Haute-Vienne : 14 interdictions de paraître et 2 fermetures contre le narcotrafic
Le préfet Maurice Barate a activé le 13 juin 2026 les outils de la loi anti-narcotrafic du 13 juin 2025, un an jour pour jour après sa promulgation.
Le préfet de la Haute-Vienne Maurice Barate a prononcé le 13 juin 2026 quatorze interdictions administratives de paraître sur des points de deal et deux fermetures de commerces. Ces mesures s'appuient sur la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, promulguée exactement un an plus tôt.
L’essentiel
- 14 interdictions : le préfet Barate a prononcé le 13 juin 2026 quatorze interdictions administratives de paraître sur des points de deal en Haute-Vienne.
- 2 fermetures : deux commerces ont simultanément fait l’objet d’une fermeture administrative dans le département.
- Base légale : la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 - durée maximale d’un mois pour les interdictions, jusqu’à six mois pour les fermetures.
- Sanction en cas de violation : jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende.
- Contexte local : hausse d’environ 12 % des infractions stupéfiants en Haute-Vienne en 2025, selon Le Populaire du Centre.
Ce qui s’est passé le 13 juin
Le préfet de la Haute-Vienne Maurice Barate a signé le 13 juin 2026 quatorze arrêtés d’interdiction administrative de paraître visant des individus identifiés sur des points de deal du département, ainsi que deux arrêtés de fermeture administrative de commerces. La date n’est pas anodine : elle marque le premier anniversaire de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », publiée au Journal officiel le 14 juin 2025.
Ces mesures sont strictement administratives : elles n’exigent pas de condamnation préalable. Le préfet peut les prendre à titre conservatoire, sur la base d’éléments recueillis par les services de police ou de gendarmerie. Les interdictions de paraître expirent au plus tard mi-juillet 2026, sauf renouvellement décidé par la préfecture.
Ce que permet la loi du 13 juin 2025
La loi n° 2025-532 a introduit deux outils nouveaux pour les préfets. Le premier : l’interdiction administrative de paraître, qui empêche un individu de se trouver à proximité d’un point de deal défini. Durée maximale : un mois, renouvelable. Le second : la fermeture administrative de commerces ou locaux dont l’activité favorise le narcotrafic ou le blanchiment, pour une durée pouvant atteindre six mois.
Le non-respect d’une interdiction de paraître expose son destinataire à six mois d’emprisonnement et 3 750 € d’amende. Ces sanctions sont prévues par le texte lui-même, selon les sources officielles.
La Haute-Vienne n’est pas isolée dans cette démarche. Plusieurs préfectures - Alpes-Maritimes, Ille-et-Vilaine, Landes notamment - ont activé des dispositifs similaires depuis l’entrée en vigueur de la loi. L’Hérault a, pour sa part, prononcé 60 interdictions de paraître et 4 fermetures de commerces. Le Finistère affiche 32 interdictions et 4 fermetures dans son bilan.
Les points de deal visés à Limoges
La préfecture n’a pas précisé publiquement quels sites sont concernés par les quatorze interdictions prononcées le 13 juin. Mais les points de deal historiques à Limoges sont connus des services : le quartier de Beaubreuil, la Bastide et le Val de l’Aurence sont régulièrement identifiés comme des zones sensibles, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine et Le Populaire du Centre.
En juillet 2025, le Val de l’Aurence avait été le théâtre de violences urbaines - affrontements avec les forces de l’ordre, guet-apens, véhicules incendiés - sur fond de rivalités entre réseaux de trafic de stupéfiants. Le centre d’incendie et de secours de Beaubreuil, implanté dans ce secteur, illustre la densité des interventions en zone sensible.
Un précédent local : le Café de Fabre
Avant ces mesures groupées, la préfecture avait déjà utilisé ses pouvoirs de fermeture. En mars 2026, Maurice Barate avait prononcé une fermeture administrative de trois mois du « Café de Fabre », situé 59 rue de Beaubreuil à Limoges, pour des faits liés au trafic de stupéfiants.
Cette fermeture avait alors été prise sur la base des pouvoirs préexistants du préfet, antérieurs à la loi de 2025. Les deux fermetures du 13 juin s’appuient, elles, sur le nouveau régime législatif.
Contexte en Haute-Vienne
En 2025, les infractions révélées par l’action des services en Haute-Vienne ont progressé d’environ 12 %, avec une hausse marquée sur le volet stupéfiants, selon Le Populaire du Centre. La délinquance globale du département reste toutefois inférieure à la moyenne nationale.
Maurice Barate est préfet de la Haute-Vienne depuis sa nomination par décret du 2 décembre 2025 (publié au Journal officiel). C’est sous sa préfecture que le département active pour la première fois, de façon aussi large, les outils de la loi anti-narcotrafic de 2025. Les Deux-Sèvres, département voisin, ont prononcé 12 interdictions de paraître et 7 résiliations de bail sur la même période d’application de la loi. À Cahors, deux interdictions similaires ont été prises récemment dans le Lot.
Les quatorze interdictions de paraître prendront fin au plus tard vers le 13 juillet 2026. La préfecture n’a pas indiqué si elle envisage un renouvellement ou de nouvelles mesures dans les prochaines semaines.
Sources
- Préfecture de la Haute-Vienne (@Prefet87) : Annonce du préfet de la Haute-Vienne – 14 interdictions de paraître et 2 fermetures
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Le Populaire du Centre : Stupéfiants, cambriolages, violences... Les chiffres de la délinquance en Haute-Vienne en 2025
- Le Populaire du Centre : Un commerce de Limoges fermé trois mois pour des faits liés au trafic de stupéfiants

