Hautes-Alpes : les apiculteurs de Saint-Juste sonnent l’alerte sur les pesticides

Face à une mortalité record des colonies, des formations bio au rucher-école tentent de relancer la filière dans les Hautes-Alpes.

Hautes-Alpes : les apiculteurs de Saint-Juste sonnent l'alerte sur les pesticides
Illustration Antoine Blanc / info.fr

Dans les Hautes-Alpes, les apiculteurs tirent la sonnette d'alarme. Les pesticides restent la première menace identifiée pour les colonies. Pour contrer le déclin, des formations bio attirent de nouveaux passionnés pour la saison 2026.

Le constat est chiffré et répété. En France, le taux de mortalité des colonies d’abeilles atteint entre 20 et 30 % par an, soit deux fois la mortalité naturelle, selon l’INRAE. Dans les Hautes-Alpes, la situation n’échappe pas à cette tendance. Les apiculteurs locaux pointent les pesticides comme facteur central de ce déclin.

Une centaine d’apiculteurs réunis à Embrun

Le 28 mars 2026, la Société d’Apiculture Alpine (Hautes-Alpes) tenait son assemblée générale à Embrun. Une centaine d’adhérents étaient présents pour évoquer les menaces actuelles : le frelon asiatique, les pesticides et les enjeux génétiques, selon Le Dauphiné Libéré. L’ambiance était à la mobilisation, mais sans perspective de soutien national. Selon L’Abeille de France de mars 2026, aucune stratégie nationale n’a été mise en place pour protéger les ruchers, laissant les apiculteurs sans filet économique.

La situation dans les départements voisins aggrave le tableau. En 2025, la sécheresse a été reconnue comme calamité agricole dans les Alpes-de-Haute-Provence, avec des pertes de récoltes de miel pour les apiculteurs transhumants, selon les chambres d’agriculture de la région PACA.

Des formations bio pour relancer la filière

Publicité

Face à ce recul, la Société d’Apiculture Alpine mise sur la transmission. Son rucher-école propose pour 2026 un programme de formations destiné aux débutants comme aux apiculteurs confirmés, axé sur des pratiques sans chimie. Les sessions permettent d’observer la vie des colonies directement sur les ruches. L’objectif affiché : attirer de nouveaux passionnés et renouveler une filière fragilisée.

La Semaine Pour les Alternatives aux Pesticides, organisée du 20 au 30 mars 2026 avec l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF) comme partenaire, a accompagné cette dynamique en promouvant des pratiques agricoles sans produits chimiques.

Prochaine étape : des ateliers collectifs

Des ateliers de fabrication d’outils de protection des ruchers sont prévus dans le courant de l’année 2026, organisés par les structures départementales, selon L’Abeille de France. Une réponse locale à un vide institutionnel que les apiculteurs des Hautes-Alpes jugent persistant.

Sources

Antoine Blanc

Antoine Blanc

Installé à Gap depuis dix ans, couvre les stations de ski, les chantiers de liaisons ferroviaires et les mobilisations contre les coupures de services publics en montagne. Formé à l'ESJ Lille, il a travaillé en radio locale avant de passer au web. Conviction forte : le journalisme local exige de connaître les élus, les syndicalistes, les entrepreneurs, pas seulement leurs dossiers de presse.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie