Haute-Loire : 29 interdictions de paraître, une fermeture et une expulsion contre le narcotrafic
Un an après la loi du 13 juin 2025, le préfet de Haute-Loire dresse un bilan chiffré de ses mesures administratives contre le trafic de stupéfiants.
Le préfet de Haute-Loire a prononcé 29 interdictions de paraître, 1 fermeture de commerce et 1 expulsion locative depuis l'entrée en vigueur de la loi du 13 juin 2025 contre le narcotrafic. Le bilan a été rendu public ce 13 juin 2026, premier anniversaire du texte.
L’essentiel
- 29 interdictions de paraître prononcées par le préfet de Haute-Loire depuis juin 2025, selon l’annonce officielle du 13 juin 2026.
- 1 fermeture de commerce et 1 expulsion locative également prononcées dans le département en application de la loi du 13 juin 2025.
- 102 personnes ont fait l’objet d’une procédure judiciaire pour trafic de stupéfiants en Haute-Loire depuis juin 2025, selon Le Progrès.
- Au 24 avril 2026, le bilan intermédiaire était déjà de 24 interdictions de paraître et 1 fermeture d’établissement à Coubon.
Le bilan du préfet au 13 juin 2026
Ce samedi 13 juin 2026 marque le premier anniversaire de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (loi n° 2025-532). Le compte officiel @Prefet43 a publié le bilan départemental :
Vingt-neuf interdictions de paraître, une fermeture de commerce et une expulsion locative : ces trois catégories résument l’action administrative du préfet depuis un an. Les interdictions de paraître visent à écarter des individus des points de deal identifiés, pour une durée maximale d’un mois renouvelable. La fermeture administrative et l’expulsion relèvent de pouvoirs distincts, également conférés par la même loi.
Ce que permettent ces nouveaux pouvoirs
La loi du 13 juin 2025, promulguée au Journal officiel le 14 juin, est issue d’une proposition des sénateurs Étienne Blanc et Jérôme Durain. Elle confère aux préfets trois types d’outils administratifs.
Premier outil : l’interdiction de paraître, qui peut être prononcée à l’encontre de toute personne troublant l’ordre public par son implication dans le trafic, sur un périmètre géographique précis. Durée maximale : un mois, renouvelable selon Légifrance.
Deuxième outil : la fermeture administrative d’un local ou commerce dont l’activité est liée au trafic ou au blanchiment. Troisième outil : l’injonction faite à un bailleur - social ou privé - de résilier le bail d’un locataire impliqué dans un trafic troublant gravement l’ordre public, selon l’Agence nationale pour l’information sur le logement (ANIL).
Ces mesures s’appliquent indépendamment des poursuites judiciaires. Elles viennent en complément des procédures pénales classiques.
Un bilan qui a progressé entre avril et juin
Au 24 avril 2026, selon Zoomdici, le préfet avait déjà prononcé 24 interdictions de paraître. Entre cette date et le 13 juin, cinq nouvelles mesures de ce type ont donc été ajoutées, portant le total à 29.
La fermeture administrative la plus documentée concerne l’établissement MYLOC à Coubon, une société de location de voitures. Prononcée fin décembre 2025 ou début janvier 2026, elle faisait suite à des faits de vente illégale de tabac et de blanchiment, rapporte L’Éveil de la Haute-Loire. La durée de fermeture était d’un mois.
L’expulsion locative engagée reste à ce stade la seule procédure de ce type connue dans le département. Les détails (commune, bailleur) n’ont pas été rendus publics par la préfecture.
Sur le volet judiciaire, le procureur de Haute-Loire avait indiqué en avril 2026, selon RCF, que 6 interdictions de paraître judiciaires (mesure distincte, prononcée par un juge, d’une durée moyenne de 3 à 5 ans) avaient également été prononcées depuis début 2026. Ces mesures judiciaires s’ajoutent aux 29 mesures administratives du préfet, sans se confondre avec elles. Retrouvez d’autres faits divers récents du département dans notre article sur une affaire de rixe au Puy-en-Velay.
Contexte dans la Haute-Loire
La Haute-Loire (43) est un département rural de 235 000 habitants environ, dont Le Puy-en-Velay est la préfecture. Le trafic de stupéfiants y est décrit par les autorités comme réel et en progression, mais sans points de deal structurés comparables à ceux des grandes agglomérations, selon Zoomdici. L’objectif affiché est d’empêcher une installation durable des réseaux avant que la situation ne se durcisse.
Depuis juin 2025, 102 personnes ont fait l’objet d’une procédure judiciaire pour trafic de stupéfiants dans le département, selon Le Progrès du 24 avril 2026. Ce chiffre judiciaire couvre l’ensemble des procédures (garde à vue, mise en examen, jugement), sans précision sur le nombre de condamnations définitives à ce stade.
La préfecture multiplie par ailleurs les opérations visibles sur d’autres fronts sécuritaires : dix contrôles routiers ont ainsi été réalisés au Puy-en-Velay, avec 119 automobilistes vérifiés en une semaine. La lutte contre les arnaques fait également l’objet d’une mobilisation locale, comme en témoigne une conférence organisée à Espaly-Saint-Marcel avec Que Choisir, la mairie et la police.
Ce que font les autres départements
La Haute-Loire n’est pas isolée dans cet effort. D’autres préfectures publient des bilans similaires à l’occasion de ce premier anniversaire de la loi. Le Val-d’Oise revendique plusieurs centaines d’interdictions de paraître. La Loire a prononcé 11 interdictions et 5 expulsions. Le Tarn affiche 67 interdictions et 2 fermetures, selon les comptes officiels des préfectures concernées.
Ces écarts s’expliquent en partie par des contextes territoriaux très différents : densité de population, présence de réseaux structurés, priorités locales de la police judiciaire. En Haute-Loire, le nombre reste plus modeste, cohérent avec un territoire de taille moyenne et une problématique décrite comme émergente plutôt qu’installée.
Dans certains départements, les mesures préfectorales ont également concerné des interdictions liées à des comportements perturbateurs aux abords d’établissements scolaires ou de transport, signe que la loi est appliquée de façon variable selon les territoires. En Indre-et-Loire par exemple, des arrêtés préfectoraux ont récemment interdit des produits chimiques et artifices, témoignant d’une mobilisation préfectorale large sur le terrain sécuritaire.
La suite
La préfecture de Haute-Loire n’a pas annoncé d’objectif chiffré pour les prochains mois. La mobilisation est présentée comme continue, sans calendrier défini. Les mesures administratives peuvent être prononcées à tout moment, au fil des signalements et des enquêtes.
Sources
- Préfecture de Haute-Loire (@Prefet43) : Bilan loi narcotrafic – Préfet de Haute-Loire
- Zoomdici : Lutte contre le narcotrafic : une mobilisation renforcée en Haute-Loire
- Le Progrès : Trafic de stupéfiants : 102 personnes ont fait l'objet d'une procédure
- L'Éveil de la Haute-Loire : Vente illégale de tabac et blanchiment : fermeture administrative pour cet établissement du bassin du Puy

