Europe assouplit les règles sur la dermatose nodulaire : un espoir pour les éleveurs du Tarn

La Commission européenne adapte ses protocoles pour les bovins vaccinés, levant des blocages économiques pour les exploitations tarnaises.

Europe assouplit les règles sur la dermatose nodulaire : un espoir pour les éleveurs du Tarn
Illustration Virginie Cazenave / info.fr

La visite du commissaire européen Olivér Várhelyi dans le Tarn le 23 avril 2026 marque un tournant pour les éleveurs locaux. Après des mois de restrictions, Bruxelles assouplit les règles sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), permettant aux animaux vaccinés de circuler plus librement. Une décision saluée par la filière bovine, asphyxiée par les pertes économiques.

La Commission européenne a annoncé le 23 avril 2026 un assouplissement des règles encadrant la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie du bétail sans danger pour l’homme mais aux conséquences économiques lourdes. Cette décision, prise après une visite du commissaire à la Santé Olivér Várhelyi dans une exploitation de Viviers-les-Montagnes (Tarn), vise à adapter les protocoles aux réalités des élevages vaccinés.

Des restrictions devenues insoutenables

Détectée pour la première fois en France en juin 2025 en Savoie, la DNC s’est étendue à l’Occitanie, avec 113 foyers recensés fin 2025. Le Tarn, passé en zone vaccinale type II en février 2026 après l’absence de nouveaux cas, a subi des blocages d’exportations et de mouvements d’animaux, malgré l’immunisation de plus de 3 000 bovins dès décembre 2025. Selon une étude sénatoriale, ces restrictions ont coûté entre 5 et 10 milliards d’euros à la filière bovine française.

Un fonds d’urgence de 22 millions d’euros, dont 7,64 millions pour l’Occitanie, a été débloqué en février 2026 pour indemniser les éleveurs, avec une aide plafonnée à 9 000 euros par exploitation. « Les animaux vaccinés en prévention ne devraient pas être pénalisés comme ceux des zones infectées », avait plaidé le préfet du Tarn, Simon Bertoux, lors d’une réunion avec les professionnels.

Une décision européenne attendue

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La mise à jour des règles européennes, publiée le 22 avril, ouvre la voie à des protocoles plus flexibles pour les bovins vaccinés. Olivér Várhelyi a salué « l’approche française de vigilance », évoquant des alternatives à l’abattage total et un assouplissement des transports vers l’Italie, un débouché clé pour les éleveurs tarnais. L’eurodéputée Céline Imart a qualifié ces discussions de « porteuses d’espoir » pour la viabilité des exploitations locales.

La campagne de vaccination 2026, lancée le 9 avril, vise à prévenir une résurgence estivale, période d’activité des insectes vecteurs. Les prochaines étapes incluent une reprise progressive des échanges sous conditions, avec une possible relance des exportations d’ici l’été. Un foyer détecté en Sardaigne le 14 avril rappelle cependant la persistance de la menace.

Pour Christine et Charles Delpas, dont l’exploitation a servi de modèle pour le protocole vaccinal, cette décision européenne arrive après des mois de tensions. « On a joué le jeu de la prévention, mais les règles nous asphyxiaient », confie Charles Delpas à La Dépêche. La filière bovine tarnaise, qui représente près de 1 200 exploitations, espère désormais tourner la page.

Un précédent avait marqué les esprits : en 2025, une vache vaccinée avait été contaminée, soulevant des questions sur l’efficacité des mesures. La campagne 2026 mise sur un renforcement des contrôles pour éviter toute rechute.

Et maintenant ?

Les éleveurs du Tarn attendent désormais les décrets d’application des nouvelles règles européennes, avec une première échéance fixée à juin 2026 pour la reprise des mouvements vers les zones indemnes. La préfecture du Tarn a annoncé une réunion d’information le 5 mai pour détailler les modalités pratiques.

Sources

Virginie Cazenave

Virginie Cazenave

Basée à Albi, elle traite le tourisme patrimonial, les tensions sur la viticulture gaillacoise, l'agriculture et les débats sur les services publics. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en radio. Méthode : interroger les conservateurs, les viticulteurs, les élus, croiser les données de fréquentation avant de publier.

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