Grand Est : une économie qui résiste, Reims dans l’œil du ralentissement
Malgré une croissance nationale atone, la Marne et le Grand Est tiennent le cap grâce à l'industrie et l'agriculture.
Le PIB français n'a progressé que de 0,9% en 2025. Pourtant, dans la Marne et autour de Reims, l'activité économique affiche une relative stabilité. Industrie, viticulture champenoise, budget régional : les piliers locaux jouent leur rôle d'amortisseurs.
Dans un contexte national morose, le Grand Est fait figure d’exception relative. Selon la Banque de France, l’activité régionale se renforçait dès janvier 2026 dans l’industrie, les services et le bâtiment, avec une croissance du PIB régional estimée entre +0,2% et +0,3% au premier trimestre. Un chiffre modeste, mais cohérent avec une région qui représente 6,7% de la richesse nationale - soit 189 milliards d’euros de PIB en 2023 - avec une part industrielle supérieure de 5,8 points à la moyenne métropolitaine, selon l’INSEE.
L’industrie tient, l’agroalimentaire vacille
Du côté de la Marne, le taux de chômage s’établit à 7,2% au troisième trimestre 2025, légèrement sous la moyenne nationale de 7,5%, selon la DREETS Grand Est. Mais l’emploi dans le Grand Reims présente un tableau plus nuancé : après une stagnation en 2024 et une reprise au premier semestre 2025, le troisième trimestre a enregistré un recul, signalant ce que l’Agence d’urbanisme et de développement de la région de Reims (AUDRR) qualifie d’« effet de seuil économique complexe ».
L’industrie résiste, notamment grâce à des investissements en automatisation dans la filière viticole champenoise, selon Le Journal des Entreprises. En revanche, les effectifs agroalimentaires en Champagne ont reculé de 1,6% en 2025, avec des modernisations engagées pour contenir les coûts énergétiques. Les créations d’entreprises progressent de 1,7% en Grand Est par rapport à 2024, mais à un rythme moins soutenu qu’attendu, note La Gazette France.
L’agriculture rebondit, la défense s’affirme
Bonne nouvelle pour le secteur primaire : la valeur ajoutée agricole nationale a rebondi de 10,5% en 2025, tirée par une hausse de 3,7% de la production en euros courants après deux années de recul, selon l’INSEE. La viticulture et les grandes cultures de la région en bénéficient directement.
L’économie de défense, souvent oubliée dans les analyses régionales, pèse également. Sébastien Lecornu a rappelé sur X ses contours :
Pour soutenir l’ensemble de ces dynamiques, le budget régional 2025 du Grand Est atteint 4,1 milliards d’euros, dont 1,6 milliard fléché vers l’investissement, selon Régions de France. Les orientations 2026 priorisent la transition industrielle et la protection des filières exposées.
Le tableau d’ensemble reste celui d’une économie qui avance prudemment, sans signal d’alarme majeur ni moteur de rebond franc. Pour Reims et la Marne, 2026 s’annonce comme une année de consolidation plutôt que d’accélération.