Iran : 2 200 frappes américano-israéliennes déclenchent une guerre régionale

Après la mort du Guide suprême Khamenei, l'Iran riposte avec 300 missiles sur Israël et les bases du Golfe

Iran : 2 200 frappes américano-israéliennes déclenchent une guerre régionale
Vue aérienne de Téhéran avec avions militaires dans un ciel diurne Pierre Monteil / INFO.FR (img2img)

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire massive contre l'Iran, avec plus de 2 200 frappes aériennes visant Téhéran, Ispahan, Qom et les installations nucléaires du pays. Cette offensive, qui a coûté la vie au Guide suprême Ali Khamenei, a déclenché une riposte iranienne d'une ampleur inédite : 300 missiles et des dizaines de drones ont frappé Israël, les bases américaines à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Trois jours après le début des hostilités, le monde assiste à une recomposition géopolitique majeure dont les contours restent incertains.

L'essentiel — les faits vérifiés
  • Plus de 2 200 frappes aériennes américano-israéliennes ont visé l'Iran le 28 février 2026, tuant le Guide suprême Ali Khamenei et visant les installations nucléaires du pays
  • L'Iran a riposté avec environ 300 missiles et des dizaines de drones frappant Israël, les bases américaines à Bahreïn, au Qatar et aux Émirats arabes unis
  • Six pays du Golfe (Arabie saoudite, EAU, Bahreïn, Qatar, Koweït) et la Jordanie ont condamné les attaques iraniennes sur leur territoire, signalant un basculement diplomatique majeur
  • L'AIEA recense les dommages sur les sites nucléaires d'Arak, Ispahan, Natanz et Téhéran, avec des risques radiologiques potentiels pour la région
  • Le prix du gaz européen a bondi de plus de 22 % tandis que la Russie refuse de s'engager militairement malgré son traité de partenariat stratégique avec l'Iran signé en janvier 2025

Dans la matinée du 28 février 2026, le ciel de Téhéran s’est embrasé. Selon Le Grand Continent, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe sans précédent, frappant simultanément la capitale iranienne ainsi que les villes d’Ispahan, Qom, Kermanshah et Karaj. L’objectif affiché : décapiter le régime en visant ses plus hauts dirigeants, dont le Guide suprême Ali Khamenei, le président Masoud Pezeshkian et le chef d’état-major des forces armées. Le président américain Donald Trump n’a pas tardé à confirmer l’offensive dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, déclarant que les États-Unis avaient entamé des « opérations de combat majeures en Iran », justifiant cette action par la poursuite du programme nucléaire iranien et le développement de missiles capables d’atteindre le territoire américain.

La mort du Guide suprême et l’escalade immédiate

Le 1er mars, les autorités iraniennes ont confirmé le décès d’Ali Khamenei, tué lors des premières frappes près de ses bureaux à Téhéran. Cette annonce a provoqué une onde de choc internationale. Vladimir Poutine a adressé une lettre de condoléances au président Pezeshkian, qualifiant l’opération américano-israélienne de « violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international ». Pourtant, le choix des mots du président russe est révélateur : en parlant d' »assassinat » plutôt que d’acte de guerre, Moscou signale clairement qu’elle ne souhaite pas être entraînée dans ce conflit, malgré le traité de « partenariat stratégique global » signé avec Téhéran en janvier 2025.

La riposte iranienne ne s’est pas fait attendre. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé le lancement d’une série d’attaques massives. Dans un communiqué officiel cité par ENTREVUE.FR, l’armée idéologique de Téhéran a déclaré que « la première vague d’attaques massives de missiles et de drones de la République islamique d’Iran contre les territoires occupés a commencé », désignant ainsi Israël. Au total, environ 300 missiles ont été tirés vers l’État hébreux et les pays du Golfe hébergeant des bases militaires américaines.

Une guerre régionale aux dimensions inédites

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L’ampleur de la riposte iranienne a dépassé toutes les prévisions. Selon le même communiqué des Gardiens de la Révolution, « les missiles et drones du Corps des Gardiens de la Révolution islamique ont frappé le quartier général de la Cinquième flotte de l’US Navy à Bahreïn, ainsi que d’autres installations américaines au Qatar et aux Émirats arabes unis, sans oublier des centres militaires et de sécurité situés au cœur des territoires occupés ». Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent des impacts de drones kamikazes près du Burj Khalifa à Dubaï et des frappes sur un hôtel du complexe Dubai Palm.

Cette extension du conflit aux pays du Golfe marque un tournant diplomatique majeur. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et la Jordanie ont fermement condamné non pas les frappes américano-israéliennes initiales, mais les attaques iraniennes sur leur territoire. Riyad a qualifié ces actions de « violation de leur souveraineté » et a averti des « conséquences graves ». Ce positionnement inédit transforme ces États, jusqu’alors hôtes passifs de bases militaires américaines, en co-belligérants potentiels du conflit.

