Grève dans l’Éducation : plusieurs écoles primaires paralysées à Dieppe
Un mouvement intersyndical national contre les suppressions de postes frappe durement le bassin dieppois depuis fin mars.
Depuis le 31 mars 2026, plusieurs écoles primaires de Dieppe subissent des perturbations liées à la grève nationale des enseignants. En Seine-Maritime, 73 fermetures de classes sont prévues pour la rentrée, et la mobilisation ne faiblit pas.
Le mouvement a démarré le 31 mars 2026. À l’appel d’une intersyndicale réunissant FSU, UNSA, CFDT, CGT et SUD, les enseignants du premier degré ont cessé le travail pour dénoncer la politique budgétaire du gouvernement. À Dieppe comme dans le reste de la Seine-Maritime, plusieurs écoles primaires ont dû fermer leurs portes ou fonctionner en effectifs réduits ce jour-là.
4 000 postes supprimés, 73 classes fermées dans le département
Le contexte national est lourd : le gouvernement prévoit la suppression de 4 000 postes d’enseignants pour la rentrée 2026, dont 1 891 dans le premier degré public et privé, selon France 3 Normandie. La Normandie n’est pas épargnée : 253 postes doivent disparaître dans la région, annonce faite par le ministre de l’Éducation nationale dès le 26 janvier 2026, selon Paris-Normandie.
En Seine-Maritime, 73 fermetures de classes sont prévues dans le premier degré, touchant notamment Dieppe, Le Tréport et Le Havre, toujours selon Paris-Normandie. Le CDEN du 9 avril 2026 a acté 26 ouvertures et 61 fermetures nettes de classes dans le département, d’après le SNUipp-FSU 76.
L’intersyndicale ne mâche pas ses mots : « Ces choix ne peuvent que dégrader encore davantage un service public d’Éducation déjà exsangue », déclarent FSU, UNSA, CFDT, CGT et SUD dans leur appel commun, relayé par le Sgen-CFDT. Les revendications portent sur l’arrêt des suppressions de postes, une revalorisation salariale sans contrepartie et l’amélioration des conditions de travail, selon le SE-UNSA.
Dieppe déjà mobilisée avant le 31 mars
La mobilisation dieppoise avait déjà pris de l’ampleur avant la journée nationale. Le 3 mars 2026, parents et enseignants s’étaient réunis au lycée Johan Ango, où quatre postes pourraient être supprimés à la rentrée, selon les informations rapportées par ici.fr. L’école Richard-Simon fait également l’objet d’une mobilisation spécifique contre la fermeture d’une classe, comme le signale Actu.fr.
Au niveau national, le taux de grévistes le 31 mars a atteint 7,56 % des enseignants et personnels, selon le ministère de l’Éducation nationale cité par Ouest-France. Un chiffre en deçà des mobilisations précédentes mais qui s’inscrit dans une semaine d’action plus large, du 30 mars au 3 avril.
Un conflit récurrent depuis plusieurs années
Ce n’est pas la première fois que la Seine-Maritime se retrouve au cœur de ces tensions. En décembre 2024, 80 % des enseignants du département interrogés par le syndicat FSU-SNUipp avaient participé à une grève contre les suppressions de postes, selon Actu.fr. Le 2 octobre 2025, une manifestation avait réuni quelque 2 000 personnes en Normandie, avec un départ depuis la gare de Dieppe, selon le SNUipp-FSU 76.
Prochaine étape : un préavis de grève intersyndical couvre la période du 1er avril au 30 juin 2026 pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, selon Solidaires. De nouvelles perturbations restent donc possibles d’ici la fin de l’année scolaire.
Sources
- Paris-Normandie : En Normandie, les profs vent debout contre les suppressions de postes et les fermetures de classes
- France 3 Normandie : Grève dans l'Éducation nationale : à quoi s'attendre ce 31 mars en Normandie ?
- Ouest-France : Grève dans l'Éducation nationale : 7,56 % d'enseignants et de personnels mobilisés
- Actu.fr : À Dieppe, la mobilisation se poursuit contre la fermeture d'une classe à l'école Richard-Simon