petites surfaces est structurelle : la capitale concentre une part disproportionnée de studios et chambres dans son parc locatif privé, précisément les catégories où l’encadrement produit l’effet le plus fort. Le fait que près d’une annonce sur deux dépasse encore les seuils légaux sur l’année 2024-2025, selon Le Parisien, illustre les limites de l’application du dispositif en pratique.

La question du logement à Paris est plus large : le métro parisien et les tensions urbaines qu’il concentre rappellent que la pression démographique et sociale de la capitale reste un sujet multidimensionnel. Sur le plan judiciaire, des affaires comme le procès Sarkozy-Libye mobilisent aussi l’attention institutionnelle parisienne.

Un dispositif dont l’avenir se joue en mai 2026

Emmanuel Grégoire, maire de Paris, plaide pour la pérennisation de l’encadrement au-delà de novembre 2026, selon Ouest-France et TF1 Info. La décision appartient au gouvernement, qui attend un rapport d’évaluation attendu en mai 2026 avant de se prononcer sur une éventuelle prolongation.

Comparée à l’évaluation précédente (modération de 5,2 % et 984 euros par an d’économie en 2024), l’édition 2025 marque une légère inflexion à la baisse de l’effet relatif, mais une hausse en euros absolus. L’Apur attribue cette dynamique à la progression des loyers de marché, qui rend mécaniquement l’écart absolu plus visible même quand l’écart relatif se stabilise.

Le rapport gouvernemental de mai 2026 constituera la prochaine étape déterminante pour l’avenir du dispositif dans la capitale et dans les six autres villes où il s’applique.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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