Gers : grève à Mirande, 13 postes d’enseignants menacés dans le primaire

Le 31 mars, 130 manifestants ont défilé à Auch contre des suppressions de postes qui fragilisent les écoles rurales du Gers.

Gers : grève à Mirande, 13 postes d’enseignants menacés dans le primaire
Illustration Hélène Dubos / info.fr

Une intersyndicale gersoise a appelé à la grève le 31 mars 2026 pour protester contre la suppression de 13 postes dans les écoles primaires du département. À Mirande, les trois écoles du secteur sont directement concernées. Parents et enseignants réclament des moyens supplémentaires pour la rentrée prochaine.

Cent trente personnes se sont rassemblées le 31 mars 2026 devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) à Auch. Le mot d’ordre : stopper la suppression de 13 postes d’enseignants prévue pour la rentrée de septembre dans les écoles primaires du Gers, selon La Dépêche du Midi.

Un manque de remplaçants au cœur des tensions

L’intersyndicale gersoise - SE-UNSA, SNUIPP-FSU, CGT-Educ’action et SNUDI-FO - dénonce des conditions de travail dégradées. Le principal grief : l’absence chronique de personnel remplaçant. Quand un enseignant tombe malade, les classes se retrouvent sans solution d’encadrement. « Les enseignants sont en souffrance », résumait un représentant syndical cité par La Dépêche.

À Mirande, les trois écoles primaires de la commune sont concernées par les suppressions annoncées. Le territoire rural du Gers cumule les facteurs aggravants : baisse démographique continue, distances entre établissements, vivier de remplaçants réduit. Selon l’INSEE, la commune comptait déjà peu de marges de manœuvre en termes d’effectifs scolaires.

Une coupe inscrite dans un plan national

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Ces suppressions ne sont pas propres au Gers. À l’échelle nationale, 4 000 postes d’enseignants sont supprimés pour la rentrée 2026, malgré une baisse de 116 800 élèves dans le primaire, selon la DEPP du ministère de l’Éducation. La DSDEN justifie les coupes gersoises par cette évolution démographique.

Les syndicats, eux, rejettent cet argument. « C’est du jamais-vu depuis Sarkozy ! », a déclaré un représentant syndical lors de l’annonce de la grève, selon La Dépêche. Ils rappellent que moins d’élèves ne signifie pas automatiquement moins de besoins, notamment dans les territoires ruraux où la mutualisation des classes atteint ses limites.

Un mouvement qui s’inscrit dans la durée

Ce n’est pas la première fois que les enseignants gersois descendent dans la rue. En mars 2025, 200 personnes avaient manifesté à Auch contre des suppressions similaires, selon Le Journal du Gers. En février 2024, une grève nationale avait fermé la majorité des établissements du département. Cette année, le nombre de suppressions a progressé de 30 % dans le Gers - passant de 10 à 13 postes - , selon le même media.

Pour les familles, la grève pose aussi des questions pratiques. Certains parents ont exprimé leur soutien au mouvement tout en regrettant d’avoir été prévenus tardivement des perturbations.

Prochaine étape : L’intersyndicale gersoise prévoit de poursuivre les actions après le 9 avril, date à laquelle un tract a été distribué pour maintenir la pression en vue de la rentrée de septembre 2026, selon le SE-UNSA.

Sources

Hélène Dubos

Hélène Dubos

Installée à Auch, elle couvre l'agriculture gersoise, le foie gras, les tensions sur l'irrigation et les fermetures de maternités. Diplômée de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en radio régionale. Ligne éditoriale : interroger les éleveurs, les associations de consommateurs, les élus, croiser les chiffres de consommation d'eau avant de conclure.

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