Grève à l’université Paris Nanterre : gel des salaires et primes dénoncés
En grève reconductible depuis le 4 mai, les personnels administratifs réclament une revalorisation salariale face aux coupes budgétaires de la présidence.
Les personnels administratifs de l'université Paris Nanterre sont en grève depuis le 4 mai 2026. Ils dénoncent le gel de leurs salaires, le report de primes et des coupes budgétaires massives. Le mouvement, soutenu par plusieurs syndicats, s'est poursuivi avec un rassemblement devant la présidence le 14 mai.
Les agents administratifs de l’université Paris Nanterre (Hauts-de-Seine) ont déclenché une grève reconductible le 4 mai 2026, premier jour de la session d’examens. Depuis, les assemblées générales se succèdent. Le mouvement dure, et les revendications restent les mêmes : revalorisation des salaires, rétablissement des primes et respect du dialogue social.
L’essentiel
- Début de grève : 4 mai 2026, premier jour des examens, à l’université Paris Nanterre.
- Participation aux AG : entre 200 et 250 agents par jour depuis le début du mouvement, selon l’UD CGT 92.
- Rassemblement du 14 mai : une vingtaine d’agents devant le bâtiment de la présidence, avec le soutien du syndicat FSE.
- Menace budgétaire : selon Révolution Permanente, la présidence envisage la suppression de 3 000 heures de cours à la rentrée 2026.
- Contexte national : le salaire net moyen des agents publics s’établissait à 2 742 euros par mois en 2024, en hausse de 1,7 % selon l’INSEE, mais l’inflation et les gels locaux persistent.
Une grève lancée en pleine période d’examens
La date n’est pas anodine. Le 4 mai 2026, les personnels administratifs ont voté la grève le jour même où débutaient les examens de fin de semestre. Gel des rémunérations, report de primes, dégradation des conditions de travail : les revendications, portées notamment par la CGT, SUD Éducation et le SNESUP-FSU, couvrent plusieurs années de tensions accumulées.
L’appel à grève reconductible a été formalisé le 7 mai par le SNESUP-FSU. Chaque jour, les agents votaient en assemblée générale la reconduction du mouvement. Les effectifs en AG oscillaient, selon l’UD CGT 92 et des publications sur les réseaux sociaux, entre 200 et 250 personnes.
Des AG quotidiennes, une reconduction jusqu’au 12 mai
Le 11 mai, plus de 220 personnels ont voté la poursuite de la grève au moins jusqu’au 12 mai. Cette date correspondait à une journée de mobilisation nationale contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers. Les personnels avaient par ailleurs voté la banalisation des cours pour permettre à chacun de participer à la manifestation nationale, au départ de la place de Jussieu à Paris à 12h.
Les grévistes exigeaient aussi le report des examens, jugés incompatibles avec une grève des agents chargés de leur organisation. L’UNEF Nanterre a relayé cet appel.
Le rassemblement du 14 mai devant la présidence
Le 14 mai, une vingtaine d’agents administratifs se sont rassemblés devant le bâtiment de la présidence de l’université, selon le syndicat FSE Nanterre, qui a publié photos et vidéos de l’action. Moins nombreux que lors des AG de début de mouvement, les manifestants maintenaient la pression à l’issue d’une deuxième semaine de grève.
La FSE - Fédération syndicale étudiante - a apporté son soutien au mouvement des personnels, une convergence entre salariés administratifs et organisations étudiantes qui illustre l’étendue des tensions sur le campus.
3 000 heures de cours menacées à la rentrée
En arrière-plan, une décision de la présidence de l’université aggrave le climat. Selon Révolution Permanente, la direction envisagerait de supprimer 3 000 heures de cours à la rentrée 2026 en raison de coupes budgétaires. Cette information, issue d’une source unique, n’a pas été confirmée par la présidence à ce stade.
Elle nourrit néanmoins les inquiétudes des personnels, qui voient dans ces suppressions de postes et d’heures un symptôme plus large d’une politique d’austérité appliquée à l’enseignement supérieur. Les syndicats dénoncent une dégradation continue des conditions de travail dans le secteur public des Hauts-de-Seine.
Contexte dans les Hauts-de-Seine
L’université Paris Nanterre est l’un des établissements d’enseignement supérieur les plus importants du département. Elle emploie plusieurs centaines d’agents administratifs et accueille des dizaines de milliers d’étudiants. Nanterre est aussi la commune la plus peuplée des Hauts-de-Seine avec environ 97 000 habitants, et l’université constitue un acteur économique et social de premier plan dans le tissu local.
Le département des Hauts-de-Seine, l’un des plus denses de France, concentre plusieurs sites universitaires et grandes écoles. Les tensions sur les conditions de travail dans l’enseignement supérieur y sont particulièrement visibles, compte tenu du coût de la vie élevé en Île-de-France.
Sur le plan national, l’INSEE indiquait en 2024 un salaire net moyen de 2 742 euros par mois pour les agents publics, en hausse de 1,7 % après deux années de baisse. Mais cette moyenne masque des écarts importants, et les personnels de catégorie B et C - les plus représentés parmi les administratifs universitaires - restent exposés aux effets de l’inflation et des gels catégoriels, selon Le Monde.
Un campus avec une mémoire longue
L’université Paris Nanterre n’en est pas à sa première mobilisation sociale. La grève étudiante de novembre 1967 contre le plan Fouchet, puis le Mouvement du 22 mars 1968 - point de départ de Mai 68 - y ont écrit une page de l’histoire sociale française. Des grèves similaires ont eu lieu plus récemment dans d’autres universités : à la Sorbonne Nouvelle Paris 3, les personnels avaient cessé le travail du 1er septembre au 6 octobre 2025 pour des raisons comparables, selon la CGT FERC Sup. En décembre 2025, des mobilisations intersyndicales avaient visé le budget 2025 de l’enseignement supérieur.
À Nanterre, la mobilisation collective dans le 92 s’inscrit dans une séquence plus large de contestations sociales dans le département.
Convergence avec les luttes étudiantes
Le soutien de l’UNEF Nanterre et de la FSE au mouvement des personnels marque une forme de convergence des luttes sur le campus. Les étudiants s’opposent par ailleurs à la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers, mesure jugée discriminatoire par les organisations syndicales. La journée du 12 mai a servi de point de jonction entre ces deux mobilisations, avec un appel commun à la grève et à la manifestation nationale.
La présidence de l’université Paris Nanterre n’avait pas communiqué publiquement sur les revendications des grévistes au moment de la publication de cet article. Les syndicats n’ont pas précisé si des négociations étaient en cours ou programmées.
La suite du mouvement dépendra des prochaines assemblées générales et d’une éventuelle réponse de la direction de l’établissement sur les salaires et les primes.