Hautes-Alpes : un an de lutte anti-narcotrafic, 740 kg de cannabis et 138 kg de cocaïne saisis
Le préfet des Hautes-Alpes dresse un bilan chiffré un an après la loi du 13 juin 2025. Une procédure de résiliation de bail a été engagée pour la première fois.
Un an après l'entrée en vigueur de la loi visant à sortir la France du narcotrafic, les forces de l'ordre des Hautes-Alpes totalisent 740 kg de cannabis et 138 kg de cocaïne saisis. Le préfet a également engagé une première procédure de résiliation de bail contre un locataire impliqué dans un trafic.
L’essentiel
- 740 kg : cannabis saisis dans les Hautes-Alpes depuis juin 2025 (source préfecture)
- 138 kg : cocaïne interceptée sur la même période
- 1 procédure : résiliation de bail engagée via l’OPH 05, une première dans le département
- 35 % d’augmentation : des infractions liées aux stupéfiants en 2025 (882 faits contre 653 en 2024)
- 560 kg : cannabis et 97 kg de cocaïne saisis par les douanes sur les axes routiers en 2025
Ce qui s’est passé en un an
La loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, dite « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », a été promulguée il y a tout juste un an. Dans les Hautes-Alpes, le préfet a rendu publics les premiers résultats chiffrés de son application. Selon le compte officiel de la préfecture sur X, 740 kg de cannabis et 138 kg de cocaïne ont été saisis par l’ensemble des forces de l’ordre depuis l’entrée en vigueur de la loi.
Ces chiffres incluent les importantes prises réalisées par les douanes sur les axes routiers du département. En 2025 seulement, selon un bilan des douanes relayé par Alpes du Sud La Radio Plus, plus de 560 kg de cannabis et 97 kg de cocaïne ont été interceptés sur les routes des Hautes-Alpes, confirmant le rôle de couloir de transit de ce territoire montagnard.
Un nouvel outil juridique : la résiliation de bail
L’une des dispositions phares de la loi de 2025 permet aux préfets d’engager une procédure de résiliation de bail à l’encontre de locataires impliqués dans des trafics de stupéfiants. Dans les Hautes-Alpes, cette procédure a été activée pour la première fois. Le préfet a saisi l’OPH 05 (office public de l’habitat) pour résilier le bail d’un locataire dont l’implication dans un trafic a été établie. Les détails de l’affaire n’ont pas été communiqués à ce stade.
Cet outil, qui permet d’expulser plus rapidement les trafiquants des logements sociaux, est présenté par les autorités comme un levier complémentaire aux saisies de stupéfiants.
Contexte dans les Hautes-Alpes
Le département des Hautes-Alpes, avec ses quelque 140 000 habitants, est traversé par des axes routiers stratégiques reliant l’Italie et le sud de la France. Cette situation géographique en fait un corridor privilégié pour les transports de drogue, notamment de cannabis et de cocaïne en provenance d’Espagne et d’Italie. En 2025, les infractions liées aux stupéfiants ont bondi de 35 %, passant de 653 à 882 faits recensés par les forces de l’ordre, selon des données compilées par Info.fr. Si les saisies augmentent, la hausse des infractions montre l’ampleur du phénomène.
D’autres territoires font face à des défis similaires, comme le rappellent des affaires récentes traitées par nos confrères : à Cognac, un multirécidiviste a été condamné à 3 ans de prison pour agressions sexuelles, illustrant la diversité des contentieux locaux. À Marseille, un incendie près des voies ferrées a perturbé le trafic TER, un autre exemple de l’actualité sécuritaire régionale.
Des opérations récentes
La lutte se poursuit sur le terrain. Le 9 juin 2026, une opération menée à Gap dans le quartier du Haut-Gap a permis la découverte de résine de cannabis, d’herbe, de cocaïne et de 1 600 euros en liquide. Quelques semaines plus tôt, le 23 mai 2026, une saisie estimée à 150 000 euros de drogue a abouti à une lourde condamnation, rapportée par Alpes 1. Ces interventions montrent que le trafic reste actif, mais aussi que les forces de l’ordre intensifient leurs contrôles et leurs enquêtes.
La prochaine étape pour la préfecture sera d’évaluer l’impact de la résiliation de bail engagée, et d’étendre éventuellement l’usage de cet outil à d’autres cas. Le bilan un an après la loi témoigne d’une mobilisation significative, mais le défi du narcotrafic dans les Hautes-Alpes est loin d’être épuisé.
