Camping-cars vendus sans paiement : 100 victimes et 2 M€ de préjudice en Dordogne

Le dépôt-vente Horizon Dordogne à Boulazac-Isle-Manoire mis en examen pour escroquerie, l'affaire diffusée sur M6 le 19 mai 2026.

Camping-cars vendus sans paiement : 100 victimes et 2 M€ de préjudice en Dordogne
Illustration Aurélie Lacoste / info.fr

À Boulazac-Isle-Manoire, près de Périgueux, le dépôt-vente Horizon Dordogne concentre entre 70 et 100 plaintes pour escroquerie. Son gérant Thomas Demarthe est mis en examen depuis novembre 2025. Le préjudice total est estimé à 2 millions d'euros.

À Boulazac-Isle-Manoire, commune limitrophe de Périgueux, le dépôt-vente de camping-cars Horizon Dordogne est au cœur d’une affaire judiciaire de grande ampleur. Son gérant, Thomas Demarthe, est mis en examen pour escroquerie, abus de confiance, abus de biens sociaux et blanchiment d’argent. Entre 70 et 100 propriétaires ont déposé plainte après avoir confié leur véhicule à la structure sans jamais percevoir le fruit de la vente. L’émission Arnaques ! de Julien Courbet sur M6 consacrera un reportage à cette affaire le 19 mai 2026 à 21h10.

L’essentiel

  • 70 à 100 plaintes : déposées au commissariat de Périgueux contre Thomas Demarthe, gérant d’Horizon Dordogne, pour vente de véhicules sans reversement des fonds.
  • 2 millions d’euros : montant estimé du préjudice total subi par les victimes, selon Sud Ouest et 20 Minutes.
  • 25-27 novembre 2025 : garde à vue puis mise en examen de Thomas Demarthe, placé sous contrôle judiciaire.
  • 2 décembre 2025 : liquidation judiciaire de la société Horizon Dordogne prononcée par le tribunal.
  • 19 mai 2026 : diffusion du reportage sur M6 dans l’émission Arnaques ! présentée par Julien Courbet.

Le mécanisme de l’escroquerie

Le principe reproché est simple : des propriétaires confient leur camping-car à Horizon Dordogne pour une vente en dépôt. Le véhicule est cédé à un acheteur, mais le gérant ne reverse jamais les fonds au propriétaire initial. Selon 20 Minutes et Ouest-France, les plaintes ont commencé à s’accumuler début novembre 2025 au commissariat de Périgueux, des dizaines de victimes réalisant simultanément qu’elles ne seraient pas payées.

En novembre 2025, une vingtaine de victimes s’étaient rassemblées devant les locaux de l’entreprise à Boulazac pour protester, selon Franceinfo. Face aux accusations, Thomas Demarthe avait avancé des « problèmes de gestion » dans un entretien accordé à Sud Ouest. Une explication que les plaignants rejettent.

Mise en examen et liquidation de la société

Publicité

Thomas Demarthe a été placé en garde à vue le 25 novembre 2025. Deux jours plus tard, le 27 novembre, il était mis en examen pour escroquerie, abus de confiance, abus de biens sociaux et blanchiment d’argent, puis libéré sous contrôle judiciaire, selon Sud Ouest et 20 Minutes.

Son interdiction d’exercer toute activité commerciale a entraîné la fermeture immédiate du site. Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire d’Horizon Dordogne le 2 décembre 2025, selon Sud Ouest. Pour les victimes, cette liquidation complique la récupération de fonds : en cas de procédure collective, les créanciers particuliers sont rarement indemnisés en priorité.

Les victimes ne sont pas uniquement des vendeurs. France 3 Nouvelle-Aquitaine a rapporté que des acheteurs figurent également parmi les plaignants, ayant versé des sommes parfois supérieures à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des véhicules non livrés ou non conformes. L’affaire présente ainsi plusieurs facettes : non-paiement des vendeurs, et défaut de livraison ou vices cachés côté acheteurs.

