Guyane : un policier alerte les jeunes sur les dangers du trafic de drogue

La Préfecture de Guyane diffuse le témoignage du brigadier Denys Morel, de la Cellule de Prévention de la Délinquance en Milieu Scolaire, dans le cadre d'une campagne nationale anti-stupéfiants.

Guyane : un policier alerte les jeunes sur les dangers du trafic de drogue
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

La Préfecture de Guyane a lancé la campagne #Stupéfiants #OnPeutDireNon, relayant le témoignage du brigadier Denys Morel de la Police nationale. Objectif avertir les jeunes des risques liés au transport de drogue et leur rappeler l'existence de dispositifs d'aide dans les établissements scolaires.

La Préfecture de Guyane a lancé la campagne #Stupéfiants #OnPeutDireNon, relayant le témoignage du brigadier Denys Morel de la Police nationale. Objectif : avertir les jeunes des risques liés au transport de drogue et leur rappeler l’existence de dispositifs d’aide dans les établissements scolaires.

L’essentiel

  • Campagne officielle : la Préfecture de Guyane diffuse sur X et Facebook le témoignage du brigadier Denys Morel sous le hashtag #Stupéfiants #OnPeutDireNon.
  • Acteur central : Denys Morel est brigadier à la Cellule de Prévention de la Délinquance en Milieu Scolaire de la Police nationale en Guyane.
  • Saisies record : 2,8 tonnes de cocaïne saisies en Guyane en 2024, contre 571 kg en 2023, soit une multiplication par cinq en un an.
  • Poids régional : les Antilles-Guyane concentrent 75 % des saisies nationales de cocaïne, sur un total de 45 tonnes interceptées en France en 2024.
  • Dispositif national : la campagne s’inscrit dans un plan de lutte contre la délinquance et le narcotrafic décliné localement depuis février 2025.

Un policier face caméra pour parler aux jeunes

Le brigadier Denys Morel appartient à la Cellule de Prévention de la Délinquance en Milieu Scolaire de la Police nationale en Guyane, selon la page officielle de la Police nationale 973 sur Facebook. Dans la vidéo relayée par la Préfecture, il s’adresse directement aux jeunes susceptibles d’être approchés pour transporter de la drogue.

Sa déclaration est sans ambiguïté : « Il y a dans les établissements scolaires des dispositifs qui sont mis en place pour permettre à ces jeunes de sortir de cet engrenage », comme rapporté par la Préfecture de Guyane sur X.

La campagne ne se limite pas au seul témoignage policier. La Préfecture a également relayé la parole d’une personne ayant fait la mule, ainsi que celle de Maître Christine Charlot, bâtonnière de Guyane.

Des dispositifs scolaires au cœur du message

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La cellule dirigée par Denys Morel intervient directement dans les collèges et lycées guyanais. Le message vise en priorité les jeunes de l’Ouest guyanais, zone identifiée comme un vivier de recrutement pour les filières de transport de stupéfiants, selon les données de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).

La campagne s’inscrit dans un plan national de lutte contre la délinquance et le narcotrafic, décliné en Guyane depuis février 2025, avec des actions ciblant la sécurité du quotidien, selon Franceinfo La 1ère. Ce type d’initiative préfectorale existe dans d’autres territoires : le préfet des Bouches-du-Rhône mobilise aussi des leviers locaux pour sensibiliser les populations aux risques.

Contexte dans la Guyane

La Guyane est un maillon stratégique du trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud et l’Europe, selon l’OFDT et le Sénat. Les saisies au port maritime de Cayenne ont été renforcées depuis 2022, avec un effet direct sur les volumes interceptés.

En 2024, 2,8 tonnes de cocaïne ont été saisies sur le territoire guyanais, contre 571 kg en 2023, soit une multiplication par près de cinq en un an, selon Marine et Océans. À l’échelle nationale, les Antilles-Guyane représentent 75 % des 45 tonnes de cocaïne saisies en France en 2024, d’après Peyi Guyane.

Sur le plan sanitaire, l’offre en addictologie repose en Guyane sur des CAARUD et des CSAPA, mais l’OFDT signale un manque de structures généralistes pour l’hébergement et l’insertion des usagers précaires. Cette lacune complique le travail de prévention en aval.

À titre de comparaison, le trafic avait connu une baisse de 30 à 40 % au début de la crise sanitaire en 2020, selon des données du ministère de l’Intérieur citées par Peyi Guyane - une parenthèse qui n’a pas duré.

La prévention par les pairs et les professionnels de terrain, comme celle portée par Denys Morel, constitue l’un des leviers identifiés pour contrecarrer le recrutement de jeunes mules. D’autres territoires français utilisent également l’école comme espace de dialogue pour désamorcer des tensions sociales.

Une campagne multiformat sur les réseaux

La Préfecture de Guyane a choisi une diffusion sur X et Facebook, ciblant ainsi les plateformes les plus utilisées par les jeunes. Les vidéos cumulent plusieurs témoignages complémentaires : un policier de terrain, une ancienne mule, une avocate. Le format court, en langue française, vise une audience large sur le territoire.

La Police nationale 973 a également relayé ces contenus sur sa propre page Facebook, élargissant la portée institutionnelle du message.

La suite du dispositif - notamment d’éventuelles interventions supplémentaires dans les établissements scolaires - n’a pas encore été détaillée par la Préfecture à la date de publication.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Sylvie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guyane (973), avec Cayenne pour chef-lieu. Spécialité du département : Centre spatial Kourou et Amazonie française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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