Grève à la clinique Saint-Joseph de Trélazé : les salariés veulent des augmentations, pas des primes
Un mouvement social déclenché le 4 mai 2026 entraîne des annulations d'interventions chirurgicales à Trélazé, près d'Angers.
La clinique Saint-Joseph de Trélazé est en grève depuis le 4 mai 2026. Les salariés refusent les primes ponctuelles proposées par la direction et réclament une hausse permanente de 100 € mensuels pour tous. Plusieurs interventions chirurgicales ont été annulées.
La clinique Saint-Joseph de Trélazé, implantée depuis vingt ans sur le site du Village Santé Angers Loire, est paralysée depuis le lundi 4 mai 2026. Le personnel a déclenché une grève après l’échec des négociations avec la direction, qui propose des primes ponctuelles plutôt que des revalorisations salariales permanentes. Des interventions chirurgicales ont été annulées, selon Ouest-France et My-Angers.
L’essentiel
- Grève déclenchée le 4 mai 2026 : mouvement social à la clinique Saint-Joseph de Trélazé, avec annulation de plusieurs interventions chirurgicales.
- Revendication centrale : une hausse salariale permanente de 100 € nets mensuels pour l’ensemble du personnel, selon la déléguée du personnel Émilie Jubeau.
- Refus de la direction : la direction propose des primes ponctuelles, rejetées par les grévistes.
- Implantation : la clinique est présente depuis 20 ans sur le site du Village Santé Angers Loire à Trélazé (Maine-et-Loire).
- Précédent sectoriel : en juin 2024, des cliniques privées du Maine-et-Loire avaient déjà menacé d’une grève totale pour des questions de rémunération.
« On veut des augmentations, pas des primes »
La revendication est formulée sans ambiguïté. Émilie Jubeau, déléguée du personnel, déclare : « On ne veut plus de primes, on veut des augmentations de salaires : une hausse de 100 € pour tous. » Elle dénonce un manque de reconnaissance face à l’inflation, selon Ouest-France.
La distinction est importante pour les salariés. Une prime reste un versement exceptionnel, sans effet sur le calcul des cotisations sociales ni sur le niveau de base du salaire. Une augmentation, elle, est pérenne. C’est ce caractère permanent que le personnel exige.
Une tension qui couvait depuis début mai
Le climat social se dégradait depuis plusieurs jours avant le déclenchement du mouvement. Selon My-Angers, les échanges entre représentants du personnel et direction étaient jugés insuffisants dès le 1er mai 2026. Aucun accord n’a été trouvé d’ici au lundi.
La grève a eu des conséquences immédiates sur l’activité de l’établissement. Des interventions chirurgicales programmées ont été annulées le 4 mai, d’après les deux médias régionaux. Le nombre exact de patients concernés n’a pas été communiqué à ce stade.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Les tensions salariales dans la santé privée ne sont pas nouvelles en Maine-et-Loire. En décembre 2020, des infirmières du Centre de la Main à Trélazé - établissement voisin - avaient fait grève pour réclamer l’application des mesures du Ségur de la santé, selon Ouest-France. En juin 2024, des cliniques privées du département avaient menacé d’un arrêt total à partir du 3 juin pour des questions de rémunération et de conditions de travail, avant de suspendre le mouvement. La question salariale dans la santé privée locale revient donc régulièrement.
À l’échelle nationale, le salaire net moyen en équivalent temps plein dans le secteur privé atteignait 2 733 € en 2024, en hausse de 1,4 % sur un an, selon l’Insee. Dans le secteur hospitalier privé, la rémunération restait inférieure à celle du public : 2 604 € net moyen en 2021, d’après la Drees. Un écart qui alimente les revendications dans des établissements comme Saint-Joseph. La situation rejoint d’ailleurs une problématique plus large, identifiée dans d’autres régions par des soignants qui alertent sur les difficultés de recrutement et les faibles rémunérations dans le secteur.
Sur le territoire angevin, la clinique Saint-Joseph est l’un des établissements de soins privés de référence. Son ancrage depuis vingt ans au Village Santé Angers Loire en fait un acteur structurant du bassin de santé de l’agglomération. Une grève prolongée aurait des répercussions sur la prise en charge chirurgicale des patients du secteur. Des démarches comparables ont été observées dans d’autres territoires, comme la Clinique Générale d’Annecy, qui a récemment annoncé 8 M€ d’investissement, témoignant d’une réalité contrastée dans la santé privée.
Un précédent remonté à 2008
La question des bas salaires à Saint-Joseph n’est pas récente. En 2008, une mobilisation avait déjà mis en lumière des rémunérations faibles : une aide-soignante débutante percevait alors 1 050 € nets par mois, selon Angers Maville. Dix-huit ans plus tard, le personnel revendique toujours des hausses structurelles plutôt que des compensations ponctuelles.
Aucun accord annoncé
Ni la direction de la clinique ni les syndicats n’ont annoncé de reprise de négociations ni de calendrier précis. Selon My-Angers, la mobilisation pourrait s’étendre si aucun accord n’est trouvé. La situation au renoncement aux soins dans le secteur privé interpelle également, comme le soulignent des associations comme le Secours Populaire dans d’autres départements.
La direction de la clinique Saint-Joseph n’a pas communiqué publiquement sa position à ce stade. La prochaine étape dépend d’une éventuelle reprise du dialogue social, dont aucune date n’a été fixée.
Sources
- Ouest-France : « Pas de prime, des augmentations » : des salariés de cette clinique près d'Angers se mobilisent et haussent le ton
- My-Angers : À la clinique Saint-Joseph, un mouvement de grève se profile
- Ville Actualités Angers : Des cliniques du Maine-et-Loire à l'arrêt à partir du 3 juin
- INSEE : Salaires dans le secteur privé en 2024