Guyane : la bâtonnière Christine Charlot alerte sur les dangers mortels du transport de drogue
La campagne préfectorale #OnPeutDireNon mobilise juristes et institutions pour dissuader les candidats au transport de stupéfiants
Le préfet de Guyane a lancé la campagne #Stupéfiants #OnPeutDireNon contre le transport de drogue par mules. Maître Christine Charlot, bâtonnière du barreau de Guyane, y témoigne des risques mortels pour les consommateurs et des lourdes sanctions pénales encourues par les transporteurs.
Le préfet de Guyane a lancé la campagne #Stupéfiants #OnPeutDireNon contre le transport de drogue par mules. Maître Christine Charlot, bâtonnière du barreau de Guyane, y témoigne des risques mortels pour les consommateurs et des lourdes sanctions pénales encourues par les transporteurs.
L’essentiel
- Campagne officielle : le préfet de Guyane a lancé #Stupéfiants #OnPeutDireNon, incluant un témoignage vidéo de la bâtonnière Christine Charlot.
- Sanctions pénales : le transport illicite de stupéfiants est passible de 10 ans d’emprisonnement et 7 500 000 € d’amende (article 222-37 du Code pénal).
- Précédent : en juin 2025, Christine Charlot avait déjà porté l’initiative « Bouclier anti-mules » avec le rectorat, mobilisant des collégiens guyanais.
- Contexte chiffré : le taux d’homicides en Guyane est de 20,5 pour 100 000 habitants sur 2021-2023, contre 1,5 en moyenne nationale, en partie lié au trafic de stupéfiants (rapport Sénat 2024).
- Ampleur nationale : 52 300 personnes ont été mises en cause en France pour trafic de stupéfiants en 2024, selon Vie Publique.
Un témoignage centré sur les victimes ignorées
Dans la vidéo diffusée par la préfecture, Maître Christine Charlot formule un constat tiré de ses années de pratique au barreau. « Souvent, lorsque nous rencontrons des mules, elles n’ont pas cette conscience qu’elles transportent un produit qui peut donner la mort à son consommateur », déclare-t-elle.
La bâtonnière insiste sur un angle souvent absent du débat public : les mules se concentrent sur le risque pénal pour elles-mêmes, pas sur les conséquences pour les personnes qui consommeront la drogue transportée. La campagne vise à combler ce angle mort.
Des sanctions qui peuvent atteindre 7,5 millions d’euros
La campagne rappelle le cadre légal en vigueur. Le transport illicite de stupéfiants est réprimé par l’article 222-37 du Code pénal : jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 7 500 000 euros d’amende. Ces peines s’appliquent indépendamment de la quantité transportée ou du statut de « simple passeur ».
Le message de la préfecture est direct : la promesse d’argent facile, argument central des recruteurs de mules, est mise en regard d’une perte de liberté potentielle d’une décennie.
Le « Bouclier anti-mules », un précédent porté par la même avocate
Christine Charlot n’en est pas à sa première initiative sur ce terrain. En juin 2025, elle avait co-lancé « Bouclier anti-mules » avec le rectorat de Guyane. Ce concours impliquait des collégiens dans la création de vidéos et d’affiches de prévention, selon France Guyane et La 1ère.
Elle avait alors expliqué la démarche : « En tant qu’avocat, on a constaté l’ampleur du phénomène qui touche de plus en plus de jeunes Guyanais. On a voulu aider à sensibiliser la jeunesse avec leurs propres mots et leurs propres codes. »
Cette mobilisation des acteurs éducatifs en Guyane s’inscrit dans un effort plus large d’accompagnement des jeunes face aux risques du territoire.
Contexte dans la Guyane
La Guyane occupe une position stratégique dans les filières de trafic de cocaïne sud-américaine vers l’Europe, via les Antilles. Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), les contrôles à l’aéroport de Cayenne ont été renforcés depuis 2022, sans éradiquer le phénomène. Une source médiatique unique évoque environ 10 000 passeurs par an depuis le territoire - ce chiffre n’a pas été confirmé par une source officielle.
Le rapport sénatorial de 2024 sur les stupéfiants place la Guyane dans une situation sanitaire et sécuritaire particulièrement dégradée : 20,5 homicides pour 100 000 habitants sur la période 2021-2023, contre 1,5 en moyenne nationale. Le lien avec le trafic de stupéfiants est explicitement mentionné dans ce rapport.
Le préfet de Guyane est par ailleurs actif sur plusieurs fronts économiques et sécuritaires en 2026. La campagne #OnPeutDireNon s’ajoute à un agenda chargé pour la préfecture.
Une campagne qui cible les recruteurs autant que les recrutés
Le titre de la campagne, « Une promesse d’argent facile, mais… », signale un cadrage délibéré : déconstruire le discours des réseaux qui présentent le transport de drogue comme une opportunité sans risque. La préfecture diffuse la vidéo sur ses canaux Facebook et X.
Les opérations de sécurisation menées ailleurs en France montrent que ce type de campagne de prévention s’accompagne généralement de volets répressifs coordonnés. La préfecture de Guyane n’a pas précisé à ce stade si des opérations de contrôle renforcées accompagnent le dispositif de communication.
Les diffusions vidéo se poursuivent sur les canaux officiels. Des sensibilisations en milieu scolaire, dans la lignée du « Bouclier anti-mules », pourraient compléter le dispositif - la préfecture n’a pas encore détaillé le calendrier.
Sources
- Préfet de Guyane (@Prefet973) : Témoignage de Maître Christine Charlot – campagne #OnPeutDireNon
- Préfecture de la région Guyane : Campagne de prévention mules – On peut dire non
- France Guyane : Bouclier anti-mules : des collégiens montent au front avec des vidéos et des affiches
- Sénat français : Rapport sénatorial sur les stupéfiants 2024