Giorgia Meloni sur une « liste noire » iranienne après la mort de Khamenei
Le quotidien d'État Hamshahri a publié un photomontage montrant la Première ministre italienne en tenue de prisonnière, aux côtés de Trump et Netanyahu, dans un appel à la vengeance.
Le 11 juillet 2026, le journal iranien Hamshahri a diffusé une image plaçant Giorgia Meloni parmi les dirigeants occidentaux visés par Téhéran. Cette menace de représailles fait suite à l'assassinat d'Ali Khamenei en février lors de frappes américano-israéliennes.
L’essentiel
- Publication le 11 juillet 2026 : le quotidien Hamshahri diffuse un photomontage ciblant plusieurs chefs d’État occidentaux
- Giorgia Meloni : la Première ministre italienne figure sur cette « liste noire » aux côtés de Trump, Netanyahu, Macron et Merz
- Contexte : Ali Khamenei a été tué le 28 février 2026 lors de frappes aériennes conjointes des États-Unis et d’Israël à Téhéran
- Succession : son fils Mojtaba Khamenei a été désigné guide suprême le 8 mars 2026 et promet la vengeance
Un photomontage diffusé par un média d’État
Le quotidien iranien Hamshahri, propriété de la mairie de Téhéran, a publié ce 11 juillet une illustration intitulée « La vendetta è inevitabile » (La vengeance est inévitable). L’image montre une dizaine de dirigeants mondiaux en uniforme orange de prisonnier, sur fond noir. En tête de liste figurent Benjamin Netanyahu et Donald Trump, avec une cible rouge dessinée sur leur front.
Giorgia Meloni apparaît sur cette liste aux côtés d’autres dirigeants européens : Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth sont également visés. Selon Sky TG24, cette publication coïncide avec un message du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei appelant à la vengeance de la nation iranienne.
Représailles après l’assassinat de février
Ces menaces s’inscrivent dans le contexte de la mort d’Ali Khamenei, survenue le 28 février 2026 lors de frappes aériennes conjointes des États-Unis et d’Israël à Téhéran, selon Al Jazeera. L’ancien guide suprême dirigeait la République islamique depuis 1989.
Son fils Mojtaba Khamenei a été désigné pour lui succéder le 8 mars 2026, rapporte The Guardian. Depuis sa prise de fonction, il multiplie les déclarations appelant à venger son père. Le message diffusé parallèlement au photomontage de Hamshahri promet explicitement des représailles contre les responsables présumés de l’opération.
La position italienne face aux tensions
L’inclusion de Giorgia Meloni sur cette liste survient trois jours après une déclaration publique de la Première ministre italienne. Le 8 juillet 2026, elle avait réaffirmé le refus catégorique de Rome de participer à toute opération militaire contre l’Iran, selon le média albanais Shqiptarja.
Cette position tranche avec celle d’autres capitales européennes. Alors que l’Italie se distancie publiquement de toute action offensive, Paris et Berlin n’ont pas exclu une coordination avec Washington en cas d’escalade. La présence de Meloni sur le photomontage iranien suggère que Téhéran ne fait pas de distinction entre les membres de l’OTAN, quelle que soit leur posture individuelle.
Trump menace de détruire l’Iran
La réaction américaine n’a pas tardé. Le 10 juillet, Donald Trump a publié un message sur Truth Social affirmant que 1 000 missiles américains détruiraient l’Iran en cas de tentative d’assassinat à son encontre, rapporte Newsweek. Le président américain, en tête de la liste iranienne avec Netanyahu, a qualifié ces menaces de « folie » et promis une riposte massive.
Le photomontage place Trump et Netanyahu sous un viseur rouge, les désignant comme cibles prioritaires. Selon Ynetnews, les deux dirigeants sont considérés par Téhéran comme les principaux responsables de l’opération du 28 février. Les autres personnalités représentées seraient visées pour leur soutien diplomatique ou militaire à cette frappe.
Contexte géopolitique méditerranéen
Pour l’Italie, cette menace iranienne s’ajoute à une séquence diplomatique tendue en Méditerranée orientale. Rome entretient des relations commerciales avec Téhéran, notamment dans le secteur énergétique, tout en restant membre de l’OTAN et allié traditionnel d’Israël.
La présence de Meloni sur la liste iranienne complique cette position d’équilibre. Le gouvernement italien n’a pas encore réagi officiellement à la publication de Hamshahri. Selon Today.it, le ministère des Affaires étrangères examine les implications de cette menace publique pour la sécurité de la Première ministre lors de ses déplacements internationaux.
L’escalade verbale entre Washington et Téhéran place les capitales européennes dans une situation délicate. Alors que l’OTAN discute d’une réponse coordonnée aux menaces iraniennes, l’Italie cherche à maintenir une ligne de désescalade tout en assurant sa sécurité nationale.
Prochaine étape
Les chancelleries occidentales attendent une clarification de la position iranienne. Le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait être saisi dans les prochains jours si ces menaces publiques contre des chefs d’État se confirment par des actions concrètes.