Sept en fuite après une évasion par trappe au CRA de Vincennes
Dix retenus ont franchi une trappe de désenfumage dans la nuit du 26 au 27 avril. Trois ont été repris, sept restent introuvables.
Dans la nuit du 26 au 27 avril 2026, dix personnes ont quitté sans autorisation le Centre de Rétention Administrative de Vincennes, dans le bois de Vincennes (12e arrondissement de Paris). Trois ont été interpellées peu après. Une enquête de flagrance est ouverte.
Vers 1h du matin, dix retenus ont emprunté une trappe de désenfumage pour s’extraire du CRA de Vincennes, selon Le Parisien et Le Figaro. Les caméras de surveillance ont permis de localiser trois d’entre eux dans la cour adjacente, celle de l’école de police. Placés en garde à vue, ils sont mis en cause pour tentative de soustraction à la rétention, évasion et dégradations. Les sept autres demeurent introuvables à ce stade.
Aucun des dix évadés n’est fiché S, comme l’a précisé le journaliste Amaury Brelet sur X.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête de flagrance. Les circonstances exactes - nombre d’individus impliqués dans la préparation, état de la trappe - n’ont pas encore été précisées par les autorités.
Un site marqué par des évasions répétées
Le CRA de Vincennes, situé avenue de l’École de Joinville et géré par la police nationale, a été inauguré en 2010 avec une capacité de 235 places pour hommes en attente d’expulsion, selon le Global Detention Project. L’histoire du site est jalonnée d’incidents similaires. En juin 2008, 50 retenus s’étaient échappés à la faveur d’un incendie. En novembre 2012, sept personnes avaient forcé une porte arrière. En décembre 2023, 11 individus avaient fracturé une fenêtre et coupé un grillage - épisode suivi d’un renforcement sécuritaire avec davantage de policiers et de caméras, selon Le Figaro. En juin 2024, 14 étrangers étaient sortis par la porte principale, une voiture les attendant à l’extérieur.
Ces évasions s’inscrivent dans un contexte de surveillance institutionnelle régulière. En 2019, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) avait relevé une traçabilité lacunaire des incidents, notant 40 fugues en 2018 contre 7 en 2019. Le centre a fait l’objet de visites du CGLPL en 2011, 2017 et 2019, chacune soulignant des problèmes de gestion des risques.
Sécurité en question
Le passage par la trappe de désenfumage interroge sur l’état des installations après les travaux annoncés fin 2023. La question des conditions de détention dans les centres fermés revient régulièrement dans le débat public, portée par des associations et des rapports officiels. Le CGLPL pointe depuis plusieurs années des conditions jugées indignes dans cet établissement.
Le CRA de Vincennes n’est pas le seul site concerné par des failles de sécurité. Des évasions ont également été signalées dans d’autres structures sécurisées franciliennes ces derniers mois. Par ailleurs, à Villepinte, un détenu avait été extrait par de faux policiers, soulevant d’autres questions sur la sécurité périmétrique des lieux de rétention.
La préfecture de police n’avait pas communiqué de bilan actualisé au moment de la publication de cet article. Les recherches pour retrouver les sept personnes en fuite sont en cours.
Prochaine étape : l’enquête de flagrance ouverte par le parquet de Paris devra établir les responsabilités et déterminer si la trappe présentait une faille connue. Aucune date d’audience ou de point presse n’a été annoncée à ce stade.
Sources
- Le Parisien : Paris : sept personnes s'échappent du centre de rétention de Vincennes dans la nuit
- Le Figaro : Sept migrants s'évadent du Centre de rétention administrative de Vincennes
- Actu.fr : Évasion massive au CRA du bois de Vincennes à Paris
- CGLPL : Rapport de la troisième visite du CRA de Vincennes