Home-jackings à Perceneige et Pont-sur-Yonne : deux seniors visés en une nuit

Dans la nuit du 23 au 24 avril, deux intrusions violentes ciblant des personnes âgées ont frappé le nord de l'Yonne. Le parquet de Sens a ouvert une enquête.

Home-jackings à Perceneige et Pont-sur-Yonne : deux seniors visés en une nuit
Illustration Nathalie Vincent / info.fr

Deux home-jackings commis dans la même nuit, deux communes rurales du nord de l'Yonne, deux victimes âgées. À Perceneige, une personne a été blessée et hospitalisée. À Pont-sur-Yonne, du cash a été dérobé. La gendarmerie enquête, des liens avec des faits similaires en Seine-et-Marne et dans l'Aube sont examinés.

Deux home-jackings commis dans la même nuit, deux communes rurales du nord de l’Yonne, deux victimes âgées. À Perceneige, une personne a été blessée et hospitalisée. À Pont-sur-Yonne, du cash a été dérobé. La gendarmerie enquête, des liens avec des faits similaires en Seine-et-Marne et dans l’Aube sont examinés.

L’essentiel

  • Nuit du 23 au 24 avril 2026 : deux home-jackings ciblant des personnes âgées ont eu lieu à Perceneige (Grange-le-Bocage) et à Pont-sur-Yonne, dans le nord de l’Yonne.
  • Victime blessée : à Perceneige, la personne âgée visée a été blessée lors de l’intrusion et hospitalisée.
  • Parquet de Sens saisi : les investigations sont en cours, plusieurs individus sont recherchés.
  • Extension possible : des recoupements avec des faits similaires dans le sud de la Seine-et-Marne et dans l’Aube sont en cours d’examen.
  • 25 avril 2026 : la gendarmerie a mené des enquêtes de voisinage à Perceneige, un jour après les faits.

Ce qui s’est passé dans la nuit du 23 au 24 avril

Les faits se déroulent en quelques heures, dans deux communes distinctes mais proches géographiquement. À Perceneige, commune rurale issue d’une fusion de localités dont Grange-le-Bocage, des individus s’introduisent de nuit dans le domicile d’une personne âgée. La victime est blessée lors de l’intrusion et doit être hospitalisée, selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté.

La même nuit, à Pont-sur-Yonne, le scénario est différent. La victime, également âgée, se trouve à l’étage au moment des faits. Les auteurs entrent au rez-de-chaussée, volent des espèces et repartent sans contact direct avec l’occupante. Pas de violence physique dans ce second cas, mais un choc certain pour une commune de moins de 3 400 habitants.

Une enquête pilotée par le parquet de Sens

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Le parquet de Sens a confirmé les faits. Des investigations sont conduites par la gendarmerie. Dès le 25 avril, des enquêtes de voisinage ont été menées à Perceneige, selon France 3. Plusieurs individus sont activement recherchés.

Les auteurs de home-jacking encourent, selon la qualification retenue, jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende, selon une information publiée par le site Fdesouche qui a relayé l’affaire.

Les enquêteurs examinent des recoupements possibles avec des cambriolages similaires signalés dans le sud de la Seine-et-Marne et dans l’Aube. Une piste sérieuse qui suggère un mode opératoire itinérant, ciblant délibérément des personnes âgées vivant seules en zone rurale.

La mairie de Pont-sur-Yonne prend la parole

Le 26 avril, la mairie de Pont-sur-Yonne a publié un communiqué sur sa page Facebook pour alerter les habitants. Elle y signale les faits de home-jacking survenus dans le nord du département et appelle à la vigilance. Un geste inhabituel pour une commune de cette taille, qui traduit l’inquiétude des élus locaux face à des actes perçus comme hors-norme dans ces territoires.

Sur les réseaux sociaux, la réaction est vive. La phrase qui circule le plus résume le sentiment ambiant : « Même à la campagne, on ne peut plus avoir la paix. » Elle est reprise comme titre par France 3 dans son article de référence sur les faits.

Contexte dans l’Yonne

Le nord de l’Yonne est un territoire rural enclavé, proche des départements d’Île-de-France et du Grand Est. Pont-sur-Yonne, chef-lieu de canton sur la rive droite de l’Yonne, compte environ 3 311 habitants en 2026 selon les estimations disponibles. Perceneige est une commune fusionnée, plus petite, issue du regroupement de plusieurs villages dont Grange-le-Bocage, dans un secteur peu dense et sans présence policière permanente.

Cette géographie - faible densité, population vieillissante, absence de surveillance nocturne - est précisément ce que semblent exploiter les auteurs de ces faits. Le home-jacking, soit le cambriolage avec présence de l’occupant au moment des faits, est une infraction distincte du cambriolage classique sur le plan pénal. Il est notamment plus sévèrement sanctionné lorsqu’il s’accompagne de violences.

Des faits d’insécurité touchant des zones périphériques sont régulièrement signalés en France, mais les milieux ruraux restent moins dotés en forces de l’ordre que les zones urbaines. L’Yonne ne dispose pas de données comparatives publiques récentes sur l’évolution des cambriolages avec présence de victimes à l’échelle départementale. La préfecture de l’Yonne n’a pas publié de communiqué à ce stade.

Ce type d’affaire rappelle d’autres faits divers survenus dans des communes rurales vulnérables, comme des incidents signalés dans l’Oise, où le sentiment d’abandon sécuritaire nourrit l’inquiétude des résidents.

Un profil de victime délibérément ciblé

Les deux cas icaunais présentent un point commun central : les victimes sont des personnes âgées, vivant seules ou en tout cas sans protection particulière. Ce ciblage n’est pas anodin. Il correspond à un mode opératoire documenté : des auteurs qui repèrent des maisons isolées, occupées par des seniors, en partant du principe que la résistance sera moindre et que des espèces sont conservées à domicile.

À Pont-sur-Yonne, les faits sont restés sans violence physique, probablement parce que la victime n’a pas été en contact direct avec les intrus. À Perceneige, la confrontation a eu lieu, avec des conséquences médicales pour la victime. La différence de dénouement souligne la part d’aléa dans ces intrusions.

Le montant du préjudice financier n’a pas été communiqué par le parquet de Sens à ce stade.

Réactions et vigilance attendues

Outre le communiqué municipal de Pont-sur-Yonne, des élus ont réagi publiquement. Julien Odoul, député de l’Yonne, a relayé l’information sur le réseau X en pointant l’impact psychologique sur les habitants du nord du département.

La gendarmerie n’a pas diffusé de consignes de prévention publiques spécifiques à ce stade, au-delà des enquêtes de voisinage menées le 25 avril. Les habitants des communes concernées sont invités par la mairie de Pont-sur-Yonne à signaler tout comportement suspect.

Pour les personnes âgées isolées en zone rurale, les recommandations habituelles s’appliquent : ne pas ouvrir sa porte la nuit sans vérification, signaler les véhicules inconnus, contacter le 17 en cas de doute. Des dispositifs comme les points d’accueil en préfecture permettent aussi d’obtenir des informations sur les dispositifs de prévention locaux.

Les investigations sont en cours. Le parquet de Sens n’a pas indiqué de date pour une prochaine communication sur l’avancement de l’enquête. La piste d’un réseau opérant sur plusieurs départements reste à confirmer.

Sources

Nathalie Vincent

Nathalie Vincent

Nathalie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Yonne (89), avec Auxerre pour chef-lieu. Spécialité du département : AOC chablis et Vezelay UNESCO (chemin Compostelle). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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