Gouvernance de l’IA : le Sénégal en première ligne à Genève
Dakar a coprésidé à Genève le premier Dialogue mondial de l'ONU sur l'IA, avec une coalition de six pays francophones
Les 6 et 7 juillet 2026, le Sénégal a coprésidé à Genève le premier Dialogue mondial de l'ONU sur la gouvernance de l'intelligence artificielle. Dakar y a défendu un accès plus équitable aux technologies pour les pays du Sud.
L’essentiel
- Fait 1 : le Sénégal a coprésidé la table ronde sur la réduction des fractures technologiques lors du premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA, tenu les 6 et 7 juillet 2026 à Genève.
- Fait 2 : le ministre sénégalais des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, nommé le 2 juin 2026, a conduit la délégation nationale.
- Fait 3 : le Sénégal a coprésidé les débats aux côtés de Jovan Kurbalija, directeur exécutif de la DiploFoundation.
- Fait 4 : six pays d’Afrique francophone (Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Guinée, Bénin) ont soumis un document conjoint sur une IA éthique, avec l’appui de NIYEL et de l’AUDA-NEPAD.
Genève, épicentre d’un premier dialogue mondial sur l’IA
C’est un rendez-vous inédit que les Nations Unies ont organisé les 6 et 7 juillet 2026 à Genève : la première session du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle. Selon Le Quotidien, le Sénégal y a coprésidé la table ronde consacrée à la réduction des fractures technologiques et au renforcement des capacités des pays en développement dans ce secteur.
Le pays s’est retrouvé aux côtés de Jovan Kurbalija, directeur exécutif de la DiploFoundation, pour animer ces échanges, rapporte SenePlus. Une position qui place Dakar au cœur d’un débat mondial encore balbutiant : celui des règles communes à fixer pour une technologie qui évolue plus vite que les cadres juridiques censés l’encadrer.
Samba Diouf, un ministre tout juste installé
La délégation sénégalaise à Genève était menée par Samba Diouf, ministre des Télécommunications et du Numérique, précise Le Soleil. Sa nomination à ce poste ne date que du 2 juin 2026, selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). Un mois plus tard, il représentait déjà son pays sur l’une des scènes diplomatiques les plus suivies du moment en matière d’IA.
Une coalition ouest-africaine pour une IA éthique
Le Sénégal n’est pas venu seul défendre sa vision. Selon Sika Finance, une coalition de six pays d’Afrique francophone - Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Guinée et Bénin - a soumis un document stratégique commun proposant des lignes directrices pour une intelligence artificielle éthique et inclusive. Cette démarche a été appuyée par l’ONG NIYEL et par l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), toujours selon la même source.
L’objectif affiché par ces pays : peser collectivement dans des négociations où les grandes puissances technologiques et les géants du numérique fixent souvent seuls le rythme et les normes.
Contexte : l’Afrique francophone face à la fracture numérique
La question au cœur des discussions genevoises n’est pas nouvelle pour les pays d’Afrique de l’Ouest : l’accès inégal aux infrastructures numériques, aux data centers et aux compétences en IA reste un frein structurel pour la région. En coprésidant justement la table ronde sur la réduction de ces fractures technologiques, le Sénégal s’est positionné comme porte-parole d’un groupe de pays qui réclame d’être associé à la conception des règles, et non seulement à leur application. Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large de diplomatie numérique africaine, où plusieurs capitales francophones cherchent à peser davantage face aux blocs nord-américain, européen et asiatique déjà largement organisés sur ces sujets.
Un chantier national parallèle : la donnée publique
En interne, le gouvernement sénégalais poursuit le déploiement d’un cadre de gouvernance destiné à faciliter les échanges de données entre administrations et à y intégrer des outils d’intelligence artificielle, selon Osiris.sn. Ce chantier national et l’activisme diplomatique à Genève semblent avancer de front, sans que le calendrier précis de ce cadre ait été détaillé publiquement à ce stade.
La suite se jouera dans les prochains cycles du Dialogue mondial de l’ONU, où la coalition des six pays francophones devra transformer ses lignes directrices en propositions concrètes.