Incendie en Andalousie : 13 morts dont une Française, 6600 hectares ravagés
Un câble électrique défectueux est à l'origine du feu qui a dévasté la province d'Almería depuis le 9 juillet. Pedro Sánchez s'est rendu sur place.
L'incendie qui ravage la province d'Almería depuis jeudi dernier a causé la mort d'au moins 13 personnes, dont une enseignante française du Vaucluse. Le feu, déclenché par la chute d'un câble électrique abandonné depuis 2009, a détruit plus de 6600 hectares et forcé l'évacuation de 1400 habitants.
L’essentiel
- Bilan humain : 13 morts confirmés au 13 juillet, dont une Française, trois Britanniques, un Belge et un Espagnol
- Surface ravagée : plus de 6600 hectares de forêt et terres agricoles détruits dans la province d’Almería
- Évacuations : 1400 personnes évacuées, retour autorisé depuis le 12 juillet après stabilisation du feu
- Origine : chute d’un câble électrique privé hors d’usage depuis 2009 le long d’une route nationale
- Visite officielle : Pedro Sánchez s’est rendu au poste de commandement avancé de Turre ce lundi 13 juillet
Un drame déclenché par un câble défectueux
L’incendie s’est déclaré jeudi 9 juillet en fin de journée près de la commune de Los Gallardos, dans la province d’Almería en Andalousie, selon TV5Monde. L’origine présumée du sinistre est la chute d’un câble d’alimentation électrique privé, hors d’usage depuis 2009, le long d’une route nationale, selon El País. Les températures caniculaires qui frappaient la région ont attisé les flammes, transformant rapidement le foyer initial en un brasier incontrôlable.
Le feu a ravagé plus de 6600 hectares de forêt et de terres agricoles, forçant l’évacuation de plus de 1400 personnes, notamment dans le village de Bédar. Le président de la région d’Andalousie, Juan Manuel Moreno, a annoncé la stabilisation du feu dimanche 12 juillet, autorisant le retour des évacués. Des images de drone diffusées par les autorités montrent l’ampleur des dégâts : des collines entières réduites en cendres, des maisons épargnées de justesse.
Treize victimes dont sept étrangers
Le bilan officiel provisoire fait état d’au moins 13 morts, après le décès samedi 12 juillet d’une ressortissante britannique de 93 ans à l’hôpital, selon TV5Monde. Parmi les six premières victimes formellement identifiées ce lundi figurent trois Britanniques, une Française, un Belge et un Espagnol, selon le Centre d’intégration des données.
La ressortissante française décédée a été identifiée comme Stéphanie Navarro, enseignante dans le Vaucluse, qui a péri dans sa voiture en tentant de fuir les flammes, selon Orange Actu et TF1. Son décès illustre la violence et la rapidité avec laquelle le feu s’est propagé, piégeant des habitants et des touristes sur les routes de montagne.
Quatre Britanniques figurent également parmi les victimes, un chiffre qui s’explique par la présence importante de ressortissants britanniques dans cette partie de l’Andalousie, où de nombreux retraités et expatriés ont élu domicile. Le gouvernement français et les autorités consulaires ont activé leurs cellules de crise pour accompagner les familles.
Pedro Sánchez appelle à une culture de la prévention
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’est rendu au poste de commandement avancé de Turre ce lundi 13 juillet pour évaluer les dégâts matériels et environnementaux, selon La Moncloa. Sur place, il a salué le travail des pompiers, de l’Unité militaire d’urgence et des services de secours mobilisés depuis jeudi.
Lors de son déplacement, Sánchez a appelé à développer une culture de la prévention face aux incendies de forêt, un enjeu croissant dans un contexte de réchauffement climatique. L’Espagne connaît des étés de plus en plus chauds et secs, multipliant les risques de départs de feu. Le cas de ce câble électrique abandonné depuis 2009 soulève des questions sur la maintenance des infrastructures privées dans les zones rurales.
Le gouvernement andalou a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités dans cet abandon d’équipement. La compagnie propriétaire du câble n’a pas encore communiqué publiquement.
