Essonne : le protoxyde d’azote interdit à la vente et sur la voie publique tout juin
Un arrêté préfectoral du 1er juin 2026 reconduit les restrictions sur le gaz hilarant dans tout le département pour le mois de juin.
La préfecture de l'Essonne a publié un arrêté au 1er juin 2026 interdisant la vente de protoxyde d'azote aux particuliers, ainsi que sa détention, sa consommation et l'abandon de contenants sur la voie publique. La mesure court jusqu'au 30 juin. Elle succède à un arrêté identique couvrant mai 2026.
L’essentiel
- Durée : interdiction en vigueur du 1er au 30 juin 2026 dans tout le département de l’Essonne.
- Périmètre : vente aux particuliers, détention, consommation et abandon de cartouches, bonbonnes ou bouteilles sur la voie publique.
- Précédent immédiat : arrêté similaire du 30 avril 2026 couvrant la totalité du mois de mai.
- Saisies 2025 : plus d’une centaine de bonbonnes découvertes ou confisquées par les forces de l’ordre en Essonne, dont 60 à Longjumeau en décembre et 26 à Massy en octobre.
- National : 472 signalements d’intoxication recensés par les CEIP-A en 2023, contre 254 en 2020 ; plus de 80 % portent sur des troubles neurologiques.
Ce que prévoit l’arrêté du 1er juin
La préfète de l’Essonne, Fabienne Balussou, a signé un nouvel arrêté entrant en vigueur le 1er juin 2026. Le texte interdit quatre types d’actes distincts sur l’ensemble du territoire départemental : la vente aux particuliers, la détention sur la voie publique, la consommation et l’abandon de contenants - qu’il s’agisse de petites cartouches, de bonbonnes ou de bouteilles contenant du protoxyde d’azote. La mesure prend fin le 30 juin 2026.
La préfecture a annoncé la mesure sur le réseau social X :
Évry-Courcouronnes, ville-centre du département avec environ 66 700 habitants selon l’INSEE, est directement concernée, au même titre que l’ensemble des communes essonniennes.
Une mesure reconduite mois après mois
L’arrêté de juin n’est pas isolé. Un premier texte de même nature a été pris le 30 avril 2026, couvrant la période du 1er au 31 mai, comme l’avait annoncé la préfecture sur X. La pratique des arrêtés successifs s’inscrit dans une stratégie de restrictions continues depuis la fin 2025.
En décembre 2025, un arrêté préfectoral avait déjà interdit vente, transport, consommation et abandon sur voie publique jusqu’à fin 2025, en réponse à ce que la préfecture qualifiait alors de « recrudescence inquiétante » et de « banalisation » de l’usage, selon actu.fr. L’outil de l’arrêté préfectoral est ainsi mobilisé de façon répétée pour encadrer des usages à risque sur la voie publique.
Les risques sanitaires documentés
Le protoxyde d’azote, dit « gaz hilarant », est utilisé en médecine et dans l’industrie alimentaire. Son détournement à des fins récréatives expose à des effets graves. La préfecture cite : perte de connaissance, troubles neurologiques, brûlures par le froid du gaz, asphyxie et comportements dangereux susceptibles de troubler l’ordre public ou de provoquer des accidents de la route.
Les données nationales de Santé publique France confirment la tendance. Les signalements d’intoxication transmis aux Centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance et l’addictovigilance (CEIP-A) sont passés de 254 en 2020 à 472 en 2023, soit une hausse de 86 % en trois ans et une progression de 30 % entre 2022 et 2023. Plus de 80 % des cas déclarés font état de troubles neurologiques. Environ 10 % concernent des mineurs.
Contexte dans l’Essonne
Le phénomène est qualifié de « préoccupant » par les autorités locales depuis plusieurs années. En 2025, les forces de l’ordre ont découvert ou saisi plus d’une centaine de bonbonnes sur le territoire essonien, selon la préfecture et le site actu.fr : 15 bonbonnes de 30 kg à Brunoy le 4 juin, 26 bouteilles à Massy le 10 octobre, 60 bouteilles à Longjumeau le 10 décembre.
Face à cette situation, le maire de Massy, Nicolas Samsoen, avait adressé un courrier à la préfète en décembre 2025 pour réclamer un arrêté, évoquant la prolifération de cartouches et bonbonnes abandonnées et les risques pour les agents de collecte des déchets, d’après actu.fr. La préfecture a répondu par des arrêtés successifs. L’Essonne cumule par ailleurs plusieurs dossiers de sécurité publique actifs en ce début juin 2026. À Évry-Courcouronnes, d’autres incidents de voie publique ont récemment mobilisé les autorités, comme l’activation accidentelle d’une grenade lacrymogène au commissariat ou l’enlèvement d’un enfant de deux ans retrouvé sur l’A6.
Application et contrôles
L’arrêté est applicable dès le 1er juin. Les forces de l’ordre sont chargées des contrôles. La préfecture n’a pas précisé les sanctions encourues dans sa communication publique, mais le cadre légal national - la loi du 1er juin 2021 interdisant la vente de protoxyde d’azote aux mineurs et encadrant son usage - s’applique en complément des restrictions préfectorales.
La durée de l’arrêté expirant le 30 juin, une éventuelle reconduction pour juillet dépendra de l’évaluation faite par la préfecture en fin de mois.
Sources
- Préfecture de l'Essonne (@Prefet91) : Arrêté préfectoral – interdiction protoxyde d'azote juin 2026
- mesinfos.fr : Protoxyde d'azote : interdiction de la consommation en Essonne
- actu.fr : Un phénomène préoccupant en Essonne : l'État durcit les règles contre l'usage détourné du protoxyde d'azote
- Santé publique France : Protoxyde d'azote : des cas d'intoxication toujours en augmentation