Héricourt : Purple Alternative Surface, l’usine qui transforme le plastique en dalles perméables
La start-up haut-saônoise vise 6 000 tonnes de plastique recyclé par an en 2026, un entrepreneur local tease des annonces imminentes après sa visite du 12 mai.
À Héricourt, la start-up Purple Alternative Surface transforme des déchets plastiques rigides en dalles de sol perméables. Son usine pilote, inaugurée en juin 2025, dispose d'une machine unique en Europe. Un entrepreneur local a visité le site le 12 mai 2026 et annonce des nouvelles à venir.
À Héricourt, au 7 rue Jules Verne, une machine d’extrusion tourne depuis juin 2025. Elle avale des déchets plastiques rigides et produit des dalles modulaires, perméables, destinées aux parkings et voies douces. Derrière cette usine pilote : Purple Alternative Surface, start-up fondée en 2020 à Belfort par Pierre Quinonero et Sébastien Molas.
L’essentiel
- Inauguration : L’usine pilote d’Héricourt a ouvert en juin 2025, avec une machine unique en Europe produisant 20 m²/heure de dalles recyclées.
- Capacité 2026 : Purple Alternative Surface vise une opérationnalité totale à 6 000 tonnes de plastique recyclé par an, soit 20 fois la production actuelle.
- Financement : Levée de fonds de 10 millions d’euros en septembre 2024, avec Suez (2 M€), Bpifrance, banques et business angels.
- Emploi : 18 salariés et 2 intérimaires en 2025, plus une quarantaine d’emplois indirects, selon Les Echos.
- Visite locale : Un entrepreneur de la région (@LermiteV) a visité l’usine le 12 mai 2026, teasant des « bonnes nouvelles » imminentes sur X.
Une machine unique en Europe à Héricourt
L’outil industriel installé rue Jules Verne n’a pas d’équivalent sur le continent, selon Les Echos. Il produit 20 m² de dalles recyclées par heure à partir de plastiques rigides collectés localement. Le procédé a reçu une autorisation ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement) de la préfecture de Haute-Saône, délivrée le 23 mai 2025.
Pierre Quinonero, ancien promoteur immobilier, a co-fondé l’entreprise avec Sébastien Molas pour répondre à une problématique du BTP : l’imperméabilisation des sols. Leurs dalles modulaires sont conçues pour laisser passer l’eau de pluie, là où le béton ou l’enrobé classique l’évacuent en surface. L’INPI a distingué l’entreprise parmi les projets de revêtements écologiques et perméables.
10 millions d’euros levés, Suez au capital
En septembre 2024, Purple Alternative Surface a finalisé une levée de 10 millions d’euros. Suez a pris une participation de 2 millions d’euros. Bpifrance, des banques et des business angels ont complété le tour de table. L’objectif : accélérer l’industrialisation et atteindre une pleine capacité en 2026.
Les chiffres 2024 restent modestes : 470 000 euros de chiffre d’affaires, selon Les Echos. Mais l’ambition affichée est de multiplier par 20 la production, pour traiter 6 000 tonnes de plastique par an. Ce saut d’échelle justifie l’investissement massif des partenaires financiers. La start-up rejoint d’autres pépites du « Fabriqué en France » : ses dalles ont été lauréates de la Grande Exposition du Fabriqué en France présentée à l’Élysée en novembre 2025, aux côtés de la verrerie de La Rochère, selon L’Est Républicain.
La visite du 12 mai et les annonces à venir
Le 12 mai 2026, un entrepreneur local connu sur X sous le compte @LermiteV a visité l’usine. Il a obtenu de la documentation sur le processus de valorisation. Sur son compte, il a posté un message laconique mais explicite :
La nature des « bonnes nouvelles » annoncées n’a pas été précisée à ce stade. Partenariat commercial, nouveau contrat, extension de l’activité : les détails restent à confirmer.
Contexte dans la Haute-Saône
La Haute-Saône présente un profil de collecte des déchets supérieur à la moyenne nationale. Selon l’INSEE, le département atteignait 540 kg de déchets ménagers collectés par habitant en 2021, avec 64 % des déchets triés pour valorisation. Sur dix ans, le tri a progressé de 21 % dans le département. Ce gisement local de plastiques rigides constitue précisément la matière première de Purple Alternative Surface.
Héricourt, ville de quelque 10 000 habitants à la frontière du Territoire de Belfort, entretient une longue tradition industrielle. Des usines textiles y fonctionnaient dès le XVIIIe siècle - la manufacture de Max Dollfus date de 1897, selon la mairie et la base Mérimée du ministère de la Culture. L’implantation d’une start-up industrielle dans ce tissu ne surprend pas les acteurs économiques locaux. La ville est régulièrement présente dans l’actualité haut-saônoise. Pour les questions de mobilité autour du site, l’A36 qui dessert Héricourt reste un axe structurant pour les flux logistiques de la zone.
Un modèle économique à valider à pleine échelle
La phase industrielle de 2026 constituera le vrai test. Passer de 470 000 euros de chiffre d’affaires à un volume cohérent avec 6 000 tonnes recyclées par an demande une montée en charge commerciale parallèle à la montée en puissance de l’outil. L’entreprise emploie 18 salariés et 2 intérimaires, plus une quarantaine d’emplois indirects chez ses sous-traitants, selon Les Echos. Ces chiffres devront progresser pour absorber la capacité installée.
La présence de Suez au capital apporte un réseau de collecteurs de déchets plastiques, potentiellement décisif pour sécuriser l’approvisionnement en matière première. L’enjeu de souveraineté sur le recyclage des plastiques français, évoqué par @LermiteV dans son tweet, correspond à l’axe de communication porté par la direction de l’entreprise depuis sa création.
Les annonces attendues par l’entrepreneur local devraient préciser dans quelle direction Purple Alternative Surface engage la prochaine étape de son développement haut-saônois.
Sources
- L'Est Républicain : Purple Alternative Surface transforme les déchets plastiques en dalles de parking écologiques
- Les Echos : Valorisation des déchets plastiques : Purple Alternative Surface passe à la phase industrielle
- Suez : Suez investit dans Purple Alternative Surface
- X (Twitter) : Tweet @LermiteV après visite de l'usine Purple Alternative Surface