Île d’Oléron : les ostréiculteurs face aux algues toxiques
La prolifération de microalgues comme la Dinophysis menace la filière conchylicole emblématique de Charente-Maritime.
Sur l'Île d'Oléron, les parcs à huîtres subissent des épisodes répétés de contamination aux algues toxiques. Face au phénomène, ostréiculteurs et scientifiques s'organisent. La filière cherche aussi à diversifier ses productions.
Les ostréiculteurs de l’Île d’Oléron font face à une menace persistante : la prolifération de microalgues toxiques, notamment la Dinophysis, une microalgue lipophile capable de provoquer de graves troubles digestifs chez le consommateur. Lorsque les concentrations dépassent les seuils réglementaires, c’est le retrait de vente qui s’impose - avec des pertes économiques immédiates pour les producteurs, selon actu.fr.
Un précédent en 2023
L’épisode n’est pas inédit. En 2023 déjà, les moules de filières de l’île avaient été retirées de la vente en raison de toxines lipophiles détectées dans les chairs, rappelle ici.fr. Au printemps 2025, les côtes atlantiques ont connu un épisode exceptionnel de prolifération de microalgues toxiques, avec des interdictions de pêche étendues en Loire-Atlantique et dans le Morbihan, selon Le Monde.
Le réchauffement climatique aggrave la situation. Les températures plus élevées favorisent le développement de ces microalgues et d’autres espèces envahissantes sur les parcs. Une veille permanente est désormais indispensable, souligne le site coutellerie-ocean.fr, qui couvre la filière conchylicole de Charente-Maritime.
La science mobilisée
Pour répondre à ces défis, une expertise scientifique a été mobilisée dès 2025. Le Centre pour l’Aquaculture, la Pêche et l’Environnement en Nouvelle-Aquitaine (CAPENA) et l’Ifremer accompagnent la filière dans la surveillance et la compréhension des proliférations, selon La Reale à La Hune. Le Comité Régional de Conchyliculture de Nouvelle-Aquitaine apporte également un appui technique, d’après un document publié par Biodiversité Nouvelle-Aquitaine.
Un projet plus inattendu émerge également : une écloserie d’algues rouges, soutenue par le Plan de Relance de l’État, est à l’étude sur l’île. L’idée consiste à valoriser ces algues colonisant les poches d’huîtres, en les transformant en ressource exploitable plutôt qu’en nuisance, toujours selon La Reale à La Hune.
Diversifier pour résister
Face aux crises à répétition, certains ostréiculteurs de Charente-Maritime n’attendent pas. Palourdes, algues comestibles, holothuries : la diversification s’accélère, rapporte France Bleu La Rochelle. Une adaptation progressive à un environnement marin qui change plus vite que les cycles de production.
Prochaine étape : Le Conseil de filière coquillages 2026, organisé par le Comité national de la Conchyliculture, doit accueillir une intervention de Pierrick Barbier de CAPENA sur la protection contre les algues toxiques, selon le SMEL. Le programme d’actions 2026 de l’Office français de la biodiversité prévoit également une valorisation des résultats scientifiques sur la surveillance des parcs.
Sources
- actu.fr : Des algues toxiques entraînent le retrait de la vente de moules
- La Reale à La Hune : Quand le climat change, les huîtres dégustent
- Le Monde : Microalgues toxiques : les côtes de l'Atlantique ont connu un épisode exceptionnel ce printemps
- France Bleu La Rochelle : Les ostréiculteurs de Charente-Maritime cherchent leur salut dans la diversification