Contexte en Espagne : l’Andalousie face aux méga-feux
L’Andalousie, région la plus méridionale d’Espagne, est particulièrement vulnérable aux incendies de forêt en raison de son climat méditerranéen chaud et sec. La province d’Almería, qui compte environ 730 000 habitants, alterne entre zones montagneuses couvertes de maquis et plaines agricoles, une combinaison qui favorise la propagation rapide des flammes lors d’épisodes caniculaires.
Ces dernières années, l’Espagne a connu plusieurs méga-feux dévastateurs. En 2022, un incendie dans la Sierra de la Culebra, en Castille-et-León, avait détruit plus de 30 000 hectares. L’été 2023 avait également été marqué par des feux importants aux îles Canaries. Le drame d’Almería s’inscrit dans cette série d’événements qui poussent les autorités espagnoles à renforcer leurs dispositifs de prévention et d’intervention.
La zone touchée, autour de Los Gallardos et Bédar, compte une population mixte d’Espagnols, de retraités européens et de résidents étrangers attirés par le climat et le coût de la vie modéré. Cette internationalisation explique le nombre élevé de victimes étrangères dans ce drame.
Dégâts environnementaux et économiques considérables
Au-delà du bilan humain, les dégâts matériels et environnementaux sont considérables. Les 6600 hectares ravagés comprennent des forêts de pins et de maquis méditerranéen, des oliveraies et des cultures maraîchères. Plusieurs exploitations agricoles ont été détruites, menaçant l’économie locale qui repose en partie sur l’agriculture et le tourisme rural.
Les autorités andalouses ont annoncé la mise en place d’un plan d’aide aux sinistrés et aux exploitants agricoles touchés. Les évaluations des dégâts se poursuivent, mais les premières estimations évoquent plusieurs millions d’euros de pertes. La reconstruction des infrastructures endommagées et la réhabilitation des sols brûlés prendront des années.
Sur le plan écologique, la perte de couverture végétale expose les sols à l’érosion, particulièrement lors des pluies d’automne. Les écosystèmes méditerranéens sont certes adaptés au feu, mais l’intensité de cet incendie risque de compromettre la régénération naturelle de certaines zones.
Mobilisation des secours et solidarité
Depuis jeudi, plus de 700 pompiers forestiers, militaires de l’Unité d’intervention en situation d’urgence et agents de la protection civile ont été mobilisés pour lutter contre les flammes. Une dizaine d’avions et hélicoptères bombardiers d’eau ont effectué des centaines de rotations, appuyés par des unités terrestres équipées de bulldozers pour créer des coupe-feu.
La population locale s’est également mobilisée pour venir en aide aux évacués. Des centres d’accueil temporaires ont été ouverts dans les gymnases et salles polyvalentes des communes voisines, où bénévoles et autorités ont fourni hébergement, nourriture et soutien psychologique. Des appels aux dons ont été lancés par plusieurs associations locales.
Les consulats français et britannique à Málaga ont activé leurs cellules de crise pour assister leurs ressortissants et communiquer avec les familles des victimes. Le ministre français de l’Intérieur a exprimé la solidarité de la France avec l’Espagne.
Prochaines étapes : enquête et reconstruction
L’enquête judiciaire ouverte par les autorités andalouses devra établir les responsabilités dans l’abandon du câble électrique à l’origine du sinistre. Les propriétaires de l’installation, en sommeil depuis 2009, pourraient faire face à des poursuites pour négligence grave ayant entraîné la mort.
Dans les prochains jours, les experts en criminalistique et les techniciens d’Endesa, le principal distributeur d’électricité de la région, examineront le câble et son historique de maintenance. La question de la surveillance des infrastructures privées abandonnées dans les zones rurales devrait être posée au niveau national.
Pour les habitants de Los Gallardos, Bédar et des villages environnants, la page de la reconstruction ne fait que commencer. Les autorités régionales ont promis un accompagnement sur le long terme, mais l’ampleur des dégâts laisse présager une convalescence difficile pour ce territoire meurtri.