France Galop : budget 2026 en chute libre, 26,2 millions de déficit
Malgré 16,5 millions d'économies et 40 suppressions de postes, l'institution des courses de galop prévoit un déficit record
France Galop présente un budget 2026 de 725 millions d'euros, contre 802 millions en 2025. Malgré 16,5 millions d'économies, l'institution prévoit une perte nette de 26,2 millions d'euros.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Budget 2026 de France Galop fixé à 725 millions d'euros, contre 802 millions en 2025.
- Perte nette prévue de 26,2 millions d'euros malgré 16,5 millions d'économies.
- 40 postes supprimés dans le cadre d'un plan de départs volontaires, 5 millions d'économies.
- Allocations de courses réduites de 20,3 millions d'euros en 2026, après un record de 293 millions en 2024.
- PMU en difficulté recul de 4 % du chiffre d'affaires sur les premiers mois de 2025, 35 millions de manque à gagner.
Le jeudi 16 juillet 2026 - France Galop a présenté son budget à son Comité. Un budget de 725 millions d’euros - contre 802 millions en 2025. Et malgré 16,5 millions d’économies intégrées - l’institution prévoit une perte nette de 26,2 millions d’euros.
La salle du 46 place Abel Gance, à Boulogne-Billancourt, siège de l’association, a entendu Guillaume de Saint-Seine - détailler la contraction. Pas un silence résigné. Un constat clinique. Les réserves accumulées depuis 2019, jusqu’à 50 millions d’euros selon une source interne, ne suffiront pas à combler le trou. La projection officielle table sur 26,2 millions.
Les paris hippiques s’effondrent, les courses encaissent
L’origine du problème tient en quatre lettres: PMU. L’opérateur de paris a adopté son budget 2026 à l’unanimité le 30 juin - mais le signal envoyé à France Galop est sans ambiguïté. Sur les premiers mois de 2025, le PMU a enregistré un recul de 4 % de son chiffre d’affaires. Pour France Galop et Le Trot, cela représente un manque à gagner potentiel de 35 millions d’euros. Le PMU finance les courses via un prélèvement sur les paris. Quand les parieurs désertent, les hippodromes trinquent.
Cyrille Giraudat - a reconnu lors d’une réunion du Comité les « erreurs stratégiques passées » qui ont affaibli l’opérateur. Il s’est dit optimiste pour la reprise. Mais les chiffres de 2025 ne plaident pas en sa faveur.
Allocations amputées, effectifs réduits, investissements gelés
Face à l’hémorragie, France Galop a lancé un « plan volontariste de retour à l’équilibre » dès mai 2025. Objectif: retrouver l’équilibre budgétaire en 2029. Pour y parvenir, l’institution a acté en juillet 2025 une réduction des allocations de courses de 20 millions d’euros par an. Une coupe de 20,3 millions est prévue pour 2026 - après 10,5 millions ponctionnés au second semestre 2025.
Les allocations, l’argent versé aux propriétaires et éleveurs de chevaux, ont atteint un record de 293 millions d’euros en 2024. Elles représentent le nerf de la guerre pour la filière. Les réduire, c’est décourager les propriétaires d’inscrire leurs chevaux. Moins de chevaux, moins de courses, moins de paris. Le serpent se mord la queue.
Les économies ne s’arrêtent pas là. Un plan de départs volontaires a été annoncé début novembre 2025. 49 collaborateurs ont déposé un dossier - 40 postes seront supprimés, soit 5 millions d’euros d’économies. Une source évoque une réduction de 10 % de l’effectif - mais ce chiffre semble provenir d’un périmètre ou d’une projection différente des 40 suppressions officiellement confirmées. Les investissements sont également réduits de 3 millions d’euros par an dès 2025 - tout en maintenant des chantiers structurants comme la rénovation d’Auteuil.
D’autres lignes budgétaires sont rabotées: suspension de mesures d’incitation (1 million ), contributions du Fonds Éperon (2 millions ), réductions pour la chaîne Equidia (3,7 millions ), pour l’Afasec (1,4 million ), pour la Fédération Nationale des Courses Hippiques (3,8 millions ). Au total, plus de 30 millions d’euros de charges de fonctionnement en moins - soit une baisse de 7 %. Et 7,1 millions d’efficacités opérationnelles supplémentaires.
Le chemin vers 2029: un équilibre fragile
Le plan de retour à l’équilibre budgétaire en 2029 repose sur plusieurs leviers actionnés simultanément. La réduction des allocations de 20 millions par an - les 40 suppressions de postes - les 7,1 millions d’efficacités opérationnelles - les coupes dans les charges de fonctionnement et la baisse des investissements de 3 millions par an forment le socle de ce plan lancé en mai 2025. Mais ce plan table sur une stabilisation, voire une reprise, du PMU. Si le recul de 4 % observé sur les premiers mois de 2025 se poursuit, l’équilibre de 2029 deviendra une cible mouvante. Les 50 millions de réserves accumulées depuis 2019 permettront d’absorber les chocs immédiats, mais pas indéfiniment. Trois ans de déficit consécutif épuiseront ces réserves. D’ici là, tout repose sur Cyrille Giraudat et sa capacité à redresser le PMU.
