Hantavirus : inquiétudes à Marray après le rapatriement de deux résidents exposés

Julia et Roland Seitre, de Marray (Indre-et-Loire), figurent parmi les cinq Français isolés à Bichat après l'épidémie du MV Hondius.

Hantavirus : inquiétudes à Marray après le rapatriement de deux résidents exposés
Illustration Fabien Renard / info.fr

Le couple Julia et Roland Seitre, résidents de Marray en Indre-et-Loire, a été rapatrié le 10 mai 2026 et placé en isolement strict à l'hôpital Bichat à Paris après une exposition à l'hantavirus sur le navire de croisière MV Hondius. Dans ce village de 1 200 habitants, la nouvelle suscite des questions et des inquiétudes.

Le couple Julia et Roland Seitre, résidents de Marray en Indre-et-Loire, a été rapatrié le 10 mai 2026 et placé en isolement strict à l’hôpital Bichat à Paris après une exposition à l’hantavirus sur le navire de croisière MV Hondius. Dans ce village de 1 200 habitants, la nouvelle suscite des questions et des inquiétudes.

L’essentiel

  • Rapatriement : Cinq Français, dont le couple de Marray, évacués le 10 mai 2026 depuis Tenerife et isolés à l’hôpital Bichat à Paris.
  • Premier cas confirmé : Une Française rapatriée du MV Hondius a été testée positive à l’hantavirus Andes le 11 mai 2026 - premier cas confirmé en France. 22 contacts identifiés et suivis.
  • Décret du 10 mai 2026 : Le décret n° 2026-364, publié au Journal officiel le 11 mai, impose jusqu’à 42 jours d’isolement pour les cas contacts, sous supervision des préfets.
  • Bilan du navire : Trois décès et au moins sept malades à bord du MV Hondius, parti d’Ushuaia le 20 mars 2026 avec environ 150 passagers.
  • Marray : Commune d’environ 1 200 habitants (données INSEE 2022), aucun cas d’hantavirus confirmé sur son territoire à ce stade.

Ce qui s’est passé à bord du MV Hondius

Le MV Hondius, navire néerlandais opéré par Oceanwide Expeditions, avait quitté Ushuaia, en Argentine, le 20 mars 2026 pour une croisière baptisée « Atlantic Odyssey » de 35 jours à destination du Cap-Vert. À son bord : environ 150 passagers, dont cinq ressortissants français.

Selon l’OMS et plusieurs médias, trois passagers sont décédés durant la traversée, une mort au moins confirmée liée à l’hantavirus Andes. Sept autres passagers ont été hospitalisés, dont un en soins intensifs en Afrique du Sud. L’OMS a précisé que le premier cas n’avait pas été contracté à bord : l’exposition aux rongeurs porteurs du virus est survenue avant l’embarquement, lors d’un séjour en Argentine, au Chili ou en Uruguay, selon France 24.

Le rapatriement des cinq Français

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Les cinq ressortissants français ont été évacués le 10 mai depuis Tenerife, aux Canaries, et ont atterri au Bourget. Ils ont été immédiatement transférés à l’hôpital Bichat à Paris pour un isolement strict d’au moins 15 jours, selon Ouest-France.

L’un d’entre eux a présenté des symptômes qualifiés de « bénins » durant le vol de retour. Le lendemain, 11 mai, une Française parmi les rapatriés a été confirmée positive à l’hantavirus Andes - premier cas diagnostiqué sur le sol français. Vingt-deux cas contacts ont été identifiés et placés sous surveillance, selon Le Monde.

Julia et Roland Seitre, résidents de Marray, font partie de ces cinq rapatriés. Interrogés par La Nouvelle République, ils ont tenu à rassurer leur entourage : le couple « assure qu’il n’y a pas de panique ».

