Free parties : Mathilde Panot (LFI) attaque la répression et défend la jeunesse
La députée du Val-de-Marne dénonce une loi qui prévoit jusqu'à six mois de prison pour les organisateurs de rassemblements non déclarés
Le 4 mai 2026, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale et élue de la 10e circonscription du Val-de-Marne, a publiquement critiqué la politique répressive du gouvernement contre les free parties. Sa prise de position intervient trois jours après une free party illégale géante sur un terrain militaire près de Bourges.
Le 4 mai 2026, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale et élue de la 10e circonscription du Val-de-Marne, a publiquement critiqué la politique répressive du gouvernement contre les free parties. Sa prise de position intervient trois jours après une free party illégale géante sur un terrain militaire près de Bourges.
L’essentiel
- Déclaration : Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne, a déclaré le 4 mai 2026 qu’il est « aberrant que la priorité actuelle des macronistes soit de mettre des DJ en prison ».
- La loi contestée : Adoptée le 9 avril 2026 à l’Assemblée nationale, la proposition de loi prévoit jusqu’à 6 mois de prison et 30 000 € d’amende pour les organisateurs de free parties non déclarées, 1 500 € pour les participants.
- Free party de Bourges : Entre 17 000 et 40 000 personnes ont participé du 1er au 3 mai 2026 à un rassemblement illégal sur un terrain militaire à Cornusse, dans le Cher, avec 12 blessés légers, 32 verbalisations et 4 gardes à vue.
- Réponse de l’État : Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est rendu sur place le 3 mai et a ordonné la verbalisation systématique des participants à la sortie du site.
- Suite législative : Le texte doit être examiné par le Sénat en mai 2026.
« Qu’on laisse la jeunesse tranquille »
Mathilde Panot a posté sa déclaration sur X le 4 mai 2026, ciblant directement la majorité macroniste :
La chaîne Télématin a relayé la formule. La critique vise explicitement la proposition de loi adoptée le 9 avril 2026 par l’Assemblée nationale, portée par la députée Horizons Lætitia Saint-Paul. Ce texte renforce les sanctions contre les rassemblements festifs non déclarés : jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende pour les organisateurs, 1 500 euros pour les simples participants (3 000 euros en récidive), selon Le Monde.
La free party de Bourges : le déclencheur
La prise de position de la députée val-de-marnaise fait directement écho aux événements du week-end du 1er au 3 mai 2026. Une free party illégale s’est tenue sur un terrain militaire à Cornusse, commune du Cher, à une vingtaine de kilomètres de Bourges. L’événement avait été organisé explicitement en protestation contre le nouveau texte législatif, selon France 3 Régions.
Le site présentait des risques concrets : la présence d’explosifs non détonés datant de la Seconde Guerre mondiale. Les démineurs sont intervenus après la découverte d’un obus en bordure du site, rapporte TF1 Info. L’affluence est estimée entre 17 000 et 40 000 personnes selon les sources - les organisateurs avançant le chiffre le plus élevé pour défendre la culture techno libre.
Le bilan communiqué par la préfecture du Cher : 12 blessés légers, 32 verbalisations dont la majorité pour stupéfiants, 26 infractions au code de la route et 4 gardes à vue. Un résultat jugé limité par certains observateurs au regard de la taille de l’événement. Sur place le 3 mai, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a ordonné la verbalisation systématique des participants à leur sortie du site pour participation à un rassemblement illégal sur terrain militaire, selon France 24.
Une loi, un débat entre liberté et sécurité
La proposition de loi, dont l’examen au Sénat est prévu en mai 2026, divise. Ses partisans au sein de la majorité invoquent les nuisances pour les riverains et les risques sécuritaires. Ses opposants, dont LFI, dénoncent une criminalisation d’une pratique culturelle héritée des raves des années 1990.
Ces rassemblements autogérés et gratuits sont nés en réaction aux restrictions imposées au Royaume-Uni dès 1987 sur les clubs et les fêtes nocturnes, et se sont développés en France dans les marges des circuits commerciaux. Les tensions avec les autorités se sont intensifiées depuis les années 2000. Selon des collectifs teknivals cités par Euronews, environ 150 événements illégaux ont été dispersés en 2025 ; ce chiffre serait passé à 200 en 2026 malgré - ou à cause de - l’adoption de la loi.
Du côté de la sécurité publique, la question des produits stupéfiants dans les rassemblements nocturnes fait également l’objet d’une attention croissante des forces de l’ordre sur tout le territoire.
Contexte dans le Val-de-Marne
Mathilde Panot représente la 10e circonscription du Val-de-Marne, qui couvre notamment Créteil, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine. Élue depuis 2017, elle préside le groupe LFI à l’Assemblée nationale depuis 2022. LFI a obtenu 25 % des voix dans le Val-de-Marne aux législatives de 2024, selon les données du mouvement. Le département est l’un des fiefs du parti en Île-de-France.
La position de Panot sur les free parties s’inscrit dans une ligne constante de LFI contre les politiques sécuritaires du gouvernement. Elle fait également écho aux tensions autour des opérations d’ordre public contestées dans plusieurs territoires français en 2026.
Dans le Val-de-Marne, aucun incident lié à une free party n’a été signalé en lien direct avec cette déclaration. La circonscription de Panot n’est pas concernée par les événements du Cher.
La suite au Sénat
Le texte législatif doit maintenant être examiné par le Sénat, vraisemblablement avant la fin du mois de mai 2026. LFI s’est positionnée contre le texte lors de son passage à l’Assemblée. Les défenseurs de la culture techno libre ont annoncé poursuivre leur mobilisation, y compris par de nouveaux rassemblements, pour peser sur les débats sénatoriaux.
Sources
- X / @MathildePanot : Tweet de Mathilde Panot sur les free parties
- France 3 Régions : Très dangereux : une free party illégale rassemble des milliers de personnes sur un terrain militaire
- Le Monde : Free parties : l'Assemblée nationale adopte un arsenal renforcé de sanctions
- TF1 Info : Free party sur terrain militaire : un obus retrouvé en bordure du site près de Bourges