Ce que personne ne dit: le précédent de 2018
France Galop a déjà vécu cette situation. En 2018, l’institution avait enregistré un déficit de 20,9 millions d’euros. À l’époque, elle avait serré les boulons, optimisé, attendu. Le PMU avait repris des couleurs. Les courses aussi. Mais ce rebond avait pris des années. Et cette fois, le contexte est différent: la désaffection pour les paris hippiques semble structurelle, pas conjoncturelle. Les jeunes parieurs privilégient les paris sportifs en ligne, les casinos virtuels. Le quinté du dimanche ne fait plus rêver.
En 2025, malgré la volonté de maintenir les allocations, un déficit de 15 millions d’euros était prévu. Il a été dépassé. En 2026, la perte anticipée est de 26,2 millions selon la projection officielle.
Un groupe de travail pour sauver les meubles
Pour piloter la sortie de crise, France Galop a mis en place un groupe de travail composé de Stéphanie Daburon - Olivier Delloye - Patrick Klein, Xavier Papot et Xavier Hurstel. Éric Woerth - et Philippe Germond - ont également pris part aux discussions budgétaires. Leur mission: identifier de nouvelles économies sans tuer l’activité.
Le Fonds Européen de l’Élevage continuera de programmer 1,3 million d’euros de primes pour 2026 - en ciblant des courses spécifiques. Mais ces quelques millions ne changeront pas la donne.
Un modèle à bout de souffle
France Galop organise plusieurs milliers de courses de galop par an et gère de nombreux hippodromes en France. L’institution, créée en 1995, est au cœur d’une filière équine qui représente des dizaines de milliers d’emplois et plusieurs milliards d’euros d’activité économique dans le pays. Mais son financement repose presque entièrement sur les paris. Quand les parieurs disparaissent, tout le système vacille.
Le budget 2026 est un budget de survie, pas de relance. Les 16,5 millions d’économies ne comblent pas la réduction de recettes. Les réserves amortiront le choc. Mais après? France Galop vise 2029 pour retrouver l’équilibre. D’ici là, il faudra que le PMU se redresse. Que les parieurs reviennent. Que la filière tienne. Beaucoup de « il faudra ».
Le parking de Longchamp un dimanche d’hiver. Les tribunes à moitié vides. Les bookmakers qui comptent leurs billets. France Galop vit une crise silencieuse. Pas de grève, pas de manifestation. Juste des chiffres qui baissent, des postes qui sautent, des courses qui rapportent moins. Le galop continue. Mais pour combien de temps encore?
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (8)
« Le PMU a enregistré une baisse d'activité, avec un recul de 4 % du chiffre d'affaires sur les premiers mois de 2025, ce qui représente un manque à gagner potentiel de 35 millions d'euros pour France Galop et Le Trot. »
paris-turf.com ↗ ↩
« Le PMU a enregistré une baisse d'activité, avec un recul de 4 % du chiffre d'affaires sur les premiers mois de 2025, ce qui représente un manque à gagner potentiel de 35 millions d'euros pour France Galop et Le Trot. »
paris-turf.com ↗ ↩
« Cependant, un plan de réduction des allocations de 20 millions d'euros par an a été acté dès juillet 2025, avec une baisse de 7 % des encouragements applicable à partir du second semestre 2025 et une prévision de 20,3 millions d'euros pour l'année pleine 2026. »
france-galop.com ↗ ↩
« France Galop paid a record €293 million in prize money and premiums for owners and breeders in 2024 »
bloodhorse.com ↗ ↩
« Un plan de départs volontaires a également été annoncé début novembre 2025, conduisant au départ de 49 collaborateurs, bien que seuls 40 postes soient supprimés pour permettre de futurs recrutements ciblés. »
leparisien.fr ↗ ↩
« y compris un plan de départs volontaires (environ 40 postes) pour 5 millions d'euros d'économies, et 7,1 millions d'euros d'efficacités opérationnelles. »
france-galop.com ↗ ↩
« Un plan de départs volontaires a également été annoncé début novembre 2025, conduisant au départ de 49 collaborateurs, bien que seuls 40 postes soient supprimés pour permettre de futurs recrutements ciblés. »
leparisien.fr ↗ ↩
« Il a souligné la nécessité d'optimiser les coûts et de viser un équilibre financier d'ici 2029. »
france-galop.com ↗ ↩
Sources
- France Galop To Present 2026 Budget on July 16
- French Racing To Cut Prize Money Beginning July 1
- Conseil d'administration du lundi 22 décembre 2025
- Guillaume Herrnberger (France Galop) : « À la fin de l'année 2026, France Galop perdra 44 millions d'euros »
- Baisse des allocations et de ses charges internes : France Galop réagit
