Gironde : 19 hommes mis en examen pour viols collectifs filmés
Six victimes présumées identifiées dans une affaire criminelle qui s'étale de 2011 à 2024. Les faits, filmés, se sont déroulés notamment à Reignac.
Le procureur de la République de Bordeaux a confirmé la mise en examen de 19 hommes pour viols collectifs et actes de torture ou de barbarie. Six victimes présumées, âgées de 45 à 67 ans, ont été identifiées. Les faits se sont déroulés entre 2011 et 2024 en Gironde.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 19 hommes mis en examen pour viols collectifs filmés et actes de torture ou de barbarie, selon le procureur de Bordeaux Renaud Gaudeul.
- Six victimes présumées identifiées, âgées de 45 à 67 ans, dont cinq constituées partie civile.
- Les faits se sont déroulés entre 2011 et 2024, notamment dans une maison à Reignac appelée « L'Eau-Morte ».
- Le principal suspect, Christophe B., 55 ans, technicien sans antécédents, aurait exercé une « stratégie d'emprise » sur les victimes.
- Des dizaines de vidéos découvertes montrent l'absence de consentement et des « hurlements de douleur ».
Le parquet de Bordeaux a confirmé ce mercredi la mise en examen de 19 hommes pour viols collectifs filmés et actes de torture ou de barbarie. Le procureur de la République, Renaud Gaudeul, a annoncé l’identification de six victimes présumées, dont cinq se sont constituées partie civile.
Ce qui s’est passé
Les faits reprochés se sont déroulés sur une période de 13 ans, de 2011 à 2024. Les agressions auraient eu lieu principalement en Gironde, notamment dans une maison appelée « L’Eau-Morte » située à Reignac, ainsi que dans des clubs libertins de la métropole bordelaise et sur la voie publique. Certains faits se sont également produits dans l’Hérault et le Gard, selon les éléments de l’enquête.
Des dizaines de vidéos accablantes ont été découvertes au domicile du principal suspect. Ces enregistrements montrent clairement l’absence de consentement des victimes et des « hurlements de douleur », selon le procureur.
Le profil du principal suspect
Le principal mis en cause, Christophe B., est un technicien de 55 ans sans antécédents judiciaires, d’après son avocat. Il est parfois désigné dans le dossier comme « le Dresseur de chiennes ». Le parquet décrit une « stratégie d’emprise » mise en place par le suspect : séduction initiale, contrôle progressif, humiliations, et usage d’alcool ou de cannabis.
L’enquête révèle un mode opératoire répété sur plusieurs années, ciblant des femmes dans le milieu libertin.
Les victimes identifiées
Six femmes ont été formellement identifiées comme victimes présumées. Elles sont âgées de 45 à 67 ans, selon les informations communiquées par le parquet. Cinq d’entre elles se sont constituées partie civile dans la procédure judiciaire.
L’enquête a débuté en 2023 après la plainte d’une ex-compagne du principal suspect. Quatre autres anciennes partenaires ont ensuite témoigné avoir subi des scènes similaires, ce qui a permis d’élargir les investigations.
Contexte dans la Gironde
Cette affaire criminelle d’une ampleur exceptionnelle marque la Gironde. Le département compte environ 1,6 million d’habitants, avec une métropole bordelaise de plus de 800 000 habitants. La commune de Reignac, où se trouve la maison « L’Eau-Morte », est une petite localité rurale du nord du département, dans le canton de l’Estuaire.
Le parquet de Bordeaux traite régulièrement des affaires de violences sexuelles, mais l’ampleur de ce dossier - 19 mis en examen, six victimes identifiées, 13 ans de faits présumés - en fait un cas exceptionnel pour le ressort judiciaire girondin. L’affaire rappelle par son ampleur celle jugée récemment à Avignon, qui avait également révélé des viols filmés sur une longue période. Cette affaire girondine souligne également les enjeux liés à la protection des victimes de violences sexuelles, sujet sur lequel le législateur travaille actuellement.
L’enquête en cours
Les investigations sont menées sous l’égide de deux juges d’instruction à Bordeaux. Les 19 hommes mis en examen encourent la réclusion criminelle à perpétuité, les chefs d’accusation de viols avec actes de torture et de barbarie étant qualifiés de crimes aggravés.
Le dossier repose sur les témoignages des victimes présumées, les vidéos découvertes au domicile du principal suspect, et les auditions des mis en examen. Les enquêteurs continuent d’analyser les supports numériques saisis pour identifier d’éventuelles autres victimes.
Les chefs d’accusation retenus
Les 19 hommes sont mis en examen pour viols collectifs et actes de torture ou de barbarie. Le qualificatif de « torture » ou de « barbarie » aggrave la qualification pénale des viols. Ces faits sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité selon le code pénal.
Le procureur Renaud Gaudeul a souligné la gravité des actes reprochés et l’absence totale de consentement des victimes présumées, établie par les enregistrements vidéo.
Prochaine étape
L’instruction se poursuit à Bordeaux. Aucune date d’audience n’a été fixée à ce stade. Les juges d’instruction doivent achever l’exploitation des supports numériques et entendre l’ensemble des parties avant de clore le dossier et de le transmettre à la cour d’assises.
