Fort-de-France : la police intensifie ses opérations dans les quartiers sensibles
Deux à trois fois par semaine, des dizaines de policiers quadrillent Fort-de-France et Lamentin dans un contexte de 14 homicides depuis janvier 2026.
La police nationale multiplie les opérations anti-délinquance dans les quartiers sensibles de Fort-de-France et du Lamentin, à raison de deux à trois interventions hebdomadaires. Ces contrôles ciblent armes illégales et stupéfiants, dans un contexte de forte recrudescence des homicides par arme à feu en Martinique.
L’essentiel
- Fréquence : 2 à 3 opérations anti-délinquance par semaine dans les quartiers sensibles de Fort-de-France et du Lamentin
- Terrain : une vingtaine de policiers (BAC, compagnie d’intervention, brigade de sécurité du quotidien) engagés lors de l’opération du 9 juin 2026, dont au quartier TSF
- Bilan 2026 : 14 homicides en Martinique depuis janvier, dont 13 commis par arme à feu
- Saisies : 93 armes à feu illégales confisquées depuis le début de l’année (294 en 2025)
- Engagement officiel : le préfet Étienne Desplanques et le procureur ont annoncé la poursuite et l’amplification des contrôles
Quadrillage hebdomadaire des quartiers
Deux à trois fois par semaine, la police nationale déploie des effectifs dans les quartiers dits sensibles de Fort-de-France et du Lamentin. L’objectif affiché : interpeller les porteurs d’armes illégales et démanteler les points de trafic de stupéfiants. Selon RCI Martinique, qui a accompagné l’une de ces opérations le mardi 9 juin 2026, une vingtaine de policiers étaient mobilisés, appuyés par des motards de la brigade anticriminalité (BAC).
Plusieurs unités agissent conjointement : la BAC, la compagnie d’intervention et la brigade de sécurité du quotidien. Le quartier TSF, à Fort-de-France, figurait parmi les secteurs visités ce jour-là. Les policiers y ont procédé à des contrôles d’identité et fouillé des véhicules à la recherche d’armes et de drogues.
14 homicides depuis janvier, 13 par balle
Ces opérations s’inscrivent dans un contexte de violences particulièrement meurtrières. Depuis le 1er janvier 2026, la Martinique a enregistré 14 homicides, dont 13 commis par arme à feu, selon les données de la préfecture de Martinique. La fin du mois de mai a été marquée par plusieurs fusillades successives, qui ont conduit les autorités à hausser le niveau de réponse.
Le préfet Étienne Desplanques et le procureur de la République ont annoncé conjointement que les opérations de contrôle pour saisir des armes illégales « seront poursuivies et amplifiées ». Cette déclaration fait suite aux événements de fin mai 2026. La lutte contre les armes à feu illégales en Martinique est désormais présentée comme la priorité numéro un de l’État dans le département.
93 armes saisies en six mois
Depuis le début de l’année, 93 armes à feu illégales ont été saisies en Martinique, selon le communiqué officiel de la préfecture. En 2025, ce chiffre atteignait 294 sur l’ensemble de l’année. Le rythme actuel reste donc inférieur à celui de 2025, même si les autorités soulignent l’intensification récente des opérations.
Les interceptions en mer jouent également un rôle. Depuis février 2025, 56 débarquements clandestins ont été interceptés sur le trait de côte, dont 16 depuis le début de l’année 2026. Ces opérations ont permis des saisies d’armes et de munitions acheminées par voie maritime. La situation rejoint d’autres problématiques similaires dans les territoires ultramarins : en Guyane, la BAC de Cayenne a interpellé un homme armé, cinquième arme saisie en une semaine dans ce département.
Contexte dans la Martinique (972)
La Martinique, département et région d’outre-mer de 350 000 habitants environ, connaît depuis plusieurs années une montée des violences liées aux trafics de drogue et à la circulation d’armes illégales. Fort-de-France, préfecture et principale commune de l’île avec environ 80 000 habitants, concentre une part significative de ces faits, aux côtés du Lamentin, deuxième ville de l’île.
Un contrat de sécurité intégrée est en vigueur à Fort-de-France depuis 2022. Des mesures de renforcement permanent de la présence policière avaient déjà été prises en 2025, selon la préfecture. Le préfet Desplanques, en poste depuis février 2025, a réaffirmé à plusieurs reprises la lutte contre les armes à feu comme axe central de son mandat. Par ailleurs, quatre passeurs ont récemment été condamnés pour trafic de cocaïne et cannabis à l’aéroport Aimé-Césaire, signe que la pression judiciaire s’exerce sur plusieurs fronts. En Haute-Loire, des dispositifs comparables ont abouti à 29 interdictions de paraître prononcées par le préfet contre le narcotrafic, illustrant une tendance nationale à durcir les réponses administratives.
Prochaine étape
Les opérations de contrôle dans les quartiers sensibles de Fort-de-France et du Lamentin doivent se poursuivre au même rythme, selon l’engagement formulé par la préfecture. Aucun calendrier précis ni bilan chiffré des interpellations récentes n’a été communiqué à ce stade.
Sources
- RCI Martinique : À Fort-de-France, la police multiplie les contrôles dans les quartiers sensibles
- Préfecture de Martinique : La lutte contre les armes à feu, priorité de l'État en Martinique
- info.fr : Armes à feu en Martinique : le Préfet réaffirme la priorité de l'État
- La 1ère Martinique : Violences par armes à feu : l'État met en avant son action
