Selon plusieurs sources diplomatiques, l'administration Trump aurait finalisé les contours d'un accord majeur avec l'OTAN concernant le Groenland. Ce deal, qui s'inscrit dans la stratégie de sécurisation de l'Arctique face aux ambitions russes et chinoises, prévoit la cession de territoires pour des bases militaires américaines et un accès privilégié aux ressources minières. En contrepartie, Washington renoncerait aux tarifs douaniers menaçant l'Europe, selon un schéma négocié rappelant les récents accords commerciaux avec Pékin.
L'essentiel
- Les États-Unis obtiendraient des 'poches de territoire' groenlandaises pour établir des bases militaires permanentes dans l'Arctique
- L'accès américain aux droits miniers, notamment aux terres rares stratégiques, constitue un pilier central de l'accord après l'accord sino-américain d'octobre 2025
- Le système de défense antimissile 'Golden Dome' serait intégré pour bloquer toute emprise russe ou chinoise sur la région arctique
- Trump annulerait en contrepartie les tarifs douaniers menaçant l'Europe, reproduisant sa stratégie de baisse de 57% à 47% appliquée à la Chine
- La durée indéfinie de l'accord et l'absence de détails précis soulèvent des questions sur sa pérennité, comme pour les précédents accords Trump qui ont souvent vacillé après quelques semaines
À 09h41 ce jeudi 22 janvier 2026, les chancelleries européennes analysent les implications d’un accord stratégique sans précédent. Donald Trump aurait arraché à l’OTAN un deal sur le Groenland qui redessine les équilibres géopolitiques dans l’Arctique. Cette négociation s’inscrit dans une série d’accords commerciaux et sécuritaires que le président américain multiplie depuis son retour à la Maison Blanche, avec des résultats contrastés.
Un deal arctique aux multiples dimensions
Les contours de l’accord révèlent une architecture complexe. Selon les informations disponibles, Washington obtiendrait la cession de « poches de territoire » groenlandaises pour l’établissement de bases militaires permanentes. L’accès américain aux droits miniers, notamment pour l’extraction de terres rares, constitue le second pilier de cet arrangement. Ces minerais stratégiques sont au cœur des tensions sino-américaines depuis des mois.
L’expérience récente avec la Chine éclaire cette stratégie. Comme le rapportait Midi Libre fin octobre 2025, Trump avait déjà conclu un accord d’un an avec Pékin sur les terres rares. Le président américain avait alors affirmé que « l’accord concernant les terres rares est désormais conclu, et c’est valable pour le monde entier », tout en abaissant les tarifs douaniers de 57% à 47%. Mais cet accord n’a manifestement pas suffi à sécuriser l’approvisionnement américain, d’où la recherche de sources alternatives au Groenland.
Le bouclier antimissile Golden Dome au centre du dispositif
L’intégration du système de défense antimissile « Golden Dome » représente la dimension militaire majeure de l’accord. Ce dispositif vise à créer un parapluie protecteur dans l’Arctique, zone devenue stratégique avec le réchauffement climatique et l’ouverture de nouvelles routes maritimes. L’objectif affiché reste de « bloquer toute emprise russe ou chinoise sur l’Arctique », selon les termes employés par l’administration américaine.
La durée de l’accord demeure pour l’instant indéfinie, les détails devant être précisés « dans un avenir proche ». Cette imprécision rappelle les faiblesses des récents accords Trump. Comme l’analysait BFM TV en décembre 2025, les accords Trump « permettent d’arracher des cessez-le-feu et des accords rapides » mais « relèvent davantage de ce que le sociologue norvégien Johan Galtung qualifie de ‘paix négative’ : l’arrêt temporaire de la violence directe sans traitement des causes profondes ».
La contrepartie commerciale européenne
En échange de ces concessions stratégiques, Trump s’engagerait à annuler les tarifs douaniers qui menaçaient l’Europe. Cette monnaie d’échange commerciale s’inscrit dans la logique transactionnelle du président américain, qui a fait du donnant-donnant sa marque de fabrique diplomatique. L’Union européenne, prise entre la nécessité de maintenir la cohésion atlantique et ses propres intérêts économiques, se trouve face à un dilemme complexe.
La méthode Trump a déjà fait ses preuves dans d’autres dossiers, avec des succès variables. En octobre 2025, il était parvenu à arracher un accord historique entre Israël et le Hamas, comme le relatait Paris Match. L’accord prévoyait la libération de 47 personnes encore retenues à Gaza. Mais la durabilité de ces arrangements reste questionnée par les observateurs internationaux.
Les enjeux géopolitiques de l’Arctique
L’Arctique est devenu un théâtre de compétition stratégique majeur. La Russie y multiplie les bases militaires, tandis que la Chine se définit comme « État proche de l’Arctique » et investit massivement dans la région. Le Groenland, territoire autonome danois de 2,5 millions de kilomètres carrés pour seulement 56 000 habitants, recèle d’immenses ressources minérales encore largement inexploitées.
« Je suis prêt à continuer de travailler avec vous pour établir une fondation solide aux relations sino-américaines », avait déclaré Xi Jinping lors de sa rencontre avec Trump en octobre 2025, selon les sources diplomatiques.
Cette déclaration du président chinois prenait acte de la nouvelle donne géopolitique, où les ressources stratégiques dictent les alliances. Le Groenland possède certains des plus importants gisements mondiaux de terres rares, ces 17 métaux indispensables aux technologies de pointe, des smartphones aux missiles guidés.
Réactions et perspectives
Les capitales européennes restent prudentes dans leurs premières réactions. Le Danemark, qui exerce la souveraineté sur le Groenland tout en lui accordant une large autonomie, n’a pas encore officiellement commenté l’accord. Le gouvernement groenlandais, qui aspire à l’indépendance tout en étant conscient de sa dépendance aux subventions danoises représentant plus de 50% de son budget, se trouve dans une position délicate.
L’OTAN, pour sa part, doit valider formellement cet arrangement qui modifie substantiellement le dispositif de défense atlantique dans le Grand Nord. Les détails opérationnels, juridiques et financiers restent à préciser dans les semaines à venir. La question de la souveraineté territoriale, particulièrement sensible dans le droit international, soulève des interrogations sur la compatibilité de l’accord avec les traités existants.
Cet accord sur le Groenland s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à sécuriser l’accès américain aux ressources critiques et à contenir l’expansion chinoise et russe. Reste à savoir si ce deal résistera à l’épreuve du temps, ou s’il rejoindra la liste des accords Trump qui, selon l’analyse de BFM TV, « vacillent la plupart du temps au bout de quelques semaines » faute de traiter les questions structurelles de fond. La bataille pour l’Arctique ne fait, elle, que commencer.
Sources
- Midi Libre (30 octobre 2025)
- BFM TV (9 décembre 2025)
- Paris Match (15 octobre 2025)
- Radio France (29 septembre 2025)