À Marray, les questions affluent à la pharmacie

Malgré ces déclarations, l’annonce a semé l’inquiétude dans le village. Selon RTL, plusieurs habitants se sont rendus à la pharmacie locale pour poser des questions sur les risques de propagation du virus. Une phrase résume le sentiment dominant : « On a déjà nos petits problèmes de santé. »

Le Parisien rapporte pourtant un autre son de cloche : certains habitants de Marray accueillent favorablement le retour potentiel du couple, estimant que le village constitue « l’endroit idéal pour être confinés ».

À ce stade, aucun cas d’hantavirus n’a été confirmé dans la commune, ni dans le reste du département d’Indre-et-Loire. Le couple Seitre reste hospitalisé à Paris.

Le décret gouvernemental du 10 mai

Face à la situation, le gouvernement a agi rapidement. Le décret n° 2026-364, signé le 10 mai et publié au Journal officiel le 11 mai, instaure un régime d’isolement strict pour les cas contacts de l’hantavirus Andes. La durée maximale est fixée à 42 jours, sous supervision des préfets départementaux, selon Legifrance et Ouest-France.

Le dispositif prévoit dans un premier temps une quarantaine en établissement de santé, suivie d’un isolement à domicile ou en structure dédiée si les tests sont négatifs. Des sanctions sont prévues en cas de non-respect, sans que les détails n’aient encore été rendus publics à l’heure de publication. D’autres préfets ont été sollicités ces dernières semaines sur des dossiers sanitaires et sécuritaires dans leurs départements respectifs.

Contexte dans l’Indre-et-Loire

Marray est une petite commune rurale d’Indre-et-Loire comptant environ 1 200 habitants selon les données INSEE 2022. Son taux de mortalité (9,6 ‰) est légèrement supérieur à la moyenne départementale (9,1 ‰ pour le département 37). Ce contexte démographique fragile explique en partie la sensibilité des habitants à tout risque sanitaire supplémentaire.

À l’échelle nationale, la France a recensé 2 199 cas d’hantavirus entre 2005 et 2024, selon Santé publique France. La souche dominante est le virus Puumala, concentré dans les Hauts-de-France. Un pic de 320 cas avait été enregistré en 2021. En 2026, 19 cas confirmés avaient été comptabilisés jusqu’en mars - avant l’épisode du MV Hondius et la confirmation du premier cas de souche Andes en France le 11 mai.

L’hantavirus Andes, originaire d’Amérique du Sud, se distingue du Puumala par sa capacité théorique de transmission interhumaine, ce qui justifie les mesures d’isolement renforcées. C’est précisément ce point qui alimente les interrogations des habitants de Marray, davantage habitués aux formes européennes du virus, beaucoup moins contagieuses. Pour mémoire, d’autres alertes sanitaires et sécuritaires ont mobilisé les autorités françaises ces dernières semaines.

Historique : un virus connu en France, mais une souche inédite

La France suit l’hantavirus depuis longtemps : Santé publique France assure la surveillance épidémiologique en lien avec l’Institut Pasteur de Lille. Mais la souche Andes n’avait jamais été diagnostiquée sur le territoire national avant le 11 mai 2026. L’OMS avait publié une alerte internationale dès le 7 mai, après les trois décès à bord du MV Hondius. Le caractère inédit de ce premier cas français explique la réactivité gouvernementale et la couverture médiatique nationale autour d’une commune de 1 200 habitants en Touraine.

Prochaines étapes pour le couple de Marray

Le bilan sanitaire du couple Seitre est toujours en cours à Bichat. Selon le cadre réglementaire établi par le décret du 10 mai, leur isolement pourra être levé si leurs tests reviennent négatifs dans la période des 42 jours. Les autorités sanitaires n’ont pas précisé à ce stade si un retour à Marray était envisagé à court terme ni sous quelles conditions. La préfecture d’Indre-et-Loire n’avait pas communiqué de position officielle sur ce dossier au moment de la publication de cet article.

Sources

Fabien Renard

Fabien Renard

Fabien est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Indre (36), avec Châteauroux pour chef-lieu. Spécialité du département : parc naturel Brenne et patrimoine berrichon. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Centre-Val de Loire.

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