Incendie au Ménez Hom : un agriculteur de Ploéven mobilise ses tonnes à lisier pour les pompiers
Michel Roignant a passé la nuit du 26 au 27 juin à ravitailler en eau les secours avec ses tracteurs, alors que 30 hectares brûlaient sur le massif.
Alors que 30 hectares de landes et de pins partaient en fumée au Ménez Hom, Michel Roignant, agriculteur à Ploéven, est venu en renfort des pompiers avec ses tonnes à lisier. Un élan de solidarité qui a permis d'éviter des ruptures d'approvisionnement en eau.
L’essentiel
- 30 hectares : surface de végétation détruite par l’incendie du 26 juin au Ménez Hom (Plomodiern).
- 192 pompiers : mobilisés au plus fort du sinistre, appuyés par l’hélicoptère Morane 29 (30 largages).
- Michel Roignant : agriculteur de Ploéven, passé la nuit à ravitailler les secours en eau avec ses tracteurs et tonnes à lisier.
- Feu fixé : samedi 27 juin à 10h du matin. Un pompier légèrement intoxiqué.
- RD 887 : coupée entre Châteaulin et Crozon pendant l’intervention.
Un violent incendie de végétation s’est déclaré le vendredi 26 juin 2026 en fin d’après-midi sur le massif du Ménez Hom, commune de Plomodiern (Finistère). Selon la préfecture, le feu a parcouru et détruit 30 hectares de landes et de pins, sur un relief accidenté culminant à 329 mètres.
Une nuit de lutte sous le vent
Les conditions météorologiques du jour - vent soutenu, végétation sèche après un épisode de canicule - ont favorisé la propagation rapide des flammes. 192 sapeurs-pompiers, dont des marins-pompiers de Brest et de l’Île Longue, ont été déployés sur le terrain. L’hélicoptère bombardier d’eau départemental Morane 29 a effectué 30 largages pour soutenir les équipes au sol.
La topographie du site a compliqué l’accès des engins. La route départementale RD 887, qui relie Châteaulin à Crozon, a été coupée à la circulation le temps des opérations. Un arrêté préfectoral a également interdit le survol des communes de Saint-Nic, Dinéault et Plomodiern.
Un agriculteur en renfort : Michel Roignant témoigne
Face au risque de rupture d’alimentation en eau sur les zones les plus hautes, la solidarité locale s’est organisée. Michel Roignant, agriculteur à Ploéven, a mobilisé ses tracteurs et ses tonnes à lisier pour ravitailler les pompiers durant toute la nuit du 26 au 27 juin.
« Vendredi, Michel Roignant a passé une partie de sa nuit au Ménez Hom, pour lutter contre un incendie ravageur. Or, il n’est pas pompier mais agriculteur à Ploéven (29) », a relayé sur X le journaliste JF Appriou. L’agriculteur lui-même explique : « J’ai vu les fumées depuis ma ferme. Je suis monté avec le premier tracteur et une tonne de 12 000 litres. Les pompiers avaient besoin d’eau, je faisais la navette entre la borne incendie du bourg et le front de feu. »
Son action a permis d’éviter des coupures dans l’approvisionnement des lances, alors que les camions-citernes peinaient à accéder aux crêtes. « Sans ce ravitaillement, on aurait dû faire des rotations plus longues », confirme un officier du SDIS 29.
Contexte dans le Finistère
Le Finistère connaît depuis la mi-juin une sécheresse de surface marquée, avec plusieurs départs de feux signalés dans le département. L’alerte canicule levée le 27 juin n’a pas atténué les risques d’incendie en zones de landes et de pins. Le Ménez Hom, site classé et très fréquenté pour le tourisme et les loisirs, est régulièrement surveillé par les autorités. L’incendie de 2026 n’est pas le plus important dans le secteur depuis celui de 1989 qui avait brûlé 120 hectares.
Selon l’Insee, la commune de Plomodiern compte environ 2 300 habitants. L’agriculture, principalement l’élevage et la polyculture, reste un pilier économique local. Le geste de Michel Roignant illustre la capacité de mobilisation des agriculteurs finistériens face aux sinistres, comme on a pu le voir dans d’autres incendies récents en France.
Bilan humain et matériel
Un sapeur-pompier a été légèrement intoxiqué par les fumées durant la nuit et admis temporairement au centre hospitalier de Quimper. Aucune habitation ni exploitation agricole n’a été touchée, selon la préfecture. Le feu a été déclaré maîtrisé le samedi 27 juin à 10h, mais 192 pompiers sont restés sur zone pour des opérations de noyage et de surveillance afin d’éviter toute reprise.
L’enquête confiée à la gendarmerie devra déterminer l’origine du sinistre. La piste accidentelle (ligne électrique, mégot, travaux agricoles) est privilégiée, sans être confirmée à ce stade.
Prochaine étape : la surveillance et la reconstitution
Dans les prochains jours, les agents de l’Office national des forêts (ONF) et de la Direction départementale des territoires évalueront l’impact écologique sur le massif. Une interdiction d’accès au Ménez Hom pourrait être prolongée pour sécuriser le site et permettre la régénération naturelle. Les pompiers restent en alerte renforcée jusqu’à mardi.