Grossesse extra-utérine : Marie dénonce l’inaction du Samu 34, une plainte déposée
La Frontignanaise a perdu son bébé et une trompe après que le médecin régulateur a refusé d'envoyer une ambulance le 29 mars.
Marie Dejean, 34 ans, résidant à Frontignan, a frôlé la mort fin mars après un appel au SAMU 34 resté sans intervention. Elle a déposé plainte le 16 avril 2026 pour non-assistance à personne en danger. Le CHU de Montpellier dit avoir ouvert une « analyse approfondie ».
Les faits remontent au 29 mars 2026. Vers 21h, Marie Dejean ressent des douleurs insoutenables au bas-ventre. Elle est suivie depuis trois à quatre semaines pour un risque de grossesse extra-utérine. Elle appelle le SAMU 34. Selon son témoignage rapporté par Midi Libre, le médecin régulateur lui répond : « Je n’ai personne qui va à Sète ». Aucune ambulance n’est envoyée.
Ses parents la conduisent alors par leurs propres moyens à l’hôpital de Sète. À son arrivée, Marie perd connaissance et convulse. Les médecins diagnostiquent une grossesse extra-utérine rompue. Elle a perdu 2,5 litres de sang, subi l’ablation d’une trompe utérine et passé une semaine en réanimation. Son bébé n’a pas survécu, selon France 3 Occitanie et Le Parisien.
« J’étais en train de crever dans ma salle de bains »
Le 16 avril 2026, Marie Dejean a déposé plainte pour non-assistance à personne en danger contre le SAMU 34. Dans sa déclaration relayée par Midi Libre, elle dit : « J’étais en train de crever dans ma salle de bains, il me fallait du secours ! Je trouve cela vraiment inadmissible ! ». Une enquête judiciaire est en cours. Aucune date d’audience n’a été précisée à ce stade.
Contacté, le CHU de Montpellier, gestionnaire du SAMU 34, a indiqué qu’une « analyse approfondie est en cours », tout en invoquant le secret médical pour ne pas commenter l’affaire, selon Le Parisien.
Un contexte de saturation des urgences héraultaises
Ce témoignage survient dans un département sous pression. Les passages aux urgences du CHU de Montpellier sont passés de 58 000 en 2024 à 62 500 en 2025, soit une hausse de 7 %, selon un communiqué du CHU. En mars 2026, le président du département Kléber Mesquida avait publiquement alerté sur des pompiers parfois bloqués plusieurs heures aux urgences, notamment les week-ends et en saison estivale, selon le site Ici.fr.
Des situations similaires ont déjà été documentées en France. En 2020, un témoignage diffusé par France Télévisions faisait état d’une femme enceinte ayant perdu son bébé après un refus d’intervention du SAMU. Le cas de Marie Dejean relance le débat sur la régulation médicale téléphonique et ses limites dans les zones où les ressources sont saturées.
À ce stade, les raisons précises ayant conduit le médecin régulateur à refuser l’envoi d’une ambulance n’ont pas été communiquées publiquement par le SAMU 34 ou le CHU de Montpellier.
Sources
- Midi Libre : Témoignage : 'Je n'ai personne qui va à Sète', une Frontignanaise en urgence vitale dénonce le Samu 34
- France 3 Occitanie : 'J'avais besoin d'un secours médical' : une femme enceinte frôle la mort après refus du Samu
- Le Parisien : Marie, 34 ans, dénonce l'inaction du Samu lors d'une grossesse extra-utérine
- Midi Libre : Non-assistance du Samu 34 : la Frontignanaise enceinte qui a frôlé la mort porte plainte