Horizon Dordogne : dix ans d’activité avant l’effondrement

La société Horizon Dordogne avait été créée en 2016 par Thomas Demarthe, selon les données Pappers et Societe.com. Elle était spécialisée dans la vente, l’achat-revente et la location de camping-cars. Implantée à Boulazac-Isle-Manoire, elle opérait sur un marché en croissance : le camping-car a connu un engouement marqué en France depuis 2019-2020. Pendant près de dix ans, l’entreprise avait exercé sans que des poursuites similaires aient été identifiées, selon les éléments disponibles.

Les raisons précises du basculement - mauvaise gestion, détournement volontaire ou cumul des deux - font l’objet de l’instruction judiciaire en cours. Aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade. Des escroqueries comparables dans le secteur du dépôt-vente automobile existent dans d’autres régions, comme l’affaire du château de la Cazine en Creuse, qui illustre la diversité des montages frauduleux susceptibles d’être mis en lumière par des procédures judiciaires locales.

Contexte dans la Dordogne

La Dordogne compte environ 415 000 habitants. Le département, fortement orienté vers le tourisme rural et la pleine nature, dispose d’une clientèle structurellement favorable au marché du camping-car. Boulazac-Isle-Manoire, commune de près de 10 000 habitants intégrée à l’agglomération périgourdine, concentre plusieurs zones d’activités commerciales en périphérie de Périgueux.

L’affaire Horizon Dordogne est, à ce jour, l’une des plus importantes en volume de plaignants et de préjudice financier dans le secteur du véhicule de loisir recensées dans le département. Elle intervient dans un contexte où les arnaques en ligne et hors ligne liées à la revente de biens se multiplient. La préfecture du Nord et celle d’Indre-et-Loire ont récemment alerté sur les nouvelles formes d’escroqueries numériques, signe d’une vigilance accrue des pouvoirs publics sur ces sujets à l’échelle nationale.

Sur le plan judiciaire, le parquet de Périgueux instruit l’affaire. La mise en examen de Thomas Demarthe sous plusieurs qualifications - dont le blanchiment - laisse entendre que l’enquête explore des flux financiers au-delà de la seule activité du dépôt-vente. Les avocats des parties civiles n’ont pas fait de déclaration publique recensée à ce jour.

L’émission de Julien Courbet comme caisse de résonance

L’affaire a franchi un cap médiatique avec l’annonce de sa diffusion dans Arnaques !, le magazine de M6 présenté par Julien Courbet. La date retenue est le 19 mai 2026 à 21h10, selon Sud Ouest et le site spécialisé Coulisses TV.

Ce type d’exposition nationale peut avoir plusieurs effets concrets : inciter de nouvelles victimes à se manifester auprès des enquêteurs, renforcer la pression médiatique sur l’instruction, et parfois pousser des témoins jusqu’alors silencieux à contacter les avocats des parties civiles. La couverture de l’affaire par Sud Ouest, 20 Minutes, Ouest-France et France 3 avait déjà contribué à fédérer une partie des plaignants dès novembre 2025. Des affaires de ce type dans d’autres territoires - comme les home-jackings en Yonne ou les escroqueries à grande échelle dans d’autres régions - montrent que la médiatisation accélère rarement le calendrier judiciaire, mais structure la parole des victimes.

Prochaine étape

La diffusion de l’émission Arnaques ! le 19 mai 2026 sur M6 constitue le prochain rendez-vous public de l’affaire. L’instruction judiciaire se poursuit ; aucune date de renvoi en correctionnelle n’a été annoncée par le parquet de Périgueux.

Sources

Aurélie Lacoste

Aurélie Lacoste

Aurélie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Dordogne (24), avec Périgueux pour chef-lieu. Spécialité du département : prehistoire (Lascaux) et image gastronomique Perigord. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie