Fouilles abusives à Bayonne : des supportrices des Girondins portent plainte
Lors du déplacement du 2 mai en National 2, des supportrices bordelaises, dont des mineures, dénoncent des palpations intimes par des CRS et la sécurité privée.
Au stade Jean Dauger le 2 mai 2026, des supportrices des Girondins de Bordeaux ont subi des fouilles corporelles jugées abusives lors du match de National 2 contre l'Aviron Bayonnais. Parmi les victimes figurent des mineures. Environ 20 plaintes ont été déposées depuis.
Au stade Jean Dauger le 2 mai 2026, des supportrices des Girondins de Bordeaux ont subi des fouilles corporelles jugées abusives lors du match de National 2 contre l’Aviron Bayonnais. Parmi les victimes figurent des mineures. Environ 20 plaintes ont été déposées depuis.
L’essentiel
- Date : Match Aviron Bayonnais - Girondins de Bordeaux, 2 mai 2026, stade Jean Dauger, 28e journée de National 2.
- Victimes : Plusieurs supportrices dont au moins deux mineures ont subi des palpations intimes lors des fouilles d’entrée, selon France Info et ICI Gironde.
- 20 plaintes : Environ 20 signalements pour violences sexistes et sexuelles déposés sur la plateforme Her Game Too depuis le soir du match.
- Mis en cause : CRS et sécurité privée de l’Aviron Bayonnais, selon le communiqué des Ultramarines Bordeaux 1987.
- Action collective : Les Ultramarines appellent les victimes à les contacter via justice.ub87@gmail.com.
Ce qui s’est passé au parcage visiteurs
Le 2 mai 2026, les supporters des Girondins se déplacent à Bayonne pour la 28e journée de National 2. Avant d’accéder au parcage visiteurs du stade Jean Dauger, plusieurs supportrices passent des fouilles de sécurité. C’est là que les incidents se produisent.
Selon les témoignages recueillis par France Info et ICI Gironde (Radio France), des agents de sécurité privée de l’Aviron Bayonnais et des CRS ont pratiqué des palpations jugées excessives, incluant des contacts avec les parties intimes. Les Ultramarines Bordeaux 1987 ont confirmé ces faits dans un communiqué publié sur X.
Des témoignages directs, dont une mineure de 15 ans
Sophie, mère de famille et membre des Ultramarines Bordeaux 1987, a témoigné auprès d’ICI Gironde. Sa fille de 15 ans a eu, selon elle, la main d’un policier introduite dans son pantalon, tournant autour de la taille. L’agent aurait également levé son t-shirt et touché sa poitrine. « Ma fille était en larmes », a-t-elle déclaré.
Maëva Lagarde, ambassadrice de l’association Her Game Too, décrit de son côté un agent ayant maintenu ses mains prolongement au niveau de la poitrine, à l’intérieur du soutien-gorge, sans utiliser le bord de la main comme le prévoient les protocoles de fouille. Son témoignage est rapporté par France Info.
Environ 20 plaintes déposées, dont deux par des mineures
Dès le soir du 2 mai, Her Game Too a ouvert un formulaire de signalement en ligne. Selon France Info, environ 20 plaintes pour violences sexistes et sexuelles y avaient été déposées en quelques jours, dont deux émanant de mineures.
L’association Her Game Too, qui recense et accompagne les victimes de violences dans le sport, a appelé toute personne concernée à remplir ce formulaire.
Les Ultramarines Bordeaux 1987 ont de leur côté lancé une démarche de coordination d’action collective. L’association demande aux victimes de les contacter à l’adresse justice.ub87@gmail.com. « Ces actes humiliants et dégradants sont inadmissibles », écrivent-ils dans leur communiqué.
Le club des Girondins de Bordeaux a indiqué, selon ICI Gironde, suivre « de près » la situation et souhaiter une « clarification rapide ». Aucun détail sur d’éventuelles démarches judiciaires du club n’a été communiqué à ce stade.
Un contexte de tensions plus larges lors du déplacement
Les fouilles abusives ne constituent pas le seul incident de la journée. Selon Sud Ouest, des tensions ont éclaté en marge du match, les supporters des Girondins ayant refusé l’emplacement de parcage qui leur était réservé, le jugeant dégradant. Les forces de l’ordre sont intervenues avec des grenades lacrymogènes et de désencerclement. Aucune interpellation n’a été signalée.
Ces incidents ont alimenté un sentiment de traitement discriminatoire parmi les supporters bordelaires, déjà mobilisés autour des violences dans les tribunes du football français.
Contexte dans la Gironde
Les Girondins de Bordeaux évoluent en National 2 depuis leur relégation sportive et administrative. Malgré un statut de quatrième division, le club conserve une base de supporters organisée parmi les plus structurées de France. Les Ultramarines Bordeaux 1987 figurent parmi les associations de supporters les plus anciennes du pays.
En Gironde, le football professionnel reste un marqueur identitaire fort. Le retour du club dans les divisions inférieures a concentré le soutien des ultras sur des déplacements réguliers à travers le territoire national, exposant davantage les supportrices aux dispositifs de sécurité variables selon les stades.
Le phénomène des fouilles abusives n’est pas propre à Bayonne. Selon Onze Mondial et la presse nationale, des cas similaires ont été signalés lors de matchs du Paris Saint-Germain en 2024 et lors du Derby du Nord Lille-Lens en 2025. Ces précédents alimentent depuis plusieurs saisons le travail des associations comme Her Game Too sur la question de la sécurité genrée dans les stades.
La question rejoint plus largement les débats sur l’impact psychologique des violences subies par des mineurs, notamment lorsque les faits surviennent dans un contexte institutionnel.
Cadre légal des fouilles en stade
En France, les fouilles à l’entrée des enceintes sportives sont encadrées par la loi du 21 janvier 1995 sur la sécurité. Les palpations de sécurité doivent être effectuées par une personne du même sexe que la personne fouillée, et se limiter à un passage sur les vêtements, sans introduction dans les sous-vêtements. Si ces règles s’appliquent à la sécurité privée, les CRS relèvent d’un cadre distinct, mais les actes décrits par les témoins - mains à l’intérieur du soutien-gorge ou du pantalon - dépassent les limites légales telles que définies. Les autorités policières de Bayonne n’avaient pas répondu aux demandes de commentaire des médias au moment de la publication des articles.
La police nationale et la préfecture des Pyrénées-Atlantiques n’ont pas communiqué publiquement sur les faits à ce stade. La suite judiciaire dépendra des plaintes formelles déposées auprès des parquets compétents, au-delà des signalements en ligne sur Her Game Too.
Sources
- France Info : Des palpations exagérées jusqu'aux parties intimes : des supportrices girondines dénoncent des fouilles abusives lors d'un match de N2 à Bayonne
- ICI Gironde – Radio France : "Ma fille était en larmes", des supportrices des Girondins dénoncent des fouilles abusives lors du match à Bayonne
- Sud Ouest : Girondins de Bordeaux. Violences, grenades... Que s'est-il passé en marge du match samedi à Bayonne ?
- Girondins4Ever : Les Ultramarines dénoncent des palpations "exagérées" lors de Bayonne-Bordeaux