Guyane : 428 sites détruits et 62 M€ de préjudice dans l’Ouest – le bilan Harpie 2026
Depuis janvier 2026, militaires et gendarmes intensifient les opérations contre l'orpaillage illégal dans les secteurs de Saint-Jean d'Abounami, du massif Lucifer et du bassin de l'Inini.
Les Forces armées en Guyane (FAG) et la gendarmerie ont publié un bilan intermédiaire des opérations Harpie dans l'Ouest guyanais. Depuis début 2026 428 sites clandestins détruits, plus de 3 500 carbets rasés, et un préjudice estimé à plus de 62 millions d'euros infligé aux réseaux illégaux.
L’essentiel
- 428 sites : sites d’exploitation clandestine détruits depuis début 2026 dans l’Ouest guyanais, selon Outremers360 et France-Guyane.
- 62 M€ : préjudice financier estimé infligé aux réseaux d’orpaillage illégal lors de ces opérations.
- 300 hommes : militaires et gendarmes mobilisés quotidiennement sous l’autorité du préfet Antoine Poussier.
- 57 kg de mercure et 46 armes figurent parmi les saisies, aux côtés de 965 motopompes et 222 équipements télécoms dont des terminaux Starlink.
- Harpie : opération interministérielle lancée en février 2008, toujours en cours en 2026.
Trois secteurs ciblés dans l’Ouest
Depuis janvier 2026, les opérations se concentrent sur trois zones : Saint-Jean d’Abounami, le massif Lucifer et le bassin de l’Inini. Ces secteurs de l’Ouest guyanais, difficiles d’accès, constituent des points logistiques majeurs pour les réseaux de garimpeiros - terme désignant les orpailleurs clandestins majoritairement d’origine brésilienne.
Les interventions mobilisent le 9e régiment d’infanterie de marine (9e RIMa), unité pilier des Forces armées en Guyane, en appui de la gendarmerie nationale. Le tout est placé sous l’autorité du préfet de Guyane Antoine Poussier, en coordination avec l’autorité judiciaire.
Un bilan matériel sans précédent pour le début d’année
Les chiffres compilés par Outremers360 et confirmés par Radio-Télé Péyi donnent l’ampleur des destructions. Outre les 428 sites clandestins et les 3 500 carbets (abris de fortune servant de base aux orpailleurs), les équipes ont neutralisé 8 puits et 2 galeries souterraines.
Côté saisies : plus de 130 000 litres de carburant, 965 motopompes, 24 quads, 84 motocyclettes, 25 pirogues. La présence de 222 équipements de télécommunication - dont des terminaux Starlink - illustre la modernisation logistique des réseaux illégaux. 57 kg de mercure, 46 armes et 934 grammes d’or ont également été saisis ou détruits.
Le préjudice total infligé aux filières clandestines dépasse 62 millions d’euros, selon France-Guyane.
Contexte dans la Guyane (973)
L’orpaillage illégal représente un fléau structurel pour le territoire. En 2025, on estimait environ 591 sites actifs en Guyane, soit une hausse d’environ 50 % en trois ans, corrélée à la flambée internationale du cours de l’or, selon La 1ère Guyane. Près de 6 tonnes d’or seraient extraites illégalement chaque année, contre environ 1 tonne pour la filière légale.
Près de 80 % de cette activité clandestine se concentre sur le Haut-Maroni, avec une logistique souvent organisée depuis la rive surinamaise. Saint-Laurent-du-Maroni, principal bourg de l’Ouest guyanais et point d’entrée du fleuve, constitue un nœud stratégique pour les autorités comme pour les réseaux illégaux.
Sur le plan environnemental, l’orpaillage illégal a causé la déforestation d’environ 28 000 hectares en trente ans et une pollution au mercure affectant les cours d’eau et les populations autochtones, selon le WWF.
En 2025, le bilan annuel de l’opération Harpie avait atteint plus de 148 millions d’euros de préjudice infligé aux réseaux - contre 95 millions en 2024 - , selon le ministère des Armées. Les résultats 2026 dans le seul Ouest guyanais représentent déjà 42 % du total 2024.
Harpie, une opération permanente depuis 2008
Lancée en février 2008, l’opération Harpie est une opération interministérielle conduite conjointement par les FAG et la gendarmerie nationale. Elle n’a pas de date de fin programmée : les rotations sont permanentes, avec environ 300 hommes engagés chaque jour selon les bilans officiels.
En 2026, le préfet Antoine Poussier a indiqué vouloir expérimenter de nouvelles stratégies, notamment des dispositifs de barrage sur les axes fluviaux, selon Outremers360. La Guyane reste l’un des territoires où la présence militaire française est la plus visible en dehors de la métropole.
Les comptes officiels @FAG_Officiel et @EtatMajorFR documentent régulièrement les interventions sur les réseaux sociaux, avec destruction de matériel et interception de pirogues logistiques sur des fleuves comme l’Approuague.
Prochaine étape
Aucune date de bilan intermédiaire officiel n’a été communiquée par la préfecture de Guyane. Les opérations se poursuivent selon un rythme permanent, sans échéance annoncée publiquement à ce stade.
Sources
- Outremers360 : Guyane : Intensification et résultats majeurs dans la lutte contre l'orpaillage illégal dans l'Ouest guyanais
- France-Guyane : Soixante-deux millions d'euros de préjudice infligés aux garimpeiros dans l'Ouest guyanais
- Ministère des Armées : FAG - Opérations Harpie contre l'orpaillage illégal en Guyane : deux opérations majeures pour un bilan exceptionnel
- La 1ère Guyane / France Info : Guyane : explosion du nombre de sites d'orpaillage illégal avec la flambée du prix de l'or