La menace nucléaire au cœur des préoccupations

Parmi les cibles prioritaires des frappes américano-israéliennes figurent les installations nucléaires iraniennes. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a confirmé que plusieurs sites nucléaires avaient été touchés, notamment ceux d’Arak, d’Ispahan, de Natanz et de Téhéran. Dans une déclaration au Conseil des gouverneurs le 13 juin 2025, lors d’une première vague d’attaques israéliennes, il avait rappelé que « toute attaque ou menace d’attaque armée contre des installations nucléaires destinées à des fins pacifiques constituait une violation des principes de la Charte des Nations Unies, du droit international et du Statut de l’Agence ».

L’AIEA recense actuellement les dommages causés et évalue leurs conséquences radiologiques potentielles. Les inspecteurs de l’agence sont restés sur place malgré la réduction des effectifs pour des raisons de sécurité. L’Union européenne a publié une déclaration conjointe appelant à « garantir la sécurité nucléaire » et à « prévenir toute action pouvant aggraver les tensions ou compromettre le régime mondial de non-prolifération ». La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa ont insisté sur la nécessité d’une « retenue maximale » de toutes les parties.

« Pour la deuxième fois en trois ans, nous assistons à un conflit dramatique entre deux États Membres de l’AIEA, qui vise des installations nucléaires et compromet la sûreté nucléaire », a déclaré Rafael Mariano Grossi lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs en juin 2025.

L’échec diplomatique et les avertissements ignorés

Cette escalade militaire intervient après l’échec de plusieurs tentatives diplomatiques. Début février 2026, L’Orient-Le Jour rapportait que des négociations directes entre Washington et Téhéran se tenaient à Oman, pilotées par Steve Witkoff pour les États-Unis et Abbas Araghchi pour l’Iran. Ces pourparlers portaient principalement sur le dossier nucléaire, mais les positions restaient inconciliables : Téhéran voulait se concentrer sur ce seul aspect tandis que Washington exigeait un « cadre global » incluant les activités régionales iraniennes.

Le 23 février, soit cinq jours avant les frappes, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, avait lancé un avertissement sans équivoque. Selon i24NEWS, il avait déclaré qu' »il n’existe pas de frappe limitée » et que « un acte d’agression sera traité comme tel ». Cette mise en garde faisait suite aux déclarations de Donald Trump qui avait reconnu réfléchir à une frappe ciblée en cas d’échec des négociations. Les événements ont prouvé que Téhéran ne bluffait pas.

Un monde fragmenté face à la crise

Les réactions internationales révèlent une fragmentation géopolitique profonde. Contrairement aux schémas traditionnels opposant l’Occident au reste du monde, les positionnements actuels sont tactiques et conjoncturels. La Russie condamne verbalement mais refuse de s’engager militairement. La Chine réitère ses appels au cessez-le-feu sans prendre de mesures concrètes. Les pays européens, tout en appelant à la retenue, maintiennent leurs « sanctions étendues en réponse aux actions du régime meurtrier de l’Iran et des Gardiens de la Révolution », comme l’ont rappelé von der Leyen et Costa.

Au Pakistan, les manifestations pro-iraniennes ont fait au moins 25 morts, témoignant de l’impact du conflit sur les populations musulmanes de la région. Sur les marchés européens, le prix du gaz a grimpé de plus de 22 % en réaction aux tensions, illustrant les répercussions économiques mondiales de cette crise. Les experts s’interrogent désormais sur la durée et l’intensité de ce conflit qui pourrait redessiner durablement les équilibres régionaux et internationaux.

« L’attaque d’Israël et des États-Unis contre l’Iran disrupte l’ordre mondial , mais l’on ne sait pas encore comment », analyse Le Grand Continent dans sa cartographie des réactions internationales.

Alors que les opérations militaires se poursuivent et que les pertes humaines s’accumulent de part et d’autre, une question demeure : cette guerre marquera-t-elle la fin du régime islamique iranien comme l’espèrent Washington et Tel-Aviv, ou au contraire renforcera-t-elle la cohésion nationale autour d’un nouveau leadership déterminé à venger son Guide suprême ? Les prochains jours seront déterminants pour comprendre si le monde assiste à un changement de régime orchestré ou à l’émergence d’un conflit régional durable aux conséquences imprévisibles.

Sources

  • Le Grand Continent (28 février 2026)
  • Le Grand Continent (1er mars 2026)
  • ENTREVUE.FR (28 février 2026)
  • Agence internationale de l'énergie atomique (20 juin 2025)
  • i24NEWS (23 février 2026)
  • L'Orient-Le Jour (5 février 2026)
Marie Delacroix

Marie Delacroix

Journaliste spécialisée dans les questions environnementales et scientifiques. Formation en journalisme scientifique et développement durable. Expertise reconnue sur les enjeux climatiques, la transition énergétique et la biodiversité. Couvre également l'innovation technologique et la recherche. Membre fondateur d'INFO.FR, elle apporte un éclairage expert sur les défis écologiques contemporains.

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