Féminicide à Carrières-sur-Seine : 25 ans de réclusion pour le meurtre de Clara

La cour d'assises des Yvelines a condamné Raphaël Carvalho le 13 mai 2026 pour avoir tué sa compagne de 18 ans en août 2022.

Féminicide à Carrières-sur-Seine : 25 ans de réclusion pour le meurtre de Clara
Illustration Philippe Dubois / info.fr

Raphaël Carvalho, 20 ans au moment des faits, a été condamné le 13 mai 2026 à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa compagne Clara, 18 ans, à Carrières-sur-Seine. La cour d'assises des Yvelines a assorti la peine de 15 ans de sûreté et d'un suivi socio-judiciaire de 5 ans.

Raphaël Carvalho, 20 ans au moment des faits, a été condamné le 13 mai 2026 à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa compagne Clara, 18 ans, à Carrières-sur-Seine. La cour d’assises des Yvelines a assorti la peine de 15 ans de sûreté et d’un suivi socio-judiciaire de 5 ans.

L’essentiel

  • Verdict : 25 ans de réclusion criminelle dont 15 ans de sûreté, prononcés le 13 mai 2026 par la cour d’assises des Yvelines à Versailles.
  • Les faits : meurtre de Clara, 18 ans, le 21 août 2022 à Carrières-sur-Seine - 9 coups de couteau dont 3 en zones vitales, coups de poing, morsures, étranglements et suffocations.
  • Relation : le couple était ensemble depuis deux mois et demi au moment du drame.
  • Alerte : une voisine a prévenu la police vers 3h du matin après avoir entendu des cris.
  • Suivi : 5 ans de suivi socio-judiciaire imposés en complément de la peine de prison.

Une nuit d’août 2022 à Carrières-sur-Seine

Dans la nuit du 20 au 21 août 2022, une voisine alerte la police vers 3h du matin. Elle a entendu des cris provenant d’un appartement de Carrières-sur-Seine. À l’arrivée des forces de l’ordre, Raphaël Carvalho déclare avoir « fait une connerie », selon 20 Minutes. Clara, 18 ans, est morte.

L’autopsie révèle un acharnement. Neuf coups de couteau, dont trois portés dans des zones vitales. Des coups de poing. Des morsures. Des tentatives d’étranglement et de suffocation. Le tout sur une jeune femme qui était, selon Le Parisien, suppliée lors de l’agression : « Je t’en prie, ne me tue pas. »

Le couple s’était formé deux mois et demi plus tôt. L’ordonnance de mise en accusation pointe une consommation élevée d’alcool de la part de Carvalho et une jalousie maladive, selon Le Figaro.

Trois jours d’audience à Versailles

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Le procès s’est tenu du 11 au 13 mai 2026 devant la cour d’assises des Yvelines, à Versailles. Raphaël Carvalho, aujourd’hui âgé de 24 ans, a reconnu les violences à la barre. Il a cependant nié avoir voulu donner la mort, selon BFMTV qui avait suivi l’ouverture du procès.

La cour n’a pas retenu cet argument. Le verdict, rendu le 13 mai 2026, est de 25 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté fixée à 15 ans - soit la durée minimale incompressible avant toute possibilité d’aménagement de peine. Un suivi socio-judiciaire de 5 ans est imposé à l’issue de la détention, comme le rapportent Le Monde et 20 Minutes.

L’enquête depuis 2022 : quatre ans entre les faits et le procès

Entre le meurtre d’août 2022 et le procès de mai 2026, près de quatre ans se sont écoulés. Le délai correspond au traitement judiciaire habituel des affaires criminelles en France : instruction, mise en examen, renvoi en assises. Les étapes de l’instruction n’ont pas été détaillées publiquement par les parties.

L’arrestation avait été immédiate : Carvalho était sur place à l’arrivée de la police. Son aveu partiel - « j’ai fait une connerie » - avait orienté rapidement l’enquête. La qualification de meurtre, plutôt que de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, a été maintenue jusqu’au verdict, la cour estimant que l’acharnement caractérisait l’intention homicide. Pour des affaires similaires en matière de violences conjugales dans les Yvelines, la mobilisation policière reste un enjeu constant.

Contexte dans les Yvelines

Ce verdict s’inscrit dans une série judiciaire récente dans le département. En 2021, Jean Jaubert avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ex-femme dans les Yvelines, selon Ouest-France. En 2025, Christophe V. avait comparu aux assises de Versailles pour le meurtre par 34 coups de couteau de son ex-compagne Magali B. à Vélizy-Villacoublay, selon France 3 Île-de-France - une affaire à source unique.

Les Yvelines, département de 1,4 million d’habitants, voient donc revenir régulièrement devant ses assises des dossiers de violences conjugales mortelles. En Île-de-France, ces affaires mobilisent également les parquets voisins. La peine prononcée contre Carvalho - 25 ans, inférieure aux 30 ans de Jaubert - reflète les différences de profil entre les deux affaires : âge de l’accusé, absence de préméditation établie, reconnaissance partielle des faits.

Les chiffres nationaux des féminicides

En 2022, année du meurtre de Clara, l’association #NousToutes avait recensé 147 féminicides en France. En 2024, le ministère de l’Intérieur dénombre 107 féminicides conjugaux, en hausse de 11 % par rapport à 96 en 2023. Les données officielles sont disponibles sur le portail gouvernemental Arrêtons les violences.

La tendance illustre une réalité persistante malgré les plans d’action successifs. Des textes législatifs récents tentent d’y répondre : la loi Yanis, adoptée en 2026, prévoit notamment que les victimes de violences sexuelles soient informées avant la libération de leur agresseur. Des peines comparables ont aussi été rendues ailleurs : à Mulhouse, quatre ans ferme ont été prononcés pour violences et viols sur une ex-compagne.

Un suivi socio-judiciaire au cœur du dispositif

Au-delà de la peine principale, le suivi socio-judiciaire de 5 ans imposé à Raphaël Carvalho est une mesure de contrôle post-carcéral. Il peut inclure une obligation de soins, des pointages réguliers et des restrictions géographiques ou relationnelles. Son non-respect est passible d’une peine complémentaire.

Carvalho aura 44 ans à l’issue de la période de sûreté de 15 ans, avant toute possibilité d’examen de sa situation par un juge d’application des peines.

La famille de Clara n’a pas fait de déclaration publique à l’issue du verdict. Le parquet n’a pas indiqué s’il envisageait un pourvoi en cassation.

Sources

Philippe Dubois

Philippe Dubois

Philippe est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Yvelines (78), avec Versailles pour chef-lieu. Spécialité du département : Saclay (1er cluster recherche français) et Versailles. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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