Fontainebleau : deux ouvriers mis en examen pour l’incendie de la forêt
Une étincelle de disqueuse sur l'A6 à l'origine du feu qui a ravagé 2 200 hectares. Les deux hommes placés sous contrôle judiciaire.
Deux ouvriers d'une entreprise de travaux routiers ont été mis en examen le 16 juillet pour destruction involontaire par incendie. L'enquête privilégie la thèse d'une étincelle de disqueuse thermique lors de travaux sur l'A6 à Noisy-sur-École, déclenchant le premier foyer du 12 juillet. Le sinistre a dévasté plus de 2 000 hectares de forêt classée UNESCO.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Deux ouvriers de la société Aximum mis en examen le 16 juillet 2026 pour destruction involontaire par incendie, placés sous contrôle judiciaire
- Origine probable étincelle d'une disqueuse thermique lors de travaux sur l'A6 à Noisy-sur-École le 12 juillet 2026
- Entre 2 000 et 2 200 hectares de forêt classée UNESCO ravagés, près de 1 000 pompiers mobilisés
- Le gérant d'Aximum placé témoin assisté deux autres jeunes mis en examen pour des foyers volontaires distincts
- La France connaît ses pires incendies depuis 1945 plus de 11 000 feux et 35 000 hectares touchés à la mi-juillet 2026
Deux ouvriers de la société Aximum ont été mis en examen le 16 juillet 2026 pour destruction involontaire par incendie d’un bien appartenant à autrui, selon la procureure de Fontainebleau Diane Ngomsik. Les deux hommes, placés sous contrôle judiciaire, sont soupçonnés d’être à l’origine du premier incendie qui a ravagé la forêt de Fontainebleau à partir du 12 juillet.
L’origine probable du sinistre a été identifiée : une étincelle provenant d’une disqueuse thermique utilisée lors de travaux de réparation de glissières de sécurité sur l’autoroute A6, à hauteur de Noisy-sur-École. Le foyer initial s’est déclaré en bordure immédiate de l’autoroute ce dimanche 12 juillet, avant de se propager rapidement dans le massif forestier.
Ce qui s’est passé le 12 juillet
Le premier incendie s’est déclaré le dimanche 12 juillet 2026 en bordure de l’A6, selon les services de secours. Les deux ouvriers effectuaient des travaux de maintenance routière lorsque l’outil thermique qu’ils utilisaient aurait projeté des étincelles vers la végétation sèche en contrebas de la voie. Les conditions météorologiques - chaleur et vent - ont favorisé la propagation rapide du feu vers l’intérieur du massif.
Le gérant de la société Aximum a été placé sous le statut de témoin assisté dans l’affaire. Cette qualification juridique permet à la justice d’interroger une personne sur des faits susceptibles d’impliquer sa responsabilité, sans la mettre formellement en accusation.
Un bilan de 2 200 hectares brûlés
L’incendie principal a ravagé entre 2 000 et 2 200 hectares de la forêt de Fontainebleau avant d’être fixé le 14 juillet, selon les points de situation publiés par la préfecture de Seine-et-Marne. Environ 850 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour lutter contre le sinistre, appuyés par des avions bombardiers d’eau de type Dash et Canadair.
La forêt de Fontainebleau, classée réserve de biosphère par l’UNESCO depuis 1998, est un site prisé des randonneurs et grimpeurs. Elle s’étend sur environ 25 000 hectares, dont près de 9 % ont été touchés par les flammes. Le massif abrite une biodiversité remarquable et des écosystèmes forestiers d’intérêt européen.
Deux autres foyers d’origine criminelle
Parallèlement à l’incendie principal, deux jeunes hommes ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour avoir déclenché volontairement deux autres foyers distincts le 15 juillet 2026. L’un d’eux, un pompier volontaire de 18 ans, est poursuivi pour destruction volontaire par incendie.
Ces deux départs de feu secondaires ont compliqué le travail des secours déjà mobilisés sur le foyer principal. Les motivations des deux suspects n’ont pas été précisées par la procureure.
La visite présidentielle du 16 juillet
Le président Emmanuel Macron s’est rendu sur place le 16 juillet pour saluer les équipes de secours et constater l’ampleur des dégâts. Il a annoncé la mise en place d’un guichet unique de collecte de fonds pour la restauration de la forêt, sans préciser le montant de l’enveloppe allouée.
Lors de son déplacement, le chef de l’État a souligné l’engagement des 1 000 pompiers mobilisés et des renforts venus de plusieurs départements français. Il a également évoqué la nécessité de tirer les enseignements de cette catastrophe pour renforcer la prévention.
Contexte dans la Seine-et-Marne
La forêt de Fontainebleau constitue le principal massif forestier du département de Seine-et-Marne. Avec ses 25 000 hectares, elle représente un poumon vert majeur à moins de 70 kilomètres au sud de Paris. Le site accueille chaque année plusieurs millions de visiteurs, notamment pour l’escalade sur ses blocs de grès réputés mondialement.
Le département de Seine-et-Marne compte 1,4 million d’habitants selon les données INSEE les plus récentes. La forêt domaniale de Fontainebleau relève de la gestion de l’Office national des forêts. Son classement UNESCO depuis 1998 reconnaît son rôle écologique et son patrimoine naturel exceptionnel.
La commune de Fontainebleau, qui donne son nom au massif, compte environ 15 000 habitants. Elle est connue pour son château, ancienne résidence des souverains français. Le territoire forestier s’étend sur plusieurs communes limitrophes, dont Noisy-sur-École où le premier foyer s’est déclaré.
Un été noir pour les forêts françaises
L’incendie de Fontainebleau s’inscrit dans un contexte national exceptionnellement difficile. La France fait face à une situation économique et climatique inédite : le pays a connu les pires incendies depuis 1945, avec plus de 11 000 feux recensés et 35 000 hectares touchés à la mi-juillet 2026, selon les autorités.
Cette situation critique s’explique par des conditions météorologiques exceptionnelles - sécheresse prolongée, températures élevées et vent - qui ont favorisé le déclenchement et la propagation rapide des feux. Les massifs du sud de la France, habituellement les plus exposés, ne sont plus les seuls concernés : l’Île-de-France et les régions du centre du pays sont désormais touchées.
Les suites judiciaires de l’affaire
Les deux ouvriers mis en examen encourent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour destruction involontaire par incendie d’un bien appartenant à autrui, avec circonstance aggravante de manquement à une obligation de sécurité ou de prudence.
L’enquête devra déterminer si les consignes de sécurité liées à l’usage d’outils thermiques en période de risque d’incendie ont été respectées. Le contrôle judiciaire imposé aux deux hommes leur interdit notamment de quitter le territoire et les oblige à se présenter régulièrement aux services de police.
La société Aximum pourrait également voir sa responsabilité engagée si des manquements dans l’organisation du chantier ou dans la formation des employés sont établis. Le statut de témoin assisté du gérant permet à la justice d’explorer cette piste sans préjuger de l’issue de l’instruction.
Parallèlement à l’enquête judiciaire, une expertise technique sera menée pour établir précisément l’enchaînement des faits et identifier d’éventuelles négligences dans la préparation ou la conduite du chantier. Les résultats de cette expertise seront déterminants pour les suites de la procédure.
Prochaine étape : la restauration du massif
Le guichet unique annoncé par le président Macron doit permettre de centraliser les dons en vue de la restauration du massif forestier. L’Office national des forêts et les associations de protection de l’environnement seront associés à la définition du plan de réhabilitation. Les premières opérations de sécurisation et de reboisement devraient débuter à l’automne 2026, selon les services préfectoraux.
