Gray : incendie criminel à la Maison du Trépôt, quatre mineurs interpellés
Le dimanche 14 juin, un violent incendie a ravagé la Maison du Trépôt, monument historique du XVIe siècle à Gray. Quatre mineurs de 14 ans ont été interpellés et placés en garde à vue.
Un incendie criminel a détruit trois bâtiments mitoyens de la Maison du Trépôt à Gray (Haute-Saône). Quatre mineurs ont été placés en garde à vue. La rue de la Malcouverte reste fermée en attendant une expertise structurelle prévue jeudi.
L’essentiel
- Incendie : dimanche 14 juin 2026 vers 15h, Maison du Trépôt (XVIe siècle), rue de la Malcouverte à Gray.
- Moyens : 50 sapeurs-pompiers du SDIS 70, feu maîtrisé vers 18h, aucune victime.
- Enquête : origine criminelle, quatre mineurs de 14 ans interpellés, piste de l’urbex.
- Patrimoine : bâtiment inscrit aux Monuments Historiques ; expertise le 18 juin, DRAC impliquée.
Un incendie en pleine après-midi
Dimanche 14 juin, vers 15h, un violent incendie s’est déclaré dans la Maison du Trépôt, au 5 rue de la Malcouverte à Gray. Cette demeure du XVIe siècle, inhabitée, a vu trois bâtiments mitoyens ravagés par les flammes. Les sapeurs-pompiers du SDIS 70 ont mobilisé une cinquantaine d’hommes, qui sont parvenus à maîtriser le sinistre vers 18h, après trois heures d’intervention. Aucune victime ni blessé n’est à déplorer, selon les secours.
La rue de la Malcouverte a été immédiatement sécurisée par un périmètre de sécurité. Elle reste fermée à la circulation pour plusieurs jours, le temps d’évaluer la stabilité des façades. L’électricité a été coupée dans la rue. Des riverains ont été relogés, certains par leurs propres moyens. Par précaution, les résidents d’une maison de retraite voisine ont été transférés vers d’autres parties du bâtiment pour les protéger des fumées.
Une enquête pour incendie criminel
L’enquête menée par la gendarmerie de Gray a rapidement conclu à une origine criminelle. Des témoignages et les enregistrements de caméras de surveillance ont permis d’identifier et d’interpeller quatre mineurs âgés de 14 ans, originaires de la région grayloise. Ils ont été placés en garde à vue. Selon les enquêteurs, la piste de l’urbex - exploration de bâtiments abandonnés - est privilégiée.
La procédure judiciaire est en cours. Les quatre jeunes sont entendus pour dégradation par incendie en réunion et mise en danger de la vie d’autrui. Aucun élément n’a pour l’instant été communiqué sur leurs motivations.
Un monument historique touché
La Maison du Trépôt est inscrite aux Monuments Historiques depuis le 7 juillet 1989, pour ses façades, toitures, escalier et décor sculpté. Ce statut implique la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) dans les suites de l’incendie. Une expertise structurelle est attendue jeudi 18 juin. Elle devra évaluer le péril imminent des façades restantes et déterminer si une démolition ou une réhabilitation est envisageable.
La ville de Gray, qui avait déjà perdu d’autres éléments de son patrimoine ces dernières années, suit le dossier avec attention. Le maire a indiqué que la priorité est la sécurité des riverains et la préservation de ce qui peut l’être.
Contexte en Haute-Saône
Gray, sous-préfecture de la Haute-Saône d’environ 5 500 habitants, est une ville au riche patrimoine architectural. La Maison du Trépôt faisait partie des édifices remarquables du centre ancien. Le département, essentiellement rural, connaît régulièrement des incendies de bâtiments abandonnés, souvent liés à des intrusions ou à des actes de malveillance. La gendarmerie rappelle que la surveillance de ces lieux est renforcée, notamment en période estivale.
À Gray même, le lycée de la ville s’est récemment distingué par un partenariat inédit avec Sciences Po, illustrant la dynamique éducative du territoire.
Les prochaines étapes
L’expertise du jeudi 18 juin est décisive. Si les façades sont jugées instables, une démolition partielle ou totale pourrait être ordonnée. Dans le cas contraire, des travaux de consolidation et de restauration seront étudiés avec la DRAC. La rue de la Malcouverte restera fermée jusqu’à nouvel ordre.
L’enquête judiciaire, de son côté, devra déterminer les responsabilités précises des quatre mis en cause, qui bénéficient de la présomption d’innocence.