Guyane : le préfet et Christiane Taubira commémorent les 25 ans de la loi sur l’esclavage
À Cayenne, une cérémonie solennelle à l'Anse Nadau pour marquer le quart de siècle d'une loi pionnière au niveau mondial.
Le 10 mai 2026, le préfet de la Guyane a présidé la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions à Cayenne, en présence de Christiane Taubira. La cérémonie marque les 25 ans de la loi portant son nom, promulguée le 21 mai 2001.
Le 10 mai 2026, le préfet de la Guyane a présidé la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions à Cayenne, en présence de Christiane Taubira. La cérémonie marque les 25 ans de la loi portant son nom, promulguée le 21 mai 2001.
L’essentiel
- Date clé : La loi Taubira a été votée à l’unanimité par le Sénat le 10 mai 2001, soit il y a exactement 25 ans.
- Portée historique : La France est le premier pays au monde à reconnaître la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
- Lieu : Cérémonie à l’Anse Nadau, place des Chaînes brisées, à Cayenne, avec dépôts de gerbes et minute de silence.
- Acteurs présents : Le préfet de la Guyane, Christiane Taubira et la maire de Cayenne Sandra Trochimara, selon Outre-mer Tourisme.
- Programmation nationale : Plus de 50 institutions mobilisées dans le cadre du « Temps des Mémoires 2026 ».
Une cérémonie place des Chaînes brisées
C’est à l’Anse Nadau, sur la place des Chaînes brisées de Cayenne, que la cérémonie officielle s’est tenue ce dimanche matin. Le préfet de la Guyane y a présidé les commémorations, aux côtés de Christiane Taubira. La maire de Cayenne, Sandra Trochimara, était également présente, selon Outre-mer Tourisme. Une minute de silence et des dépôts de gerbes ont ponctué l’hommage aux victimes.
La préfecture a confirmé la tenue de l’événement via son compte officiel sur X. Pour la Guyane, terre directement marquée par l’histoire de la traite, la journée du 10 mai revêt une dimension particulière - d’autant que c’est ici même, en tant que députée de Guyane, que Christiane Taubira a porté la proposition de loi il y a 27 ans.
25 ans d’une loi pionnière
La loi du 21 mai 2001, dite loi Taubira, reconnaît la traite négrière transatlantique, la traite dans l’océan Indien et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, perpétrés à partir du XVe siècle contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes. Elle fait de la France le premier État au monde à formaliser cette qualification juridique.
Christiane Taubira avait déposé la proposition de loi le 18 février 1999, en écho aux réflexions du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage en 1998, selon Wikipedia et le site Histoire Coloniale. Le texte avait été voté à l’unanimité par le Sénat le 10 mai 2001 - date qui deviendra celle de la journée nationale de commémoration annuelle.
La loi prescrit également l’enseignement de cette histoire dans les écoles, le soutien à la recherche et l’organisation de cérémonies chaque 10 mai, rappelle Légifrance. Des dispositions qui structurent depuis un quart de siècle la mémoire institutionnelle française sur ce sujet. D’autres cérémonies se sont tenues en France métropolitaine ce même jour, notamment à Saint-Brieuc place des Droits de l’Homme et en Val-de-Marne avec les élus en commun.
Le « Temps des Mémoires 2026 », une programmation nationale exceptionnelle
La cérémonie cayennaise s’inscrit dans le cadre du « Temps des Mémoires 2026 », une programmation nationale lancée le 25 avril à l’Hôtel de la Marine à Paris, selon France Guyane. Une cérémonie nationale s’est également tenue le 10 mai au Jardin du Luxembourg.
Plus de 50 institutions - musées, archives, centres culturels - ont répondu à un appel à manifestation d’intérêt lancé par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage pour proposer expositions, débats et événements pédagogiques sur les héritages de l’esclavage tout au long de l’année 2026, toujours selon France Guyane. Des commémorations analogues ont eu lieu dans plusieurs villes de métropole, comme à Limay et Houilles dans les Yvelines.
Contexte dans la Guyane
La Guyane compte 293 996 habitants au 1er janvier 2023, avec une croissance démographique annuelle de 1,5 %, la plus forte de France hors Mayotte, selon l’INSEE. Le territoire affiche un taux de pauvreté de 53 %, le plus élevé du pays. Ces données sociales rappellent que les héritages de l’histoire esclavagiste ne sont pas seulement mémoriels : ils s’articulent à des réalités économiques présentes.
La Guyane dispose par ailleurs de sa propre date commémorative locale : le 10 juin, date de l’abolition de l’esclavage sur le territoire, distincte du 10 mai national. Cette particularité place la région dans une double temporalité mémorielle, reconnue dans le cadre du Temps des Mémoires 2026, selon la Fondation pour la mémoire de l’esclavage et France Guyane.
La présence de Christiane Taubira à Cayenne, territoire dont elle fut élue, donne à la cérémonie de ce 10 mai une charge symbolique que France 24 résume ainsi : « il y a encore des choses à concrétiser », selon les propos recueillis par la chaîne.
Prochaine étape : le 10 juin en Guyane
La Guyane commémorera l’abolition de l’esclavage sur son sol le 10 juin prochain, dans le prolongement du Temps des Mémoires 2026. Un événement international autour des 25 ans de la loi est également prévu le 21 mai à l’Élysée, selon Outremers 360.
Sources
- Préfecture de la Guyane : Tweet officiel du préfet de la Guyane – cérémonie du 10 mai 2026
- France Guyane : 25 ans de la loi Taubira : le Temps des mémoires
- Outre-mer Tourisme : Mémoire de l'esclavage en Guyane : la Ville de Cayenne honore l'histoire
- France 24 : 25 ans après la loi Taubira sur l'esclavage, 'il y a encore des choses à concrétiser'