Haute-Loire : face à la hausse des attaques, le préfet fait appel à la brigade anti-loup
Le préfet Yvan Cordier a mobilisé la Brigade Mobile d'Intervention de l'OFB et élargi le périmètre des communes aidées après une série d'attaques meurtrières en mai 2026.
Face à une recrudescence d'attaques de loups en Haute-Loire, le préfet Yvan Cordier a sollicité la brigade nationale anti-loup de l'OFB. Par arrêté, 19 communes supplémentaires ont été intégrées au dispositif d'aide à la protection. En mai, environ 33 bêtes ont été tuées, provoquant la colère des éleveurs.
L’essentiel
- 33 animaux tués : Environ 33 bêtes ont été tuées lors d’attaques suspectées d’être causées par le loup en Haute-Loire en mai 2026.
- 89 communes concernées : Le préfet a classé 19 nouvelles communes en cercle 2 par arrêté du 29 mai, portant le total à 89.
- Brigade anti-loup déployée : La Brigade Mobile d’Intervention (BMI) de l’OFB a mené des opérations de tir de défense en Margeride la semaine du 22 juin.
- Protestation des éleveurs : La Coordination rurale 43 a suspendu des carcasses de brebis aux grilles de la préfecture en signe de colère.
Une série d’attaques en mai
Le mois de mai 2026 a été marqué par une recrudescence d’attaques sur les troupeaux en Haute-Loire. Selon les constats de l’Office français de la biodiversité, quatre attaques imputées au loup ont été enregistrées. La plus meurtrière s’est produite à Landos dans la nuit du 5 au 6 mai : 25 ovins ont été tués, rapporte RCF Haute-Loire. Dans la nuit du 21 au 22 mai, deux brebis ont été victimes d’une attaque sur l’exploitation de Guillaume Redon à Saugues. Enfin, une brebis a été tuée à Lantriac dans la nuit du 23 au 24 mai, selon INFO.FR. Au total, environ 33 animaux ont péri en un mois.
La réponse du préfet
Face à cette situation, le préfet de la Haute-Loire, Yvan Cordier, a pris deux types de mesures. Le 29 mai, il a signé un arrêté classant 19 communes supplémentaires en « cercle 2 », portant à 89 le nombre de communes éligibles au dispositif d’aide à la protection face au loup. Ce classement permet aux éleveurs d’ovins et de caprins de bénéficier d’aides financières et d’obtenir des autorisations simplifiées de tirs de défense, indique la préfecture sur son site.
La colère des éleveurs
Avant l’arrivée de la brigade, les éleveurs avaient exprimé leur exaspération. Dans la nuit du 22 au 23 mai, des membres de la Coordination rurale 43 ont suspendu deux carcasses de brebis aux grilles de la préfecture du Puy-en-Velay. Une action symbolique pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une réponse insuffisante de l’État face à la prédation grandissante. Le syndicat agricole réclame des mesures plus radicales, alors que le loup, espèce protégée, ne peut être abattu que dans un cadre réglementaire strict.
Contexte dans la Haute-Loire
La Haute-Loire, département d’élevage ovin de moyenne montagne, est confrontée depuis plusieurs années au retour du loup. En 2026, le nombre d’attaques a nettement augmenté, poussant la préfecture à étendre progressivement les zones couvertes par les mesures de protection. Avec 89 communes classées en cercle 2, près d’un quart du département est désormais concerné. D’autres actualités récentes ont marqué le territoire, comme l’incendie de Villeneuve-d’Allier en juin, mais la question du loup reste au cœur des préoccupations agricoles locales.
Les opérations de la BMI en Margeride se sont achevées sans qu’un prélèvement n’ait été communiqué à ce stade. L’OFB assure le suivi des attaques et la préfecture indique que le dispositif de tirs de défense reste activé pour les éleveurs concernés.