Grève des avocats : le barreau d’Annecy dans la bataille contre la loi SURE
Une centaine d'avocats anneciens ont manifesté le 13 avril devant le palais de justice contre la réforme judiciaire de Darmanin.
Le barreau d'Annecy s'est joint à la grève nationale des avocats contre le projet de loi SURE, qui étend le plaider-coupable aux crimes. Une centaine de robes noires ont défilé le 13 avril. Le mouvement se poursuit au niveau national.
Depuis le 2 avril 2026, les avocats anneciens sont en grève. Ce jour-là, l’assemblée générale extraordinaire du barreau d’Annecy a voté la suspension des désignations pénales et l’adhésion au mouvement national, selon le site du barreau d’Annecy. Le déclencheur : le projet de loi SURE - Sanction Utile, Rapide et Effective - porté par le ministre de la Justice Gérald Darmanin, examiné en conseil des ministres le 18 mars et adopté au Sénat le 13 avril 2026.
Une centaine d’avocats devant le palais de justice
Le 13 avril, journée nationale baptisée « Justice morte », une centaine d’avocats se sont rassemblés devant le palais de justice d’Annecy, selon France Bleu Pays de Savoie. Me Philippe Defaux, bâtonnier du barreau d’Annecy, a porté la mobilisation aux côtés de ses homologues de Chambéry, Albertville, Thonon et Bonneville, qui ont publié un communiqué commun appelant à cette journée de protestation, comme le rapporte Le Faucigny.
Au cœur du litige : l’extension du plaider-coupable - jusqu’ici réservé aux délits - aux crimes. Objectif affiché du gouvernement : ramener les délais de jugement de 4 à 6 ans à 6 mois. Pour les avocats, c’est une ligne rouge. Le Conseil national des barreaux, qui représente 78 938 avocats en France, a adopté un rapport d’opposition ferme, estimant que la réforme affaiblit l’oralité, le contradictoire et les droits de la défense.
Un mouvement d’ampleur nationale
À l’échelle nationale, la Conférence des bâtonniers avait voté le 31 mars à 87 % en faveur d’une grève à compter du 1er avril. Le 16 avril, le mouvement a été reconduit à 74 %, mobilisant plus de 130 barreaux sur 163 en France, selon Franceinfo. C’est une ampleur inédite : en 2025, environ 50 barreaux s’étaient mobilisés contre des réformes jugées moins radicales, selon Décideurs Juridiques.
Le bâtonnier parisien Louis Degos a mis en garde contre une dérive plus profonde, estimant que le plaider-coupable criminel risque de préparer le terrain à une justice automatisée. Le Conseil national des barreaux formule la même crainte : « une justice plus rapide ne doit jamais devenir une justice expéditive ».
Prochaine étape : l’Assemblée nationale
Le projet de loi doit désormais être examiné à l’Assemblée nationale dans les semaines à venir. Les barreaux ont annoncé une reconduction de la grève hebdomadaire à partir du 28 avril, selon Le Quotidien. Pour le barreau d’Annecy, la mobilisation locale devrait se poursuivre tant que le texte n’est pas retiré ou profondément amendé. Aucune date de négociation n’a été communiquée à ce stade.
Sources
- Le Faucigny : La loi Sure révulse les avocats
- Franceinfo : Réforme de la justice criminelle : la grève des avocats reconduite par la Conférence des bâtonniers
- Libération : Les avocats font grève contre une réforme de la justice 'dangereuse pour l'État de droit'
- Le Monde : Grève des avocats : l'histoire d'une mobilisation, sur fond de malaise de la profession