Frontière Monaco : les contrôles renforcés pèsent sur les frontaliers des Alpes-Maritimes

Depuis le 10 avril 2026, la double contrainte de l'EES et des mesures Schengen allonge les temps de passage pour des milliers de travailleurs.

Frontière Monaco : les contrôles renforcés pèsent sur les frontaliers des Alpes-Maritimes
Illustration Laura Martinez / info.fr

Environ 33 000 résidents de PACA, majoritairement des Alpes-Maritimes, travaillent à Monaco. Depuis mi-avril, ils subissent des files d'attente accrues aux postes frontières. Deux dispositifs se cumulent, et la situation pourrait se prolonger au-delà du 30 avril.

Le passage quotidien vers Monaco est devenu plus laborieux pour les travailleurs frontaliers de Roquebrune-Cap-Martin et des communes voisines. Deux mesures se superposent depuis le 10 avril 2026 : l’entrée en vigueur pleine du système européen d’entrée-sortie (EES) et la prolongation des contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen, maintenue par la France jusqu’au 30 avril 2026 pour des raisons sécuritaires, selon le ministère des Affaires étrangères.

Un double dispositif qui ralentit les passages

L’EES, opérationnel depuis le 10 avril aux frontières extérieures Schengen, remplace les tampons manuels par des contrôles biométriques numériques. Officiellement, les résidents et frontaliers français en sont exemptés pour les passages internes, comme le précise le gouvernement monégasque. Mais les contrôles généraux imposés par Paris dans le cadre des mesures Schengen - invoquant les risques terroristes et les flux migratoires irréguliers - persistent et génèrent des ralentissements, notamment aux heures de pointe.

Les files signalées dans les Alpes-Maritimes sont comparables à celles observées aux frontières franco-allemandes en 2025, selon le site spécialisé trans.info. Aucun chiffre précis sur les temps d’attente n’a été communiqué à ce stade par les autorités françaises ou monégasques.

33 000 frontaliers concernés

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Le volume de travailleurs touchés est significatif. Selon l’INSEE, environ 33 000 personnes résidant en PACA travaillaient à Monaco en 2021, soit une hausse de 30 % par rapport à 2010. La grande majorité réside dans les Alpes-Maritimes, Roquebrune-Cap-Martin figurant parmi les communes les plus exposées en raison de sa proximité immédiate avec la Principauté.

La frustration s’exprime localement, sans pour autant déboucher sur une mobilisation collective organisée. La commission locale transfrontalière de coopération franco-monégasque s’était réunie le 15 janvier 2026 pour aborder notamment la fluidité des passages, selon un post du gouvernement monégasque sur Facebook. Les résultats concrets de cette réunion n’ont pas été détaillés publiquement.

Des précédents existent. En mars 2021, des contrôles renforcés avaient déjà été mis en place à la frontière franco-monégasque en solidarité avec les mesures sanitaires dans les Alpes-Maritimes, impactant les mêmes travailleurs, rappelle le site Pages Monaco.

Prochaine étape : mai 2026

La Commission européenne doit évaluer les contrôles Schengen en mai 2026. Cette évaluation pourrait conduire à une levée des mesures - ou à leur prolongation. En attendant, les frontaliers de Roquebrune-Cap-Martin et des communes environnantes devront composer avec la situation actuelle au moins jusqu’à la fin du mois.

Sources

Laura Martinez

Laura Martinez

Correspondante à Nice, elle traite l'urbanisme côtier, la pression touristique, les débats sur la ligne nouvelle PACA et la criminalité dans l'arrière-pays. Diplômée de Sciences Po Aix, elle enquête sur les promoteurs immobiliers, les collectivités et les associations de riverains. Méthode rigoureuse : multiplier les entretiens, recouper les budgets, publier seulement quand le dossier tient.

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