Girondins de Bordeaux : sans les 9 M€, le club joue son va-tout devant la DNCG ce mardi
À 48 heures de l'audition cruciale du 30 juin, les 9 millions d'euros nécessaires à la validation du budget ne sont toujours pas arrivés. Gérard Lopez et Sparta Capital multiplient les réunions de dernière minute.
Les Girondins de Bordeaux passent devant la DNCG ce mardi 30 juin. Sans les 9 millions d'euros attendus, le club risque une rétrogradation administrative. Les négociations avec le fonds Sparta Capital et Bordeaux Métropole s'intensifient.
L’essentiel
- Audition DNCG : les Girondins de Bordeaux sont convoqués ce mardi 30 juin 2026 au matin devant la commission de contrôle financier.
- 9 M€ manquants : l’apport de 20 millions d’euros prévu dans le cadre du rachat par Sparta Capital
- Négociations en urgence : Gérard Lopez et Sparta Capital ont rencontré le juge-commissaire du tribunal de commerce ce lundi 29 juin à Bordeaux.
Un compte à rebours de 24 heures
Les Girondins de Bordeaux abordent la journée la plus décisive de leur saison administrative. Ce mardi 30 juin, le club se présente devant la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) pour justifier de ses garanties financières en vue de la saison 2026-2027. Mais à la veille de l’audition, les 9 millions d’euros nécessaires pour valider le budget ne sont toujours pas arrivés sur les comptes du club, comme le confirme Sud Ouest.
Cette somme devait être apportée dans le cadre du rachat de 67 % des parts du club par le fonds britannique Sparta Capital, mené par le financier Franck Tuil. L’accord initial prévoyait une augmentation de capital de 9 millions d’euros, dont 6 millions versés par Sparta Capital et 3 millions par le président actuel Gérard Lopez.
Négociations de dernière minute au tribunal de commerce
Ce lundi 29 juin au matin, Gérard Lopez et les représentants de Sparta Capital ont rencontré le juge-commissaire du tribunal de commerce de Bordeaux, selon une source proche du dossier. L’objectif : tenter de débloquer la situation avant l’échéance fatidique. Mais les blocages persistent.
L’un des principaux points d’achoppement concerne la dette de loyers impayés du Stade Atlantique, contractée par Gérard Lopez auprès de Bordeaux Métropole Comme le rappelle notre précédent article sur les contre-propositions de la collectivité, Bordeaux Métropole refuse d’abandonner cette créance historique. Le président de la métropole, Thomas Cazenave, a proposé le 25 juin d’isoler juridiquement le repreneur Sparta Capital de cette dette, tout en différant le paiement de la redevance.
En parallèle, Sparta Capital a accepté de retirer l’acquisition du centre d’entraînement du Haillan de son offre d’achat, une concession qui n’a pas suffi à débloquer les 9 millions d’euros.
Bordeaux Métropole : des conditions strictes
Le conseil métropolital a validé le 26 juin la convention d’occupation du Stade Atlantique pour la saison à venir Mais cette validation est assortie de conditions strictes : le paiement préalable des dettes de la saison écoulée. Or, ces dettes incluent les loyers impayés, qui constituent une partie du trou financier actuel.
Thomas Cazenave a réaffirmé que la collectivité ne pouvait pas effacer cette créance sans mettre en danger les finances publiques. « Nous ne pouvons pas accepter un abandon de créance pur et simple », a-t-il déclaré, selon INFO.FR. La proposition alternative consiste à isoler Sparta Capital de ce passif historique, mais cela ne règle pas l’exigence immédiate des 9 millions d’euros.
Les risques encourus : rétrogradation, interdiction de recrutement
Si les 9 millions d’euros ne sont pas présentés devant la DNCG, les sanctions peuvent aller d’un simple sursis à statuer jusqu’à une rétrogradation administrative, voire une exclusion des championnats professionnels. En 2024, le club avait déjà écopé d’une relégation en National 2 avant d’être repêché in extremis.
Par ailleurs, la FIFA a levé l’interdiction de recrutement prononcée à l’encontre des Girondins le 15 juin Cette sanction aggrave la situation sportive du club, qui ne pourrait pas renforcer son effectif en cas de maintien en Ligue 2.
En cas d’échec des négociations avec Sparta Capital, Gérard Lopez devra assumer seul la mise sous séquestre des 9 millions d’euros, comme l’indique Girondins4Ever. Mais ses capacités financières sont jugées limitées par les observateurs.
Contexte dans la Gironde
Les Girondins de Bordeaux sont le club phare de la Gironde, département de 1,6 million d’habitants. Le club évolue au Matmut Atlantique, stade de 42 000 places situé à Bordeaux, et constitue un acteur économique et social majeur de la métropole. Historiquement pensionnaire de Ligue 1, Bordeaux a été rétrogradé en Ligue 2 en 2022 puis en National 2 en 2024 avant d’être repêché. L’incertitude financière actuelle pèse sur l’emploi local (plus de 200 salariés directs) et sur l’attractivité du territoire.
La situation des Girondins est suivie de près par les élus locaux, notamment le maire de Bordeaux Pierre Hurmic et le président de la métropole Thomas Cazenave, tous deux engagés dans la recherche d’une solution. Le feuilleton du rachat dure depuis plus de six mois, avec plusieurs rebondissements.
Prochaine étape : l’audition de mardi matin
La DNCG entendra les dirigeants girondins ce mardi 30 juin à partir de 9 heures. La commission peut rendre sa décision dans la foulée ou demander des documents complémentaires. En l’état actuel, sans les 9 millions d’euros, un sursis à statuer paraît le scénario le plus probable, laissant un ultime délai au club pour trouver une solution.