Fermeture du site Boehringer Ingelheim à Lentilly : 127 emplois menacés près de Lyon

Le géant pharmaceutique allemand annonce la fermeture progressive de son site rhônalpin d'ici 2030-2033, dans un contexte de restructurations répétées.

Fermeture du site Boehringer Ingelheim à Lentilly : 127 emplois menacés près de Lyon
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Boehringer Ingelheim a annoncé ce 25 avril 2026 la fermeture de son site de Lentilly (Rhône), spécialisé dans la santé animale. Cette décision, qui s'étalera jusqu'en 2030-2033, menace 127 emplois. Le groupe justifie ce plan par un recentrage industriel vers Saint-Priest et une concurrence mondiale accrue.

127 emplois en danger à Lentilly

Le groupe pharmaceutique allemand Boehringer Ingelheim a annoncé ce vendredi 25 avril 2026 la fermeture progressive de son site de Lentilly, près de Lyon. Selon Le Progrès, cette décision, qui s’étalera jusqu’en 2030-2033, menace 127 emplois. Le site, spécialisé dans la mise sous forme pharmaceutique, le conditionnement et le stockage pour la santé animale, emploie actuellement une centaine de salariés.

D’après Lyon Capitale, 95 % des postes impactés pourraient être transférés vers le site de Saint-Priest, qui compte 600 employés, ou délocalisés en Europe de l’Est, notamment pour le remplissage de flacons. Le plan vise à renforcer la compétitivité du réseau industriel en recentrant Saint-Priest sur la production d’antigènes vétérinaires.

Une restructuration dans un contexte de croissance

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Boehringer Ingelheim, présent en France depuis 1967, emploie plus de 1 500 personnes dans la région lyonnaise. Malgré une croissance de 7,3 % de son chiffre d’affaires en 2025, atteignant 27,8 milliards d’euros, le groupe justifie ces suppressions par une concurrence mondiale accrue dans le secteur de la santé animale. Les restructurations industrielles se multiplient depuis le rachat des activités de Sanofi Animal Health en 2017.

En décembre 2025, un plan social avait déjà supprimé 149 postes et modifié 58 contrats dans les sites rhônalpins. Les salariés avaient alors dénoncé un rythme soutenu de restructurations, avec « pratiquement un plan social par an », selon Le Progrès. En février 2021, plus de 70 salariés de Lentilly avaient fait grève contre un projet de transfert d’activités vers Saint-Priest, menaçant une vingtaine d’emplois.

Un réseau industriel en recomposition

La réorganisation industrielle de Boehringer Ingelheim inclut des investissements massifs pour créer des sites de référence compétitifs et durables à Lyon et Toulouse d’ici 2030. Le groupe prévoit de relocaliser certaines activités, mais aucune date précise de consultation ou d’audience n’a encore été annoncée. Les enjeux industriels régionaux restent au cœur des préoccupations locales.

Le site de Lentilly, qui a connu plusieurs mouvements sociaux ces dernières années, symbolise les tensions récurrentes entre compétitivité économique et préservation de l’emploi. Les salariés et syndicats n’ont pas encore réagi officiellement à cette annonce.

Contexte

Boehringer Ingelheim a déjà mené plusieurs plans sociaux en France depuis 2019, avec des suppressions de postes en 2020, 2022 et 2025. En 2025, le groupe avait justifié ces mesures par la nécessité de s’adapter à une pression accrue sur les prix dans le secteur de la santé animale, comme le rapportait La Tribune.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Basée à Lyon, elle traite la métropole, les tensions sur les transports, la chimie et les débats sur la piétonnisation. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en presse écrite. Méthode rigoureuse : interroger les élus écologistes, les syndicats, les commerçants, vérifier les budgets du SYTRAL avant de publier.

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